Darcos en déplacement ministériel... : Chronique de la violence policière ordinaire; Amiens lundi 23 mars

Message d’un collègue d'Amiens sur la liste de la coordination nationale des étudiants-chercheurs



Ce fut le cas, ce lundi 23 mars 2009, à Amiens, lors de la visite du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, venu inaugurer une plateforme téléphonique expérimentale d'orientation à l'ONISEP-Amiens.
A l'appel de la coordination locale des enseignants-chercheurs de l'Université de Picardie Jules-Verne Amiens, nous étions sur place avec nos étudiants, des profs du secondaire et des lycéens, devant l'ONISEP, pour accueillir notre ministre.
Les CRS étaient, en tout état de cause, là pour faire le ménage avant l'arrivée de Darcos. L'un d'eux nous a dit texto : "on se fout pas mal que vous ayez convoqué la presse, nous serons violents". A croire qu'ils avaient des ordres en ce sens non ? Comment s'appelle le préfet de Région Picardie au fait... ? (syndrome Saint-Lô sans doute). La presse a, pour sa part, été très vite enfermée derrière les grilles de
l'ONISEP par les CRS, des fois qu'ils prennent des photos et parlent
avec nous.
Le regoupement de quelque 100 personnes était pourtant, à 9 heures, très bon enfant. Tous étaient venus très joyeusement, comme nous le faisons depuis deux mois, avec une paire de vieilles chaussures, pour le lancer symbolique. Nous étions même disposés à former une délégation d'Enseignants-chercheurs (EC), profs du secondaire, étudiants, lycéens pour rencontrer le ministre en touriste picard.
Les CRS ont prié les EC de faire libérer la route afin de laisser passer, je cite, les personnes se rendant à leur travail. Nous avons obtempéré, dans le calme et la bonne volonté des étudiants et des lycéens pour faciliter le passage, contre la garantie, apportée par la commissaire sur les lieux, de pouvoir rester sur le trottoir opposé
afin de pouvoir accueillir notre cher ministre.
Nous nous sommes tous assis et c'est là que, sans sommation, aucune, les CRS ont chargé tout de go très vite et très fort, à coups de matraques, d'empoignement puis de "jets" d'EC, d'enseignants, d'étudiants et de lycéens Nous avons été éjectés par trois fois, mis à terre et matraqués pendant une heure par de gros balaises (deux fois
supérieurs en taille, poids et force) prêts et contents de pouvoir enfin "bouffer" de l'EC, de l'enseignant, de l'étudiant, du lycéen et du parent d'élève.
Ils ont tapé, et fort, je vous assure, sur des gamins et gamines, sur nous tous, comme ça sans raisons, sauf celles exprimées sous la forme lapidaire "DEGAGEZ !".
Plusieurs manifestants ont été blessés. Aussi les EC présents ont demandé de l'aide auprès des médecins du SUMPS (ex médecine préventive de l'Université de Picardie Jules-Verne d'Amiens).
Après nous avoir dit qu'il arrivait de suite, l'un des médecin de garde du SUMPS nous a rappelé pour expliquer que la présidence de l'université ne l'autorisait pas à se déplacer. Nous avons alors téléphoné aux pompiers.

Voilà, il me semble important de conter cet épisode, sans doute banal dans ce qu'est devenue la France aujourd'hui, mais que je me refuse à banaliser. Ce n'est pas cette France là que j'aime.
Bon, un peu de rire dans ce monde de brutes, aucun de nous n'a osé sortir ses vielles godasses, mais on les garde pour une prochaine fois...

M. B.

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