"Son français est encore approximatif, mais suffisamment clair pour faire comprendre combien il aime sa famille. Armen, 37 ans dont trois passés en France, a fui la Russie pour elle. Parce qu'il ne supportait plus de voir son fils aîné, aujourd'hui âgé de 13 ans, se réveiller la nuit en pleurs et hurlant : « Papa, je ne veux pas brûler. » Armen a grandi à Erevan, la capitale arménienne. L'Arménie d'alors c'était, raconte-t-il, « 45 mn d'électricité par jour », « pas de travail », et la guerre contre l'Azerbaïdjan. Pour expliquer les raisons qui l'ont poussé à quitter son pays, il a trois mots : « Moi, là-bas, mourir ». Le voilà donc, en 1992, parti « chercher bonne vie » en Russie avec pour seul bagage sa capacité à réaliser tous les travaux imaginables dans une maison. C'est ce qu'il fait de ses 20 ans, d'abord dans le froid glacial de la Sibérie, puis à Krasnodar, sur les bords de la Mer noire." (...)
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