
Extrait d’une visite qu’on effectué le 26 février 2009 des avocats de la Conférence du Barreau de Paris dans la souricière du palais de justice (rapport du 21 avril 2009):
"Avec un effectif d’une dizaine de personnes, la souricière gère – côté hommes – entre 80 et 140 détenus. Pour faciliter le travail des surveillants, qui sont trop peu nombreux sur place, seul les détenus « particulièrement signalés » ont la possibilité d’être seuls en cellule.
Les autres détenus sont donc obligatoirement regroupés par deux ou trois par cellule alors même que de nombreuses cellules restent vides.
(…) Au surplus, la souricière n’a aucun support médical. Tout malaise, tout problème médical nécessite l’intervention des pompiers (…). Cette carence est excessivement grave, car il pourrait en résulter une intervention médicale tardive, avec des conséquences irrémédiables pour la santé de l’intéressé.
(…) les cellules de la souricière, toutes aveugles, sont d’une superficie de 3 m², ce y compris l’urinoir; les détenus, qui sont en moyenne à trois dans ces 3 m², attendent en moyenne trois heures et disposent d’un banc en bois pour tout confort durant cette attente, banc qui plus est trop petit pour supporter 3 personnes. Il convient d’insister sur ce point : certains écroués pouvant y rester de 9 heures à 23 heures, voire plus tard pour certains dossiers récents et lourds dans lesquels les accusés refusaient de comparaître.
Seul les repas ont été améliorés puisque depuis peu le repas habituel, une pomme, un sandwich et un paquet de chips, a été remplacé par des plateaux repas semblables à ceux distribués dans les avions.
Les conditions d’hygiènes sont quant à elles inadmissibles : les cellules sont extrêmement sales, les murs pour le moins dégradés. A l’évidence, des excréments sont projetés régulièrement sur les murs, au plafond ou au sol; les odeurs sont prégnantes. Pourtant, sans doute en vue de la visite, il avait été manifestement diffusé du désodorisant le matin même.
A l’arrivée des Secrétaires de la Conférence, plusieurs personnes détenues se sont spontanément exclamées comprendre la raison pour laquelle « aujourd’hui c’est plus propre que d’habitude »…
Au fond de ces cellules de 3 m², les toilettes sont « à la Turque ». Elles sont sales, non nettoyées, quand elles ne sont pas hors service.
Elles sont séparées du banc où se trouvent les autres détenus par un minuscule paravent qui ne donne aucune intimité.
Il n’y a bien souvent ni papier toilette, ni eau d’évacuation.
Il n’y a pas plus de point d’eau digne de ce nom : pas de lavabo, moins encore de douche."
Suite : http://numerolambda.wordpress.com/2009/05/28/des-souricieres-et-des-hommes/
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire