par Paola Bacchetta
Article paru dans Genre, sexualité et société, n°1 | Printemps 2009 : “Lesbiennes”
Cet article développe l’idée que les lesbiennes « of color » en France créent de nouvelles subjectivités décoloniales et de nouvelles pratiques de résistance, mais que ces actions demeurent incompréhensibles dans la grille d’intelligibilité dominante, car celle-ci ne parvient pas à exprimer l’inséparabilité du genre, de la sexualité, du racisme, des classes, de l’esclavage et de ses conséquences, du colonialisme et du post-colonialisme. La première partie de l’article présente les apports et les limites des théories féministes et queer actuelles et propose l’utilisation des concepts de co-formation et de co-production pour permettre la prise en considération de ces éléments inséparables invisibilisés. Dans un second temps, il est procédé à une analyse de quatre modes de résistance (résistance psychique, transgressive, transformative et directement oppositionnelle) à travers ces deux concepts, ce qui permet de mettre en lumière des éléments habituellement maintenus dans l’ombre. L’article conclut enfin que les lesbiennes « of color » travaillent d’ores et déjà avec les inséparabilités, même si celles-ci ne sont pas véritablement formulées, et qu’à cet égard, le concept de co-formations peut être un moyen de conserver la visibilité de ces éléments inséparables.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire