Catherine Charles, présidente de l’ARPPI (Association pour le respect des proches de personnes incarcérées), inaugure son blog sur Bakchich. Et ne mâche pas ses mots sur Un Prophète, le dernier film d’Audiard.
“J’aurai du aller voir Un prophète, le film de Jacques Audiard, vierge de tout extrait, de toute critique, de tout conseil et surtout de toute influence. C’est comme ces blagues que l’on vous annonce drôlissimes avant de vous les raconter et qui, 9 fois sur 10, ratent leur effet.
Pour Un prophète, c’est pareil, je m’attendais à autre chose. Quoi ? Impossible à définir parce que je ne suis pas une spécialiste du cinéma. Le seul signe qui me fait dire que j’étais en deça de mon attente est que je me suis rendue aux toilettes pendant la projection. Devant Tueurs nés, par exemple, la fiction terriblement critique de Tarantino, j’aurai préféré me pisser dessus plutôt que d’en louper une miette.
En même temps, il est très difficile de retranscrire en images l’univers carcéral et son huis clos. Seul celui qui a vécu une très longue peine, dans plusieurs centrales de France ou de Navarre, peut espérer livrer quelques morceaux de son terrible contenu. Aucun intervenant externe, quel qu’il soit, ne peut nous révéler la prison centrale sous son angle le plus pointu. Celui qui fore à chaque minute, à chaque seconde, la vie des hommes et des femmes qui y sont détenus. Exempte de spectaculaire, la prison centrale est toute en violence contenue, immuable et soumission.” (…)
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