L’acharnement judiciaire du Ministère de l’intérieur contre Hamé-La Rumeur

Mardi 27 octobre 2009 , Hamé, chanteur du groupe de rap La Rumeur, comparaissait pour la cinquième fois devant la justice pour les mêmes faits. L’arrêt sera rendu le 10 novembre 2009.

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“L’affaire a débuté il y a plus de sept ans. Fin avril 2002, dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle, l’artiste publie un texte intitulé Insécurité sous la plume d’un barbare dans un fanzine qui accompagne la sortie du premier album de son groupe. Trois mois plus tard, le ministère de l’intérieur, dirigé à l’époque par Nicolas Sarkozy, porte plainte. Hamé est poursuivi pour diffamation envers la Police nationale.

Hamé a été relaxé deux fois, en 2004 en première instance et en 2006 en appel avant que la Cour de cassation ne casse ce dernier arrêt et renvoie le chanteur devant la cour d’appel de Versailles. En septembre 2008, cette dernière prononce la relaxe. Le ministère public se pourvoie à nouveau en cassation.

L’avocat Me Dominique Tricaud parle donc d’"acharnement judiciaire" . "Il est évident que l’article a particulièrement déplu à Nicolas Sarkozy. Sinon le ministère de l’intérieur n’aurait pas porté plainte. Cette revue était confidentielle : avant la médiatisation du procès, c’était une tempête dans un verre d’eau. Désormais, Nicolas Sarkozy perçoit comme un camouflet les décisions qui relaxent mon client. Elles sont considérées comme des décisions ’rebelles’ de le part des magistrats."

Me Dominique Tricaud invoque à chaque fois la "jurisprudence Baudelaire", qui provient d’un arrêt rendu en 1949 par la Cour de cassation, réhabilitant Les Fleurs du mal. "Les juges ont trouvé ridicule que Baudelaire ait été condamné pour outrage aux bonnes mœurs en 1857 alors que leurs enfants apprenaient ses poèmes par cœur à l’école un siècle plus tard, explique l’avocat. Depuis, le travail d’un artiste doit s’interpréter sur le plan symbolique."

L’arrêt sera rendu le 10 novembre. Avant un nouvel appel ?”

Source : millebabords

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