Communiqué de presse "Non à la politique de la peur" du 6 octobre 2009 : D'une récidive à l'autre
La récidive est décidément un mécanisme de pensée du pouvoir chez le président de la république, tant dans la continuité de sa logique sécuritaire de mise au pas de la psychiatrie et de l’éducation, que dans la récidive de lois évènementielles.
Le meurtre récent par un délinquant sexuel, sans prise en charge psychologique, lui donne l’occasion d’annoncer à nouveau « une véritable réforme de la psychiatrie criminelle ».
Le président entend –il par là que la psychiatrie est «criminelle » de ne pas régler le sort de la dangerosité sociale et criminologique ? Variante : la psychiatrie devrait-elle s’occuper de tous les criminels ? S’y ajoute une vision réductrice du traitement du psychisme humain par les médicaments qui prend ici le nom chargé d’histoire totalitaire de la « castration chimique ».
C’est une nouvelle fois l’expression de sa politique de la peur par l’attaque populiste adoubée d’une absence de sérieux scientifique.
Nous rappelons ici notre prise de position après son discours liberticide du 2 décembre 2008 à Anthony (Le Monde, 12 décembre 2008). La psychiatrie est un dispositif soignant avant toute préoccupation d’ordre public.
Elle ne saurait cautionner des « effets de menton » qui veulent rassurer ceux qui sont victimes des politiques d’insécurité sociale.
Son éthique ne peut que reposer sur le soin respectant la dignité de la personne, sans traitement « inhumain et dégradant » et dans l’orientation pour tous du meilleur soin possible dans les limites des connaissances scientifiques ;
Nous continuons de nous opposer à la « perpétuité sur ordonnance », comme lors du vote de la loi de rétention de sûreté. Nous demeurons contre toute justice d’élimination. Nous dénoncerons toute forme déguisée d’euthanasie.
Enfin toutes ces techniques chimiques buttent sur leur efficience relative et sur la contrainte à une compliance permanente. D’autres techniques de soins existent. Aucune ne peut garantir de résultat absolu.
Mais, la question de la dangerosité sociale et de la récidive ne se résume aucunement en une question de santé mentale et de traitement psychiatrique contraint. Nous refusons donc le leurre scientiste et la démagogie populiste. Nous refusons la politique de la peur.
Contact : contact@refus-peur.fr
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