Sarkozy défie l'intelligence

Par André Gunthert



"Sentant monter la colère des universités, Valérie Pécresse a jugé utile de publier un éloge de la concertation et du dialogue. Mais dans ce pays gouverné d'une main de fer, les Français savent que l'avis d'un ministre ne vaut pas grand chose. Jeudi dernier, à l'occasion de la présentation du comité de pilotage stratégique qualifié de «Grenelle de la recherche et de l'innovation», c'est le président de la République lui-même qui a pris le soin d'indiquer aux universitaires quelle est sa conception du dialogue." (...)

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L'Etat abandonne le Planning familial

Le Planning familial est en danger. Une pétition a été mise en ligne le 29 janvier pour "défendre le droit à l'information, à l'éducation à la sexualité pour tous", réaffirmant une mission de service public que l'on connait depuis plus de cinquante ans. Fin janvier, un tiers de ses associations est menacée de fermeture: le gouvernement a réduit de 42% en 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial. En 2010, l'enveloppe budgétaire sera purement et simplement supprimée.



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Xavier Darcos déguste

A l'heure où les manifestants parisiens se rassemblaient dans le froid Place de la Bastille, le ministre de l'Education nationale savourait, dans un salon du Pavillon Ledoyen, un repas donné par le Syndicat des vins d'appellation Bordeaux et Bordeaux supérieur.

Aujourd'hui, la moitié des enseignants du primaire et un bon tiers de ceux du secondaire étaient en grève, mais il en fallait plus pour impressionner le ministre de l'Education nationale, rompu aux mouvements sociaux dans son administration. A l'heure où les manifestants parisiens se rassemblaient dans le froid Place de la Bastille, Xavier Darcos, après un court passage sur le plateau de LCI, savourait, dans un salon du Pavillon Ledoyen, un trois étoiles de la capitale idéalement situé dans la verdure du bas des Champs-Elysées, un repas donné par le Syndicat des vins d'appellation Bordeaux et Bordeaux supérieur. Au menu : soufflé d'oeuf fermier et crème de tartuffon, selle d'agneau en croûte de feuilletage à la graine de lin, millefeuille à l'ananas."

> source : Les Echos

Le préfet de la Manche muté après une visite chahutée de Sarkozy

La sanction ne s'est pas fait attendre. Quinze jours après la visite agitée de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô le 12 janvier , le préfet de la Manche, Jean Charbonniaud, a été muté mercredi par une décision prise en conseil des ministres. Un peu plus de six mois après sa nomination en juillet 2008, il va être remplacé par Jean-Pierre Laflaquière, préfet de Guyane.



"Alors que Jean Charbonniaud a été nommé mercredi préfet hors cadre pour siéger comme "membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'État", l'Élysée dément toute punition. Mais les réactions pleuvent déjà, dénonçant le "fait du prince". Jean-Karl Deschamps, vice-président socialiste du conseil régional de Basse-Normandie, fustige un "caprice d'État". "Nicolas Sarkozy est venu présenter ses voeux à Saint-Lô. Les élus UMP ont appelé la population à venir applaudir le Président, mais il y a eu des manifestants", explique-t-il sur le site Internet de Ouest-France . Et de poursuivre : "Il faut un responsable : on déplace le préfet. Je ne comprends pas qu'on utilise l'appareil de l'État et de la République pour passer ses caprices."

Même son de cloche du côté des élus UMP. Le maire de Saint-Lô, François Digard, juge cette décision "très sévère et plutôt injuste". Le président UMP du conseil général de la Manche Jean-François Legrand s'insurge contre le fait que l'on utilise "un représentant de l'État comme si on utilisait un kleenex". Quant au président du Modem François Bayrou, il critique "une sanction arbitraire, une nouvelle fois le fait du prince". " (...)

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Darcos enrôle retraités et lycéens pour son service minimum !!

A la veille de la grève de jeudi, qui promet d'être très suivie notamment dans l'Education nationale, l'administration Darcos ratisse large pour trouver assez de personnel pour assurer le fameux service minimum d'accueil, qu'il se flatte d'avoir instauré via la loi sur le "droit d'accueil", du 20 août 2008.




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Garde à vue contre libertés individuelles : un combat de plus en plus déséquilibré



Retenu à la DST en garde à vue pendant quarante heures, le journaliste Guillaume Dasquié a été menacé pour révéler au moins une de ses sources puis mis en examen pour "détention et divulgation au public de renseignement ou fichier ayant le caractère d’un secret de la défense nationale" dans une affaire de fuite d’informations de la DGSE. Cette information ne peut qu’alerter l’opinion sur le recul des libertés individuelles devant le recours de plus en plus fréquent à la garde à vue.

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Ces témoignages qui accusent l’armée israélienne de crimes de guerre

Pierre Barbancey

Extrait

(...) " En mars dernier lors d’une énième incursion dans la bande de Gaza, l’armée israélienne avait fouillé les maisons puis avait continuer son chemin, vers Jabaliya. La famille Abed Rabbo (d’où le nom du lieu), occupait l’ensemble des petits immeubles qui se trouvaient là. Quand l’offensive a commencé, les Abed Rabbo étaient sur leurs gardes, mais pas plus inquiets que ça. Ce qui peut sembler étrange pour qui ne vit pas le quotidien de ces Palestiniens, soumis au bon vouloir des Israéliens. En mars dernier, par exemple, ils avaient fait une incursion dans la bande de Gaza en passant par le hameau. Ils s’étaient contentés d’une fouille des habitations et avaient passé leur chemin. « C’est pourquoi tout le monde pensait que ça allait être la même chose cette fois-ci », explique Khaled, 30 ans. Lui se trouvait avec sa famille au rez-de-chaussée d’un immeuble dans lequel vivaient 27 personnes. Le 7 janvier, en milieu de matinée, les Israéliens sont arrivés. Ils ont installés un poste militaire. Les chars se sont mis en position derrière des buttes de sable alors que par hauts-parleurs ils intimaient l’ordre aux gens de sortir.

« Comme nous habitions au rez-de-chaussée, nous sommes sortis les premiers », raconte Khaled, la voix tremblante. « J’étais avec ma femme, nos trois filles et ma mère. J’avais un drapeau blanc. Sur le char, il y avait deux soldats. L’un mangeait des chips, l’autre du chocolat. On est resté comme ça pendant plus de 5 minutes, alignés. Personne ne nous disait rien. On ne savait pas quoi faire. Soudain un soldat est sorti du char. Il était roux et portait les papillotes des religieux. Il a tiré sur ma petite fille de 2 ans, Amal. Ses intestins sont sortis de son ventre. Puis il a visé en rafale celle de 7 ans, Sohad. Ma femme s’est évanouie. Il a tiré sur ma mère ». Summum du vice chez ce soldat, il n’a pas tué Khaled. Une ambulance se trouvait à proximité. « Ils ont fait descendre le chauffeur puis ont écrasé le véhicule avec un char », soutient Khaled Abed Rabbo. Les deux petites filles, Amal et Sohad, sont mortes. La troisième est grièvement blessée. Avec son frère et sa femme, Khaled les emmène, ainsi que la mère. Ils prennent la route non sans essuyer les tirs de snipers embusqués dans les maisons qui jouaient à leur faire peur en visant à côté. « Au rond-point, un homme a voulu nous aider avec sa carriole. Il s’appelait Hadnan Mekbel. Les Israéliens l’ont tué ainsi que son cheval. » Khaled sort son portable et montre ses filles dans un linceul. La troisième est dans un hôpital en Belgique. Elle est tétraplégique. Sa femme est dans un état de choc psychologique permanent Khaled ne peut pas oublier. Il revient tous les jours devant sa maison détruite. « C’est toute ma vie, mes souvenirs. Je vois mes enfants jouer autour de moi », dit-il. « C’était la maison du bonheur » (...)

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Antiterrorisme : une centaine de manifestants interpellés à Paris

Rassemblées boulevard de la Chapelle, à Barbès, dans le XVIIIe arrondissement de Paris pour manifester leur soutien à de jeunes détenus dans le cadre des lois antiterroristes, une centaine de personnes ont été arrêtées.



La manifestation se déroulait dans le cadre de la semaine "Sabotons l'antiterrorisme", présentée ainsi par le collectif "Soutien aux inculpés du 11 novembre":

"Passées les fêtes, nous prévoyons que se déroulent pendant dix jours, du 15 au 25 janvier, le maximum d’événements, concerts, projections, débats, afin de faire ressurgir la question, afin que soient requalifiées les charges qui pèsent sur nos camarades, et que sortent ceux qui sont encore en prison."

Ce samedi après-midi, les participants à la manifestations ont réclamé la libération d'Isa, Juan et Damien, tous trois incarcérés après la tentative d'incendie d'une voiture de police à Paris pendant l'élection présidentielle de 2007. Selon la police, l'ADN d'Isa correspondrait à des traces prélevées sur des engins incendiaires. Arrêtée il y a un ans, son procès n'a toujours pas été fixé. La semaine dernière, une manifestation de soutien à la jeune femme, devant la prison de Versailles, s'était déroulée dans le calme.

Arrivés à Barbès vers 15h30, les manifestants ont été rapidement encerclés par la police. Un important dispositif de sécurité a été déployé. Hélène, qui réside boulevard de la Chapelle, a filmé avec son téléphone portable l'opération policière.

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Universités sous haute tension

72 des 85 conseils d’administration des universités ont voté des motions marquant leur défiance à l’égard des réformes du gouvernement. Aujourd’hui, la contestation s’enracine, les grèves administratives se multiplient. Valérie Pécresse est prévenue : la fronde s’organise dans le supérieur.



"Alors que le mouvement lycéen peine à se relancer, celui des enseignants-chercheurs est en pleine ascension. Les effets de la loi LRU (libertés et responsabilités des universités), votée en août 2007, continuent à se faire sentir. Modification du statut des enseignants-chercheurs, « mastérisation » des concours, non remplacement des départs à la retraite, démantèlement des organismes de recherche (CNRS, INSERM)… Pour les enseignants, la coupe est pleine. Depuis trois semaines, les universités enchaînent pétitions, motions, assemblées générales, grèves et manifestations, rejetant ainsi la philosophie de la loi dans son ensemble. Aujourd’hui se tient dans une annexe de l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne [1] , la première réunion de la Coordination Nationale des Universités, à laquelle participeront une vingtaine d’établissements. A l’ordre du jour, les modalités de la poursuite du mouvement. Tour d’horizon des raisons de la colère." (...)

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Tous Coupat Tous coupables

par Alain Brossat



La campagne qui s’est développée en faveur des inculpés de Tarnac est portée par un si vif et si constant désir d’innocence, de si persistantes références à la légalité, à l’inoffensive innocence des inculpés qu’il apparaît très distinctement que, pour l’essentiel, le référent démocratique indistinct continue à obscurcir la perception du présent politique de ceux qui s’y trouvent mobilisés.

Ce qui est ici en question n’est évidemment pas la nécessité impérieuse que s’organise une solidarité sans faille avec les inculpés de Tarnac, et que celle-ci soit aussi puissante et déterminée que possible. La question est plutôt que cette solidarité s’est déployée sur une ligne de pente dont le propre est qu’elle ensevelit sous l’épaisse couche de cendres d’une police sentimentale et « démocratique » tout ce qui pouvait constituer le venin, le ferment de radicalité de L’Insurrection qui vient, avec son appel à se mettre « en route ». Le rassemblement informe et sans bords qui s’est constitué en faveur des inculpés (et dont, répétons-le, la volte-face des journaux a donné le signal et en quelque sorte défini les conditions) n’est pas sans rappeler le consensus anomique, propre à la « démocratie du public » brocardé par des auteurs comme Rancière et Badiou  ; il s’étend maintenant jusqu’aux dirigeants du parti socialiste, voire du Modem et, inclut bien sûr, le télégénique Besancenot  ; mais c’est un rassemblement qui se tient aux antipodes de ce que s’efforçait de présenter L’Insurrection qui vient et la décision d’y faire jouer en acte le motif de la communauté.

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La Cnil constate un "taux d'erreurs sidérant" dans le fichier policier Stic

La Cnil constate un "taux d'erreurs sidérant" dans le fichier policier Stic



Le Système de traitement des infractions constatées (Stic) fait l'objet de sévères critiques de la part de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Celle-ci vient de publier le compte-rendu des contrôles qu'elle a menés pour en vérifier le fonctionnement.

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Tarnac ou les fantasmes du pouvoir

par Gabrielle Hallez



"J'ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L'appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l'attente. Le lent dégonflement de l'affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d'Yildune [Lévy]. Il en faudra d'autres." (...)

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Thaïlande: prison pour un Australien, accusé d'avoir insulté la monarchie

Source : AFP



Un écrivain australien, détenu depuis le 31 août à Bangkok, a été condamné lundi à trois ans de prison pour avoir insulté la famille royale thaïlandaise dans un ouvrage publié en 2005.
Harry Nicolaides, 41 ans, a plaidé coupable lorsqu'il a comparu devant un tribunal, vêtu de l'uniforme orange des détenus et les pieds entravés par des chaînes.
Le ressortissant australien, qui avait enseigné dans une université du nord de la Thaïlande, était accusé du crime de lèse-majesté pour avoir écrit en 2005 une nouvelle intitulé "Verisimilitude" et dont un passage a été jugé offensant pour la famille royale thaïlandaise.
"Il a écrit un livre qui a calomnié le roi, le prince héritier, la Thaïlande et la monarchie", a affirmé un juge.
Harry Nicolaides a été condamné à six ans de prison mais, comme il a plaidé coupable, sa peine a été réduite à trois ans, a-t-il précisé.
L'auteur s'était déjà formellement excusé en septembre et, lundi, avant le verdict, il a réaffirmé qu'il "respectait le roi de Thaïlande", dans l'espoir d'obtenir la clémence des autorités.
Son avocat a dit qu'il chercherait à obtenir la grâce du roi, alors que la santé du condamné s'est "détériorée" depuis son arrestation.
En mars 2007, un Suisse de 57 ans, Oliver Jufer, avait été condamné à dix ans de prison pour avoir barbouillé de peinture noire des portraits du roi Bhumibol Adulyadej, mais il avait finalement été gracié par le souverain et expulsé deux semaines plus tard vers son pays.
L'image de la monarchie est protégée par une législation extrêmement sévère en Thaïlande où les personnes reconnues coupables du crime de lèse-majesté sont passibles de 15 ans de prison.
Bhumibol, 81 ans, est le plus ancien monarque en exercice dans le monde. Il est sur le trône de Thaïlande depuis près de 63 ans et est immensément révéré par nombre de ses sujets, éduqués dans le respect de la monarchie.
Le nouveau gouvernement thaïlandais, qui a pris ses fonctions en décembre, a intensifié la répression du crime de lèse-majesté et a annoncé son intention de bloquer l'accès à 3.800 sites web dont les contenus sont jugés insultants pour la monarchie.

Français ? Prouvez-le



C'est un adjoint du maire de Lyon qui, fin 2007, alertait le CLRD (conseil lyonnais pour le respect des droits) sur ce problème à la fois répandu et méconnu. Yvon Deschamp leur explique que 30% des dossiers déposés en mairie pour le renouvellement des cartes d'identité font l'objet d'un refus. La raison : le code de la nationalité mis en place en 1993 par Charles Pasqua qui impose à certains citoyens de "prouver" leur nationalité lorsqu'ils renouvellent leurs papiers. Sont visées les personnes nées à l'étranger, ou dans les DOM-TOM, ceux dont l'un des deux parents est étranger, voire ceux qui ont simplement des noms à consonnances étrangères. Alors même qu'ils ont eu une carte d'identité française toute leur vie, des milliers de Français se sont subitement retrouvés obligés de prouver leur nationalité."

> lire dans LibéLyon

Monsieur le président, par Eva Joly



"Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique." (...)

> lire sur Le Monde

Le Grand Cri Critique

Cet appel émane du groupe de lycéens, parents, enseignants et intermittents réunis le jeudi 15 janvier au CC (Café Citoyen, Lille)

Le Grand Cri Critique

Le principe est simple : dans toutes les villes du pays, à la même heure si possible, les citoyens s’assemblent sur la grand-place pour dire, haut et fort quoique brièvement, l’indicible qui ne peut plus être contenu.

Ce qui revient inévitablement à se passer de mots.

D’où un cri collectif, de 60 secondes très précisément : cri du cœur, cri de rage, cri expressif et rassembleur.

Concrètement : à Lille, rendez-vous est donné à toutes et tous, Grand-Place, le jeudi 22 janvier pour crier de 17h29 à 17h30. Ce jeudi, et tous les jours jusqu’au jeudi noir 29 janvier, jour du Très-Grand GCC.

Dans les autres villes les crieurs se rendront là où ils en auront convenu, de préférence pour 17h29.

IMPORTANT : cet inaugural GCC sera donc suivi de 6 autres jusqu’au T-GGCC
du 29 janvier.

Voeux à Saint-Lô : Violences policières dénoncées

Communiqué de presse (13/01/09) - UNSEN

Les organisations syndicales CGT, FSU, Sud-Solidaires, CFDT, UNEF, après les graves incidents qui ont eu lieu cet après-midi, interpellent le président de la République, les élus et les citoyens du département de la Manche. Dans un pays démocratique, la plus aveugle violence policière s’est déchaînée sous nos yeux.
La manifestation organisée à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy a rassemblé 5000 personnes dans les rues de Saint-Lô, dans l'ordre et dans le calme. Les organisations syndicales ont veillé, tout au long de cette journée, à canaliser les manifestants et à éviter toute provocation.

Durant le rassemblement, cinq manifestants, dont quatre lycéens et un militant de la CGT ont été interpellés par les forces de l'ordre, sans qu'il y ait eu de leur part la moindre violence ou provocation. A la dislocation du rassemblement, les manifestants se sont rendus au commissariat pour accompagner une délégation qui demandait à être reçue. Après une première charge sans sommation, au gaz lacrymogène, les militants des organisations syndicales ont formé un cordon pour éviter tout débordement. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la mairie, pacifiquement, la tension baissant. Alors même que notre délégation revenait d'une audience en préfecture, les CRS arrêtaient plusieurs jeunes manifestants, suscitant la colère de leurs camarades. Les forces de police ont alors directement chargé, frappant à de multiples reprises des manifestants sans défense. Un autre militant de la CGT a été pris dans l'échauffourée.

Les forces de police ont voulu procéder aussitôt à un contrôle d'identité. Entouré par les militants, notre camarade a refusé de s'y soumettre immédiatement, cette injonction étant une atteinte manifeste au droit de manifester pacifiquement. Après que nous ayons tenté de négocier, les CRS ont de nouveau chargé, s'en prenant avec violence à un groupe d'une trentaine de personnes, d'où nous avions pris la peine d'évacuer tous les mineurs. Notre camarade est ce soir détenu au commissariat de Saint-Lô.

Cette journée est à marquer d'une pierre noire dans l'histoire locale. Jamais jusqu'ici notre ville n'avait été le théâtre de quelque violence que ce soit lors de manifestations. La population a toujours fait preuve de flegme et d'un grand respect de la légalité.
Le jour même où le président de la République visite en coup de vent la capitale du département, la violence policière s'est déchaînée dans toute sa brutalité sur des manifestants pacifiques.

Ce soir, ce sont non seulement une dizaine de citoyens - dont deux militants de la CGT- qui sont détenus injustement, touchés dans leur dignité et dans leur chair. Ce sont aussi les libertés fondamentales qui sont bafouées par la police de M. Sarkozy : droit de manifester, droit d'exprimer pacifiquement des opinions et des revendications, droit de militer dans une organisation syndicale et de faire grève.

La violence policière qui, vue de notre département, pouvait passer pour un phénomène lointain, nous touche aujourd'hui de plein fouet. Notre démocratie, déjà bien mise à mal, est aujourd'hui malade : malade d'une brutalité froide et aveugle devenue la règle ; malade de l'autisme d'un gouvernement aux ordres du patronat ; malade enfin de l'intolérance d'un président incapable d'admettre que 5000 personnes lui expriment leur défiance, alors que seules quelques dizaines venaient le saluer.

Les organisations syndicales demandent la libération immédiate et sans condition des manifestants détenus, ainsi que l'abandon de toute poursuite à leur encontre. Elles demandent également qu'une enquête soit ouverte sans délai sur la responsabilité de ces graves débordements policiers. Elles appellent enfin toute la population à se mobiliser dès maintenant en vue du mouvement national du 29 janvier prochain.

> UNSEN

San Pedro, étrange prison sans matons

Parmi ces choses étonnantes dont regorge littéralement la Bolivie, la prison de San Pedro, à La Paz, décroche sans conteste la première place. Soit une prison auto-gérée, dans laquelle la police ne rentre pas et où femmes et enfants vivent avec leurs maris emprisonnés… Une expérience unique au monde, qui remet en cause pas mal de présupposés en matière de politique carcérale.



> à lire sur ARTICLE 11

Gaza : « Le seul conflit au monde où les personnes n'ont même pas la possibilité de fuir »

António Guterres, Agences Nations Unies pour les réfugiés

Bien qu'aucun mouvement de grande ampleur hors de Gaza n'ait eu lieu en raison du blocus, António Guterres rappelle aux Etats voisins leur responsabilité d'assurer un libre accès vers la sécurité pour les civils qui fuient la violence. Il a expliqué que ceux qui sont contraints de fuir Gaza devraient pouvoir le faire, et trouver la sûreté et la sécurité dans d'autres pays en vertu du droit international. Il demande que toutes les frontières et routes d'accès concernées restent ouvertes et sûres. Relevant qu'actuellement, c'est le seul conflit au monde où les personnes n'ont même pas la possibilité de fuir, il a ajouté que les Palestiniens qui tenteraient de quitter Gaza pour échapper aux combats ne devraient pas être empêchés de le faire.

> UNHCR

Plus ils sanctionneront, plus nous désobéirons !

Communiqué du 11 janvier 2009 du Réseau des enseignants en résistance

Mesdames Sylvie GASCUEL, Anne THOMAS, Marie-Claire ABONNEAU, Vérane PAULET, Nathalie NEBEL, Coline NICOLI-VINDOLET, Anne METZLER, professeurs des écoles à l'école Canet Ambrosini , auteures d'une lettre de désobéissance pédagogique adressée à l'Inspecteur d'Académie des Bouches du Rhône, ont été informées qu'elle étaient sanctionnées du retrait d'un trentième du salaire pour chacun des jours où le soutien aux élèves en difficulté ne sera pas fait selon les termes exacts du décret d'application, (soit 4 jours de salaire pour le mois de décembre) et menacées de sanctions disciplinaires. Ces sanctions interviennent après celles infligées à Diane Combes et Monique Coletti dans la même académie. Au mois de décembre, 157 enseignants de l'académie des Bouches du Rhône avaient envoyé une lettre de désobéissance à leur inspecteur.

Le réseau des enseignants en résistance dénonce cette sanction disproportionnée alors que les enseignants concernés assurent l'intégralité de leur temps de service auprès des élèves. Au lieu d'ouvrir le dialogue, le choix de ces sanctions ne vise qu'à faire plier les enseignants qui refusent de mettre en application les réformes destructrices de Monsieur Darcos. Le réseau appelle les citoyens à se mobiliser pour exiger de l'Inspection Académique le retrait de cette sanction.

Le meilleur soutien que nous pouvons apporter aujourd'hui à ces enseignantes sanctionnées est d'amplifier le mouvement de désobéissance pédagogique dans les écoles afin de dénoncer les lois et les réformes qui déconstruisent l'Education Nationale. Le réseau des enseignants en résistance appelle les enseignants à ne plus mettre en oeuvre le dispositif de l'aide personnalisée et à le faire savoir à leur hiérarchie.

Les enseignants en résistance fédérés en réseau par le blog Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école

> résistance pédagogique

Détenus handicapés : un quotidien insupportable

L'administration pénitentiaire française a censuré le témoignage d'un détenu handicapé dans une publication spécialisée.



S., détenu à la maison centrale de Poissy, est aveugle et handicapé. En septembre 2006, il a été transporté à l'hôpital dans des conditions inadaptées à son état. Dans un courrier adressé à l'Observatoire international des prisons (OIP), S. dénonce cet épisode "dégradant" pour lui et autorise l'organisation à publier ce témoignage:

"Etant installé sur un fauteuil roulant, des surveillants m'ont posé dans un camion, sans ajuster ni caler le fauteuil (freins), ce qui a eu pour effet de me faire cogner, de me causer vertiges et nausée du transport, car dans ma non-voyance, je suis dans l'impossibilité de me retenir, étant enchaîné, ne pouvant en aucune manière anticiper les mouvements du véhicule."

> lire sur Rue89

963 millions de sous-alimentés dans le monde

Le bilan s’est alourdi du fait des prix élevés des denrées alimentaires et la crise économique ne présage rien de bon



Quarante millions de personnes supplémentaires ont rejoint cette année les rangs des sous-alimentés de la planète du fait principalement de la hausse des prix des denrées alimentaires, selon les estimations préliminaires de la FAO. Cela porte le nombre d’affamés dans le monde à 963 millions, contre 923 millions en 2007. Et la crise économique et financière actuelle pourrait entraîner une augmentation du nombre des victimes de la faim et de la pauvreté, met en garde la FAO.

> lire la suite sur fao.org

Appel des appels

Pétition inter-professionnelle ouverte depuis hier soir, tentative issue du milieu psychiatrique de fédérer différentes pétitions et et de rassembler ainsi les forces de contestation issues des divers milieux.

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »
Le 22 décembre 2008,
Roland Gori et Stefan Chedri

> pétition

Studio 21bis : une ontologie de l'urgence

par Catherine Kintzler



Une "architecture de l'urgence", celle du collectif Studio 21bis, a imaginé de poser des cabanes en carton dans Paris. Et on s'aperçoit que cette urgence n'est pas réductible à une charité : c'est celle de la pure gratuité, qui se règle non pas sur une demande, mais sur une nécessité absolue - ontologique.

> lire l'article

Préparation des journées contre l’antiterrorisme, du 15 au 25/01

Message de "Soutien aux inculpés du 11 Novembre"



"Comme vous le savez toutes et tous, sont en préparation 10 jours d’agitation en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme, et contre les lois d’exception. Avec en point d’orgue une grande manifestation nationale, le samedi 31 janvier, à Paris. L’appel à cette semaine se trouve ici.
N’hésitez pas à nous faire part des initiatives locales, que nous relayerons ici.
Rappelons que des réunions publiques ont lieu cette semaine, notamment pour finir d’organiser ces 10 jours de solidarité : Le jeudi 8 janvier à Lyon (19h à La Gryffe), Agen (20h30, 148, rue Duvergé ), Brest. Le samedi 10 janvier à Paris (17h, à La Parole errante)."

> informations

Témoignage de Radjaa Abou Dagaa

Témoignage relatant les conditions d'exercice du métier de journaliste à l'heure actuelle dans la bande de GAZA. L'intégralité de ce reportage sera diffusé vendredi 9 janvier 2009 sur FRANCE 24.



Les femmes gagnent 27 % de moins que les hommes

L’écart est de 19 % pour des temps complets et 10 % à poste et expérience équivalents.



> lire : Les inégalités de salaires hommes-femmes : du temps de travail aux discriminations (observatoire des inégalités)

Répression au lycée Joliot-Curie de Nanterre

Les lycéens de Joliot-Curie soutenus pas les enseignants continuent de protester contre la mise en garde à vue de plusieurs d’entre eux sur plainte pour "outrage" de la proviseure, et contre les réformes Darcos.

> millebabords

A Gaza, une humanitaire témoigne

Propos recueillis par Ségolène de Larquier



L'inquiétude grandit face au risque de crise humanitaire dans la bande de Gaza après l'offensive terrestre israélienne déclenchée samedi . Des bombardements incessants, des coupures d'électricité et des communications, une grave pénurie de produits alimentaires sont le lot quotidien de 1,5 million de Gazaouis qui s'entassent sur un territoire exigu de 362 km2. Lepoint.fr a contacté lundi la docteure Cécile Barbou de Médecins sans frontières, qui se trouve actuellement dans la ville de Gaza, dans un quartier tout proche de l'hôpital Shifa, le plus gros de la ville.

Lors d'une conversation téléphonique chaotique, Cécile Barbou, arrivée sur place le 31 décembre avec deux autres volontaires expatriés, décrit au point.fr la situation sur le terrain. Le début de leur offensive terrestre a compliqué leur travail. "On a plus de mal à accéder aux gens. Nous avons donc changé de stratégie. Nous avons fourni à toute l'équipe médicale des kits de secours, leur demandant de rayonner dans leur entourage proche. Ils ne se rendent plus dans les cliniques, car cela devenait trop dangereux d'autant plus que peu de patients y venaient."

> le Point

Témoigner contre une expulsion forcée est-il un délit ?

par Seloua Luste Boulbina

"Quand un professeur de philosophie s'inquiète d'une reconduite forcée à la frontière, on l'arrête. Dans la presse, le philosophe est salué. Dans la rue, ou dans l'avion, il est l'homme à abattre.

On ? Les autorités publiques dont les poids et les mesures n'ont pas, depuis longtemps, été confrontés aux étalons républicains. Trois citoyens français dans un avion : un (mini) réseau de terroristes, un groupe de dangereux gauchistes, un aréopage d'empêcheurs de "policer" en rond ? Il y a peu, Jacky Dahomay s'indignait publiquement de la façon dont pouvaient, en France, être traités les élèves. Aujourd'hui, on peut également s'indigner de la façon dont sont traités les professeurs, ces professionnels de la parole. La philosophie est ainsi de facto frappée de suspicion." (...)

> suite dans Le Monde