Le ministre de la Justice britannique, Ken Clarke, veut vider les prisons et encourager les peines alternatives. Un revirement de politique pour les conservateurs.
“Le gouvernement britannique de centre droit va-il mener une politique pénale de gauche ? Les projets du ministre britannique de la Justice, Kenneth Clarke, pour réduire la surpopulation carcérale et lutter contre la récidive provoquent déjà une petite révolution.
Avec 85 000 détenus, l'Angleterre et le pays de Galles ont l'un des taux d'incarcération les plus élevés d'Europe. C'est deux fois plus qu'en 1992, lorsque Ken Clarke était ministre de l'Intérieur. Ce doublement est « sidérant », a estimé le vieux routier conservateur, mercredi 30 juin, devant le Centre d'études sur la criminalité et la justice, à Londres :
« Cette approche coûteuse et inefficace a échoué à transformer des criminels en citoyens respectueux de la loi. Ma priorité est la sécurité des Britanniques. Mais se contenter d'enfermer de plus en plus de gens plus longtemps sans chercher activement à les changer est digne de l'Angleterre victorienne. »
Ken Clarke veut en finir avec la politique du chiffre. Il s'apprête à annuler la construction de cinq nouvelles prisons approuvée par le précédent gouvernement travailliste. Il veut aussi revoir la politique pénale pour les courtes peines, en privilégiant la réinsertion à travers des peines alternatives, du style travaux d'intérêt général.” (…)