“L'hymne au mérite, à l'autonomie et à l'autorité a ses limites”

Daniel Bloch, ancien recteur d'académie

Les deux dernières années du quinquennat sont entamées. Comment caractérisez-vous le bilan de Nicolas Sarkozy en éducation ?

Daniel Bloch : Je vois d'abord l'écart entre les objectifs annoncés, souvent raisonnables, et la réalité du terrain, où n'est perceptible que la seule réduction du nombre d'enseignants. Prenons deux exemples. Le baccalauréat professionnel était préparé en quatre ans. Au nom de l'"égale dignité", il a été décidé qu'il se passerait désormais en trois ans, comme les autres baccalauréats, quitte à envoyer en apprentissage, pour une formation courte financée en dehors du budget de l'éducation nationale, ceux qui seraient incapables de supporter ce rythme. D'où, par cette double entrée, une considérable économie de moyens.

Même observation s'agissant de la formation des maîtres : le principe – louable – de la rendre"davantage universitaire" se traduit en fait par la suppression d'une année de salaire par élève-professeur, diminuant le nombre d'enseignants à rétribuer, et par une régression plutôt qu'une amélioration de la qualité de la formation. “ (…)

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