En finir avec la précarité dans nos établissements

Pétition

Une intersyndicale réunissant la quasi-totalité des organisations syndicales vient de s’adresser au ministre de l’Education nationale pour demander qu’on les réunisse sans délai afin que la situation des enseignants, Conseillers Principaux d’Education (CPE) et Conseillers d’orientation-Psychologues (Co-psy) non-titulaires soit mise à plat et que des négociations s’ouvrent pour mettre en place un plan de titularisation, conformément aux engagements du Président de la République qui, interpellé par un enseignant non-titulaire sur un plateau de télévision, s’est dit « prêt à envisager leur titularisation progressive pour ne pas les laisser dans une situation de précarité ».

Dans sa réponse, le ministre persiste à considérer le recours à la précarité comme « inévitable » et n’évoque pas, pour l’instant, la mise en place d’un plan de titularisation, se contentant d’envisager l’amélioration de la gestion des non-titulaires.

Les signataires s’opposent au recours à la précarité. L'emploi de personnels non titulaires exerçant les mêmes fonctions que les titulaires et maintenus dans la précarité est inacceptable.

Depuis plusieurs années, les conditions d’exercice, d’emploi et de rémunération des non-titulaires, appelés sur des missions de remplacement ou placés dès la rentrée sur des supports vacants en raison de la pénurie de personnels titulaires, n’ont cessé de se dégrader comme celles des autres personnels. Par l’utilisation de contrats toujours plus précaires comme la vacation auxquels rectorats et ministère recourent massivement, le ministère de l’Education nationale aggrave encore leur condition.

Cette précarité fragilise le fonctionnement des établissements et le travail pédagogique des équipes éducatives.

C’est pourquoi nous vous demandons que :

  • le recours dévoyé et illégal à la vacation cesse, conformément à plusieurs jurisprudences du Conseil d’Etat requalifiant vacations en contrats ;
  • le nombre de postes aux concours de recrutements externes et internes soit fortement augmenté ;
  • des négociations rapides soient mises en oeuvre pour la mise en place d’un plan de titularisation rapide qui n’écarte personne ;
  • dans le même temps, soit mis fin au recrutement de nouveaux précaires et que compte tenu de l'ampleur des besoins, le droit au réemploi soit reconnu aux agents non titulaires à la rentrée 2010 ;
  • des améliorations immédiates permettent une gestion transparente des personnels non-titulaires en fonction d’un cadrage national (rémunérations, affectations …).

    POUR EN FINIR AVEC LA PRECARITE DANS NOS ETABLISSEMENTS, IL FAUT TITULARISER !

    Télécharger la pétition pour l'imprimer

    http://www.pourenfiniraveclaprecarite.org/

  • Genève : la France sur le gril devant le comité contre la torture

    La France a été mise sur le gril mardi à Genève par dix experts onusiens du Comité contre la torture, qui ont questionné ses représentants pêle-mêle sur la surpopulation carcérale, les droits des demandeurs d’asile ou les bavures policières.

    "La législation pénale est aujourd’hui orientée vers (...) une approche qui met en premier lieu la sécurité, la prévention, la lutte contre la criminalité", a regretté Essadira Belmir, juge marocaine qui siège au Comité. "On dirait que chaque fois qu’il y a un fait divers, on réglemente", a-t-elle ajouté, regrettant "une inflation législative où domine en fait l’aspect sécurité sur les droits de la personne". La surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation des prisons de 110,9 %, et les suicides en prison ont été abordés, ainsi que l’usage du pistolet Taser par les forces de l’ordre ou la technique d’immobilisation dite du "décubitus ventral" qui a provoqué des décès lors d’arrestations. Un expert s’est aussi inquiété de la protection des droits des mineurs demandeurs d’asile, d’autres ont demandé des explications sur les possibilités de recours des requérants d’asile déboutés.

    Les droits des suspects de terrorisme, trafic de drogue ou criminalité organisée pendant la garde à vue ont également été examinés à la loupe. Ceux-ci peuvent être détenus 72 heures sans rencontrer un avocat, contacter des proches ou voir un médecin indépendant, se sont inquiétés des experts. "La situation devient un peu opaque. Il n’y a pas de garanties. L’enregistrement vidéo est justement une garantie contre la torture alors pourquoi le rendre exceptionnel dans le cadre des interrogatoires de suspects de terrorisme ?" s’est interrogé l’expert italien Bruno Alessio. Les 16 membres de la délégation française doivent répondre mercredi aux questions posées par ces experts.

    > Source : le grand soir

    Daniel, 3 ans, retenu deux heures au commissariat de Juvisy

    Ca se passe en France en 2010

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    “Daniel revient du centre de loisirs avec son père. Celui-ci fait un détour pour s’acheter des cigarettes. Il est environ 17 heures, nous sommes le jeudi 22 avril 2010. Quand ils sortent du bureau de tabac, la police les attend près de la voiture : contrôle des papiers du véhicule, de l'identité de monsieur. Les papiers du véhicule sont en règle, pas ceux de monsieur. Cela ne fait ni une, ni deux, en policiers zélés, ils poussent tout le monde dans le fourgon : le père et le petit de trois ans.
    Quelques instants plus tard au commissariat de Juvisy : Daniel est seul avec son père dans une pièce vide. Son père est assis sur une chaise, menotté à cette chaise. Les policiers laissent l’enfant une vingtaine de minutes avec son père, puis viennent le chercher. Le petit ne comprend rien. Séparé de son père, il est terrorisé. Il pleure. Il fait ses besoins dans sa culotte.

    Pendant ce temps, ils ont appelé la maman : qu’elle vienne chercher son fils immédiatement, sinon ils le confient à un organisme. Lequel? Elle ne sait pas, elle ne retient pas le nom mais elle comprend qu’on la menace de la séparer de son fils. Elle est à plus d’une heure de trajet de Juvisy. Elle arrive au commissariat vers 19h, affolée, angoissée. Cela fait deux heures que l’enfant est avec les policiers. Ce soir-là, il n’a pas pu dormir. Il a pleuré toute la nuit. Il a fait pipi au lit.
    La deuxième nuit non plus, il n’a pas bien dormi : il a fait beaucoup de cauchemars. Il s’est réveillé plusieurs fois en pleurs.
    Pendant le temps de la garde à vue du papa, des militants RESF ont appelé le commissariat pour avoir des explications. L’officier de police judiciaire chargé du dossier a refusé de leur parler.
    Rappelons aux policiers que les articles 9 et 37 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant stipulent qu'un enfant ne doit pas être séparé de ses parents et que nul enfant ne peut être privé arbitrairement de liberté.”

    Source : http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/

    Pour le Conseil d'Etat, le mitard, ça ne peut pas faire de mal

    Par Laurent Burlet | LyonCapitale | Rue89

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    “Détenu à la prison de Lyon-Corbas, Annice M. demandait seulement une cellule individuelle. Il a pris plus de deux mois de mitard. Le Conseil d'Etat vient de confirmer la sanction.

    La scène se passe à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, au début du mois de février 2010. Annice M., 46 ans, à la fois condamné et en attente de jugement pour des affaires de vol, refuse de regagner sa cellule qu'il partage avec un autre détenu.

    Aux surveillants, il explique qu'il ne « supporte plus » la présence d'une autre personne et qu'il veut être seul dans une cellule. La direction de Corbas, qui fait face à un surpeuplement chronique, n'accède pas à se demande. Au contraire. La commission de discipline le condamne à trente jours de quartier disciplinaire même si elle ne lui reproche aucune violence ou insulte.

    Plus de deux mois au sein du quartier disciplinaire

    Le quartier disciplinaire, autrement appelé mitard, c'est l'enfermement vingt-trois heures sur vingt-quatre, dans une cellule qui a pour seul mobilier un lit et une table fixée au sol. Le prisonnier n'a accès ni à la radio, ni à la télé. Et la promenade se fait seul dans une minuscule cour grillagée.

    Cette réalité, Annice M., va la vivre pendant près de deux mois. En effet, à la fin de ses trente jours de cellule disciplinaire, il ne veut toujours pas regagner une cellule doublée. Il reprend sept puis deux jours de mitard. La direction de Corbas finit par le placer dans une cellule individuelle du quartier « arrivants ». Le 25 mars, Annice M. refuse de nouveau de partager une cellule avec un codétenu. La commission de discipline prend la même sanction de trente jours que lors de son premier refus.

    Via l'Observatoire international des prisons (OIP), il saisit la justice administrative d'un référé-liberté. Une mesure d'urgence en cas d'« atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ». Le 8 avril, le tribunal administratif de Lyon, dans son ordonnance, donne raison à Annice M. qui est alors transféré dans la nouvelle prison de Bourg-en-Bresse pour y être détenu seul.

    Le tribunal de Lyon a jugé « disproportionnée » une sanction disciplinaire contre une demande « légitime » d'encellulement individuel que le législateur a inscrit dans la loi. L'ordonnance souligne que cette cette « sanction » est la plus sévère est qu'elle peut avoir des « effets » sur l'état physique et psychique d'un détenu.

    Le Conseil d'Etat restreint la portée de la loi pénitentiaire

    Mais le Conseil d'Etat, saisi en appel, a annulé le 22 avril la décision du tribunal administratif en estimant qu'Annice M. « n'invoque aucune circonstance propre à sa situation physique ou psychique de nature à caractériser une situation d'urgence ».

    Alors que la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 a réaffirmé la possibilité pour un détenu d'utiliser un référé-liberté, le Conseil d'Etat en réduit profondément la portée puisqu'il ne retient pas, contrairement au tribunal administratif, que la longueur de la durée du placement en quartier disciplinaire peut comporter un risque pour le détenu.

    Céline Reimeringer, coordinatrice Rhône-Alpes de l'OIP, analyse :

    « Le Conseil d'Etat enferme le référé-liberté dans des conditions drastiques. Il faudrait que le détenu produise des certificats médicaux !

    En agissant de la sorte, il le rend sans effet. Il faut prendre en compte les risques en amont et pas attendre des passages à l'acte suicidaires. »

    L'association cite notamment un rapport du ministère de la Justice de 1996 qui note que « la mise en quartier disciplinaire accroît de façon majeure le risque de suicide ». Annice M. va prochainement saisir la Cour européenne des droits de l'homme.”

    > source : rue89

    Mort d’un prisonnier maudit

    Skander Vogt avait mis le feu à son matelas dans sa cellule. Les gardiens de sa prison suisse ont attendu plus de 90 mn avant de le secourir. Des enregistrements révèlent un total mépris pour le prisonnier, même après sa mort.

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    “Le 10 mars dernier au soir, Skander Vogt pousse un coup de colère. Il en poussait beaucoup. Cette fois, il exige qu’on lui rende son poste de radio qu’un gardien lui a confisqué. Il appelle les autres détenus et leur annonce « Ça va cramer ce soir ! ». À une heure du matin, il met le feu à son matelas.

    Un moment plus tard, un autre détenu entend Skander crier : « J’ai foutu le feu à ma cellule, j’ai interphoné et ils refusent de venir », en parlant des gardiens. Un autre prisonnier du pénitencier de la Plaine de l’Orbe, dans le canton de Vaud, en Suisse, témoigne : « La nuit où Skander Vogt est décédé, je l’avais entendu crier par la fenêtre qu’il y avait le feu dans sa cellule. Je l’ai aussi entendu dire : “Vous ne me sortez pas de la cellule ?“ ».

    DÉCÈS CONSTATÉ À 3 HEURES DU MATIN”

    > lire sur bakchich.info

    Proposition de loi visant à la sécurité dans les établissements scolaires du second degré…

    …enregistrée le 1er avril 2010 par la présidence de l’assemblée. Et pourtant ce n’est pas une blague !

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    C’est là, et tout est dit dans cet extrait :

    “Afin de mieux répondre à cet impératif de sécurité, il conviendrait de permettre à des personnes retraités issue de la fonction publique, dont la profession a été consacrée à la sécurité civile ou militaire (sapeurs pompiers, policiers, gendarmes, militaires d’active...), dont l’activité passée et la maturité sont garants d’une autorité naturelle et d’une capacité à analyser une situation, d’accéder aux postes de surveillants dans les établissements scolaires du second degré.”

    Il sont oublié : “anciens légionnaires” !

    > assemblée nationale

    Une nouvelle histoire des mutineries de 1917

    Par Romain Ducoulombier. A propos du livre de André Loez, 14-18. “Les refus de la guerre. Une histoire des mutins”, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 2010.

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    “L’historiographie de la Grande Guerre est arrivée à l’heure des refus [1] : la publication de l’ouvrage d’André Loez consacré aux mutineries françaises de 1917 confirme ce basculement. Depuis le livre pionnier de l’historien Guy Pedroncini en 1967, cet événement-symbole a souvent été considéré comme marginal, éphémère et inconséquent : s’il n’était pas le fruit d’un complot pacifiste, il s’agissait, selon Guy Pedroncini, non pas d’un « refus de se battre », mais d’un « refus d’une certaine manière de le faire » [2]. Par la suite, la mémoire collective a figé les mutins dans un consensus compassionnel, vivement mis en lumière par le discours de Lionel Jospin à Craonne en 1998 [3].

    Avec une rigueur et une clarté remarquables, André Loez se tient à distance de ces interprétations consacrées. Il réfute de manière convaincante les conclusions de Pedroncini et ouvre par là de nouvelles perspectives pour une socio-histoire globale des refus de guerre entre 1914 et 1918, en rupture avec l’anthropologie culturelle du conflit constituée autour de l’hypothèse du « consentement ».” (…)

    > lire la suite dans la vie des idées

    Les classements des meilleurs lycées n'ont aucun sens

    Par Thomas Legrand

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    “(…) Le problème n'est pas tellement la façon dont sont établis les classements. On l'a vu, les critères primaires sont pondérés, ça se tient, c'est subjectif, mais c'est certainement bien fait... le problème c'est simplement qu'il y ait classement. On pourrait se dire que c'est un élément de transparence, un élément d'information utile pour les usagers de ces services publics, mais en réalité cette habitude renforce les écarts. Parce que ce qui est exposé comme étant des différences de performances, un classement qualitatif, n'est rien d'autre qu'un tableau de l'inégalité de nos territoires et de notre société. Ce tableau n'est pas dressé pour revendiquer davantage de moyens pour les lycées à faible taux de réussite ni pour demander aux villes ou aux quartiers abritant les lycées champions d'augmenter le pourcentage de logements sociaux... Non, ce classement est destiné aux lecteurs qui s'en servent bien sûr pour décider où ils vont inscrire leur enfants. Les lecteurs, qui sont aussi des usagers de services publics, deviennent des clients à qui on donne les clefs pour choisir le meilleur produit éducatif. Ces classements sont donc un instrument qui accompagne le dézonage de fait, la fin de la carte scolaire par la débrouille des citoyens les plus informés qui sont aussi les plus aisés. C'est la mixité sociale qui souffre de cet excès de classement. Une pente qui valide le constat un peu désespérant que formule Albert Jacquard, selon lequel «par mille créneaux, notre société nous amène à croire que le moteur de la vie, c'est forcement la compétition».(…”)”

    > lire l’article entier sur slate.fr

    Aux Etats-Unis, des détenus séropositifs placés à l'isolement

    Les prisonniers séropositifs de Caroline du Sud et d'Alabama sont victimes de ségrégation, en violation de la loi internationale.

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    “Il y a vingt-cinq ans, 46 des 51 états américains isolaient systématiquement leurs prisonniers séropositifs. Aujourd'hui, seuls la Caroline du Sud et l'Alabama continuent de stigmatiser les détenus malades, estimés à 22 000 prisonniers sur tout le territoire américain. Depuis mars, le Mississipi y a renoncé.

    Le dépistage du VIH est obligatoire

    L'ONG internationale Human rights watch (HRW), en collaboration avec le groupe de défense des libertés civiles (ACLU pour American civil liberties union), a recueilli les témoignages de ces prisonniers et a publié à la mi-avril, un rapport sur la ségrégation des prisonniers séropositifs dans les prisons fédérales et d'Etats américaines.” (…)

    > lire la suite sur rue89

    « On est là pour vos idées gauchos »

    Police. Une militante de RESF porte plainte pour garde à vue abusive. Par KARL LASKE

    “Jusqu’où peuvent aller les policiers antiterroristes ? C’est la délicate question posée à Jean-Claude Marin et François Faletti, respectivement procureur de la République et procureur général de Paris, par la plainte d’une militante de Réseau Education sans frontières (RESF), placée en garde à vue treize heures durant, en février, par la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle.

    Alerte. Les limiers de l’antiterrorisme parisien sont chargés d’enquêter sur la dégradation des distributeurs automatiques de billets (DAB) au moyen de colle forte, d’acide et, pour l’un d’entre eux, d’incendie. Selon les graphiques trouvés sur place, ces actions visaient des banques ayant dénoncé des sans-papiers. Le 15 février, la SAT déboule chez des suspects. Parmi eux, Hélène C., assistante sociale à Paris.

    A 6 heures du matin, Hélène voit s’engouffrer chez elle cinq policiers en gilets pare-balles. Au début, ils n’évoquent pas la destruction des DAB.«Ils m’ont dit : "on est là pour vos idées gauchos et vos actions militantes".» Au sein de RESF, Hélène s’occupe d’une veille «anti-rafle», un dispositif qui mobilise les militants par SMS en cas d’arrestations massives de sans-papiers. Les policiers fouillent l’appartement à la recherche de bombes de peinture, et d’un pantalon rose. Lui demandent si elle a «des lectures subversives». Ils prennent aussi des photos. De son frigo, recouvert d’autocollants ramenés de manifs. De ses notes professionnelles. «J’ai demandé si j’allais pouvoir sortir. Ils m’ont dit : "au train où vont les choses, ça nous étonnerait". J’ai eu l’impression que tout s’effondrait.»

    Fouille. Encadrée par trois policiers, Hélène C. est conduite au 36, quai des orfèvres. Des photos anthropométriques sont prises. Ses empreintes aussi. Puis c’est la fouille à nu. «Deux femmes policiers m’ont demandé d’enlever le haut et le bas, de me baisser et tousser. Et elles ont pris des photos de mon dos. J’ai une maladie génétique, mais je ne comprenais pas pourquoi elles prenaient ces photos.» Les femmes chargées de la fouille préviennent leurs collègues : «Vous verriez, elle a des choses partout sur le corps. Elle dit que c’est pas contagieux !»«C’est ce qui m’a le plus touchée, ces photos et ces réflexions», confie Hélène. Après un passage en cellule, elle est encore interrogée sur «ses idées politiques». «Madame, vous êtes là pour ça.» Son téléphone portable, celui de la ligne «anti-rafle», est saisi. Elle en déduit que c’est ce téléphone et peut être un «échange de textos» avec un autre suspect qui intéresse la police. «Ils m’ont parlé d’un dossier avec des photos. Mais je n’ai toujours pas compris pourquoi ils sont arrivés chez moi.» Les policiers finissent par conclure qu’elle n’est «pas la bonne personne»,mais elle ne sort qu’à 19 h 30, «blessée», «meurtrie».

    Me Irène Terrel, son avocate, a déposé plainte pour «atteintes illégitimes à sa vie privée, à son intégrité physique, à sa liberté d’aller et venir ainsi qu’à sa dignité».”

    Source : libération.fr

    Sexualités de « transgression » dans le monde islamique

    Journée d ‘études le lundi 31 mai 2010  de 9h30  à 18h30 - EHESS – salle Maurice et Denys Lombard  -  96, bd Raspail -  75006 Paris

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    Journée d’étude organisée par Yavuz Aykan, Maggy Grabundzija, Gianfranco Rebucini et Mohammed Mezziane, autour des deux axes principaux que sont La construction de l’anormal et Les pratiques de résistance et de transgression.

    La réflexion se basera sur une série de questions fondamentales : que sous-tend la répression contemporaine des sexualités de « transgression » dans les pays islamiques contemporaines ? Est-elle seulement une réaction à la dépénalisation et à la « libération » de la sexualité et à l’acquisition des droits civiques par les homosexuels en Occident ? En quoi l’Islam est-il porteur d’un discours normalisateur sur la sexualité excluant toute transgression de la norme ? Et comment interpréter de ce fait les pratiques quotidiennes des sociétés islamiques, qui témoignent de situations complexes intégrant négociations et contournement des interdits religieux, moraux et légaux ?

    Contacts

    Parution de “l’État des droits de l’Homme en France 2010 : la justice bafouée”

    Ligue des Droits de l’Homme

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    Accumulation de « réformes » contradictoires, refonte brutale de la carte judiciaire, pressions sur les magistrats, exploitation politicienne de l’émotion créée par chaque « fait divers » : le malaise est profond chez les juges, les avocats… et les justiciables. Aucune société respectueuse des individus, de leurs libertés et de leur égale dignité ne peut s’accommoder d’une justice manquant cruellement de moyens, trop lente ou trop expéditive, de plus en plus lointaine, sous contrôle du pouvoir, dure aux faibles, paralysée face aux puissants et sans cesse plus répressive. Aucune démocratie ne peut demander à la justice pénale de réduire par toujours plus de sanctions et d’enfermement toutes les fractures qui la traversent.

    La LDH interroge dans ce livre la valeur justice, son rapport au temps, aux inégalités et aux pouvoirs. Elle pointe le rôle que l’on fait jouer à l’appareil judiciaire dans la répression des mouvements sociaux et la logique néolibérale appliquée à l’institution dans la gestion pénale des affaires. Elle dénonce le doublement du nombre de gardes à vue, du nombre de détenus et de la durée des peines. Elle appelle à rompre avec une idéologie sécuritaire construisant toujours plus d’insécurité civile et sociale. Il en va d’ailleurs de même de la justice internationale face aux désordres du monde actuel.

    Il y a urgence, pour les libertés, et pour les droits, mais aussi pour la République, à redonner à la justice le statut et le rôle qu’elle doit pouvoir jouer dans un Etat de droit.

    La justice bafouée

    L’ÉTAT DES DROITS DE L’HOMME EN FRANCE

    ÉDITION 2010

    Ligue des droits de l’Homme

    La Découverte - Col. « Sur le vif »

    SOMMAIRE
    ► Introduction. Face à la crise : urgence pour les libertés, urgence pour les droits, par Jean-Pierre Dubois
    ► La justice ou l’égalité, par Etienne Balibar
    ► La justice et le temps, par Jean Danet
    ► La justice des pauvres, par Denys Robiliard
    ► Justice et conflits sociaux, par Evelyne Sire-Marin
    ► Vers une pénalisation des droits de l’Homme ?, par Denis Salas
    ► Justice et pouvoir, par Henri Leclerc
    ► Justice internationale, par Michel Tubiana
    ► Chronologie de l’année 2009

    Ouvrage (13 cm x 20 cm, 126 pages) Disponible à la boutique de la LDH 01.56.55.51.04 – laboutique@ldh-france.org Prix public : 12 €

    Justice : Qui trop embrase mal éteint...

    Communiqué du Syndicat de la Magistrature

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    “A l’heure où la réforme de la procédure pénale s’enfonce inexorablement dans les limbes d’une impasse politique, Michèle Alliot-Marie répète à qui veut l’entendre - c’est-à-dire plus grand monde - qu’elle ira jusqu’au bout, sans modifier sa « méthode » d’un iota.

    Les sondages sont mauvais, des parlementaires de tous bords ont déjà manifesté leur opposition aux orientations retenues par la Chancellerie, l’écrasante majorité du monde judiciaire est hostile à son avant-projet et l’a rappelé avec force lors de la mobilisation historique du 9 mars, mais le garde des Sceaux ne veut rien savoir. Ce que le chef d’Etat a dit - même s’il ne le dit plus - le garde des Sceaux se doit de le faire - et peu importent les moyens…” (…)

    > lire la suite

    Comment la Sacem se goinfre...

    Un rapport officiel fusille les salaires des dirigeants de sociétés d'ayants droit

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    “Manque de transparence dans la rémunération des dirigeants, salaires en augmentation malgré des perceptions qui se tassent, frais de représentation mal contrôlés, niveaux de rémunération non justifiés par la difficulté de la tâche, parachutes dorés... le rapport 2009 qui vient de paraître sur les comptes des sociétés de gestion collective de droits d'auteur et droits voisins est d'une violence inouie sur les rémunérations pratiquées, en particulier à l'encontre de la Sacem.” (….)

    > lire sur numerama

    Wikileaks, le site qui fait trembler la CIA

    image Conçu comme un contre-pouvoir aux régimes autoritaires, Wikileaks est un site collaboratif qui met en ligne des documents ultraconfidentiels. Depuis 2006, Wikileaks a révélé de nombreuses affaires de corruption. Et vient de déstabiliser l'armée et les renseignements américains en diffusant l'incroyable vidéo d'une bavure en Irak qui a coûté la vie à douze civils dont deux journalistes de l'agence Reuters.

    “Une nouvelle terreur menace les gouvernements mondiaux et les puissantes institutions ! Elle s'appelle Wikileaks et n'est pourtant rien d'autre qu'un petit site Internet d'analyse politique. Son outrage ? Mettre en ligne des documents confidentiels. Ils concernent des affaires de corruption au Kenya, des rejets toxiques d’un groupe pétrolier au large de la Côte d’Ivoire, des objectifs internes de l’Eglise de Scientologie etc. Aujourd'hui, il est le nouveau meilleur ennemi de la CIA, qui l'a déclaré « menace pour l'armée américaine ».
    Au commencement, en décembre 2006, des dissidents chinois, des journalistes d’investigation, des défenseurs de droits de l’Homme et des mathématiciens. « Wiki » parce que le projet est collaboratif (tout le monde peut proposer un document), « leak » pour fuite. A partir de l'association Sunshine Press, le projet se lance avec l'idée de combattre de l'intérieur les gouvernements autoritaires grâce à un portail d'information nourri par des sources anonymes. Trois ans après, plus d’un million de dossiers protégés par le sceau du secret d’Etat auraient été recueillis, dont près de 150 sont actuellement disponibles.” (…)

    > lire la suite dans telerama.fr

    Projection ADN de “Solutions locales pour un désordre global”

    Nice le jeudi 15 avril 2010 20 h au Rialto. En présence de la réalisatrice Coline Serreau.

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    Des films catastrophistes ont été tournés, des messages alarmistes lancés, ils ont eu leur utilité mais il faut désormais montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions de ceux qui inventent et expérimentent des alternatives.

    Dépassant la simple dénonciation d’un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans “Solutions locales pour un désordre global” à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

    Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d’une terre trop longtemps maltraitée.

    Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M.Antoniets en Ukraine… tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

    Cette série d’entretiens d’une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons. Oui, des solutions locales et des alternatives concrètes pour un meilleur partage des avoirs et des savoirs existent.

    bande annonce : www.solutionslocales-lefilm.com/

    Mort de Lech Kaczynski : Sarkozy et Obama louent les "valeurs" d’un homophobe notoire !

    par Olivier Bonnet

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    “Nous sommes proprement indigné par les déclarations de Nicolas Sarkozy et Barack Obama suivant le décès accidentel du président polonais Lech Kaczynski. Car c’est une chose d’adresser ses condoléances à une nation en deuil, mais c’en est une autre que de chanter les louanges de façon obscène d’un défunt bien peu recommandable !” (…)

    > lire la suite

    La violence d’État contre le père de famille angolais

    Article paru le 9 avril 2010 dans l’Humanité

    La préfecture du Rhône s’acharne. Le ministère de l’Immigration s’entête. Et quand ils veulent sévir contre un père de famille coupable de ne pas avoir obtenu de titre de séjour, pas de quartier, plutôt une camisole de force et un passage à tabac. Hier, à 15 heures, Guilherme Hauka Azanga a été extrait du centre de rétention de Bobigny et conduit au Bourget pour être embarqué, seul, dans un avion privé. Pas de risque, cette fois, que passagers ou pilote ne viennent témoigner de conditions d’embarquement inhumaines…

    Ni le préfet du Rhône, ni l’Ofpra, ni Éric Besson lui-même n’ont accepté de voir que cet homme n’a plus de famille en Angola, que sa première femme est morte, que ses premiers enfants vivent dans un autre pays, et que sa vie est en danger dans son pays d’origine. Peu leur importe que l’absence du compagnon de Florence puisse conduire quatre enfants à la DDASS, qu’on les traumatise en braquant des pistolets sous leur nez au petit matin et qu’aujourd’hui ils n’aient plus de père… Le ministère a choisi un avion spécial, parce que, mercredi soir, à nouveau, un pilote s’est opposé à l’expulsion de Guilherme. « Mercredi après-midi, racontait-il hier matin, la police m’a menotté, les mains dans le dos, au centre de rétention de Lyon, m’a conduit à Bron dans un grand déploiement de police et m’a embarqué à bord d’un jet privé pour le Bourget. Je n’ai rien pu faire. De là, on m’a conduit à Roissy où j’ai eu tout le corps entravé, bouche comprise avec une sorte de muselière. La police m’a emporté à l’avion avant que les passagers n’arrivent. Mais le commandant de bord a dit, en me voyant, qu’il refusait d’embarquer quelqu’un dans ces conditions. Il n’a pas hésité. Finalement, l’avion est parti sans moi avec une heure et demie de retard et je suis arrivé à 4 h 30 au centre de rétention de Bobigny. Ici, on m’a dit que ma rétention prenait fin vendredi (aujourd’hui – NDLR) à 11 heures Je veux vivre avec mes enfants et ma compagne, à Lyon. Mais d’ici demain 11 heures, ils peuvent encore trouver un vol. » Ou en affréter un tout spécialement…

    L’acharnement semble sans limite. Après un premier refus d’embarquement, Guilherme avait été condamné à deux mois de prison. Extrait de sa cellule à la fin de sa peine, il n’avait pas été libéré, mais emmené directement à l’aéroport. Pour échapper à l’expulsion, il s’était enduit de matières fécales. Et c’est enroulé dans une couverture puante que la police avait tenté de lui faire prendre, à l’escale de Francfort, un avion pour l’Angola. Résultat : refus du commandant de bord et retour au centre de rétention de Lyon. Libéré deux fois par le juge de la détention, il avait fallu deux appels de la préfecture pour l’y reconduire. La tentative d’expulsion avortée de mercredi aurait pu à nouveau le conduire devant la justice. Le ministère n’a même pas voulu prendre ce risque.

    Emilie Rive

    http://www.humanite.fr/article2764248,2764248

    Interview de Noam Chomsky

    Sur la politique étrangère d’Obama, sur sa propre histoire et sur l’importance de faire entendre son opinion.

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    AMY GOODMAN : le ministre de la Défense Robert Gates a rencontré des dirigeants des Emirats Arabes Unis et de l’Arabie Saoudite la semaine dernière pour obtenir leur soutien à une nouvelle série de sanctions contre l’Iran et son programme d’enrichissement d’uranium. Tandis que l’administration Obama intensifie ses efforts pour obtenir l’appui de la Russie et de la Chine pour durcir les sanctions, la France et la Finlande on laissé entendre que l’Union Européenne pourrait prendre des mesures unilatérales contre l’Iran si aucune résolution n’était adoptée à l’ONU.

    Tandis que les Etats-Unis, l’Union Européenne et Israel renforcent leurs pressions sur l’Iran, nous avons passé une heure en compagnie du linguiste et dissident mondialement connu, Noam Chomsky, dont la dernière conférence commence par une analyse critique de la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran. (…)

    Nous commençons par un extrait de sa conférence prononcée au Harvard Memorial Church à Cambridge, Massachussets.

    NOAM CHOMSKY : Il y a quelques jours, mon quotidien préféré, le London Financial Times, a identifié l’Iran comme le principal problème actuel en matière de politique étrangère pour Obama. L’article a été publié à l’occasion de l’échec d’Hillary Clinton à convaincre le Brésil de se joindre aux appels des Etats-Unis pour un durcissement des sanctions et de l’insistance du Président Lula à promouvoir les relations avec l’Iran, des relations commerciales, etc, en déclarant que l’Iran avait le droit d’enrichir de l’uranium pour produire de l’énergie nucléaire, comme tous les signataires du Traité de Non Prolifération.

    Bien entendu, l’article a aussi présenté la position de Lula comme une sorte d’anomalie. Pourquoi ne se joint-il pas à la communauté internationale, au reste monde ? C’est une coutume intéressante, très caractéristique de l’emprise de la culture impérialiste, car que désigne le terme de « communauté internationale » ? Si on regarde les choses de près, on se rend compte que la « communauté internationale » désigne en fait les Etats-Unis et tous ceux qui sont d’accord avec eux. Tous les autres ne font pas partie du reste du monde. Ils sont ailleurs.

    Il se trouve que dans le cas présent, la position de Lula correspond à celle de la majorité de la planète. Vous pouvez être d’accord avec ou pas, mais c’est la position, par exemple, des anciens pays du mouvement des non-alignés, de la majorité de pays du monde et de la grande majorité de leurs populations. Ils ont vigoureusement répété et défendu le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium pour des objectifs pacifiques, en rappelant que ce pays est signataire du Traité de Non Prolifération, ce qui lui accorde ce droit. Mais ils ne font pas partie du reste monde.

    Un autre groupe qui ne fait pas partie du reste monde est la population des Etats-Unis. Les derniers sondages que j’ai vus, publiés il y a deux ans, montraient qu’une grande majorité d’Américains pensaient que l’Iran avait le droit de développer une énergie nucléaire, mais pas une arme nucléaire, évidemment. En fait, selon ce sondage, sur tout un ensemble de sujets, les opinions exprimées par les Américains étaient pratiquement identiques à celles des Iraniens. Lorsque le sondage a été présenté à Washington lors d’une conférence de presse, le présentateur a fait remarquer que si les peuples avaient la possibilité de décider de la politique, les tensions et les conflits seraient probablement résolus.

    C’était il y a deux ans. Depuis, il y a eu une énorme masse de propagande autour de la menace iranienne, etc. Je suppose que si le sondage était effectué aujourd’hui, les chiffres seraient différents. Mais c’était en 2007, il y a trois ans. A un moment donné donc, les Américains ne faisaient pas partie du reste du monde. La majorité de la population mondiale n’en faisaient pas partie et Lula, en exprimant une opinion largement partagée, n’en faisait pas partie non plus. On pourrait rajouter aussi qu’il est probablement la personnalité politique la plus populaire de la planète, mais cela non plus n’a pas d’importance.

    Alors, que dire du conflit avec l’Iran et de la menace iranienne ? Une personne sain d’esprit ne voudrait pas voir l’Iran fabriquer des armes nucléaires. Personne, en fait. Sur cette question, l’accord est donc général. Et il y a effectivement un réel problème de prolifération d’armes nucléaires. C’est une affaire sérieuse. Et le discours d’Obama mentionne et insiste sur la nécessité de stopper la prolifération d’armes nucléaires et de réduire, et éventuellement éradiquer, de telles armes. Voilà pour le discours. Maintenant, voyons les faits.

    Tout est devenu clair il y a quelques mois. Une fois de plus, le Conseil de Sécurité (des Nations Unies) a adopté une résolution, le numéro 1887 - je crois que c’était au mois d’Octobre – qui critiquait l’Iran pour n’avoir pas respecté les exigences du Conseil de Sécurité et qui appelait tous les états à signer le Traité de Non Prolifération et à résoudre leurs conflits sans proférer des menaces de recourir à la force. Cette dernière partie de la résolution n’a pas vraiment fait la une des journaux pour une raison bien simple : elle s’adressait à deux pays, les deux pays qui menacent régulièrement de recourir à la force, à savoir les Etats-Unis et Israël. La menace de recourir à la force est une violation de la Charte des Nations Unies, pour ceux qui lui accordent encore la moindre importance. On n’en parle jamais. Mais pratiquement tout le monde – et je parle là de toutes les tendances politiques – emploie la phrase rituelle de « toutes les options sont envisageables ». Ce qui constitue une menace.

    Et la menace n’est pas une menace en l’air. Par exemple, Israël envoie ses sous-marins nucléaires, qui sont pratiquement indétectables, dans le Golfe, à distance de tir de leurs missiles nucléaires - Israël a beaucoup d’armes nucléaires – sur l’Iran. Les Etats-Unis et leurs alliés effectuent des exercices militaires dans la région, des exercices clairement dirigés contre l’Iran. Mais il y a un petit grain sable, parce que la Turquie refuse d’y participer, mais ils essaient de la convaincre. Nous avons donc affaire à des menaces, verbales et politiques. Israel envoie des sous-marins nucléaires et d’autres navires de guerre par le canal de Suez, avec l’accord tacite de l’Egypte, de la dictature egyptienne, un autre état de la région soumis aux Etats-Unis. Ce sont des menaces – répétées, verbales et concrètes.

    Ces menaces ont pour effet d’encourager l’Iran à développer un moyen de dissuasion. Qu’ils soient en train de le faire ou pas, je n’en sais rien. Peut-être qu’ils le sont. Mais s’ils le sont, la raison, et je crois que tout analyste sérieux serait d’accord, ce n’est pas parce qu’ils auraient l’intention d’utiliser des armes nucléaires. S’ils s’avisaient à ne serait-ce qu’armer un missile avec une tête nucléaire, c’est une hypothèse, le pays serait vitrifié en cinq minutes. Et personne ne croit que les religieux au pouvoir, quelle que soit l’opinion qu’on peut en avoir, ont des tendances suicidaires et veulent voir tout le pays, la société entière et tout leurs biens avec, partir en fumée. En fait, les hauts responsables des services de renseignement US, qui se sont exrpimés, estiment que la probabilité de voir l’Iran utiliser un jour une arme nucléaire est d’un pour cent, c’est-à-dire si faible qu’on ne peut pas vraiment l’estimer. Mais il est possible qu’ils développent de telles armes comme un moyen de dissuasion.

    Un des historiens les plus importants en Israel, Martin van Creveld, il y a quelques années, après l’invasion de l’Irak, a écrit dans la presse internationale qu’il ne voulait bien sûr pas voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire, mais que s’ils ne le faisaient pas, a-t-il dit, ils seraient fous. Les Etats-Unis venaient d’envahir l’Irak en sachant que le pays était sans défense. C’est une des raisons pour lesquelles ils se sont sentis en position de le faire. C’est facile à comprendre. Les dirigeants iraniens aussi le comprennent. Alors, pour citer van Crevels, « s’ils ne sont pas en train de développer une arme de dissuasion nucléaire, ils sont fous ».

    Qu’ils soient effectivement en train de le faire ou non est un autre débat. Mais il ne fait aucun doute que la position hostile et agressive des Etats-Unis et d’Israel constituent un facteur important pour les hauts dirigeants iraniens, pour décider ou non de développer une arme de dissuasion.

    (…)

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