Prison et écriture : haute surveillance, entretien avec Abdel Hafed Benotman

Par Jean-Hugues Oppel , Julienne Flory et Patricia Osganian

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Abdel Hafed Benotman, est écrivain et ancien prisonnier. Auteur de deux fictions à caractère autobiographique Marche de nuit sans lune (2008) et Éboueur sur échafaud (2003) ainsi que de deux recueils de nouvelles Les Forcenés (2000 - première édition en 1993) et Les poteaux de torture (2006), tous publiés aux éditions Rivages /Noir, il a passé dix-sept ans en incarcération. Résistant dans et hors les murs par la littérature, il a également créé, à l’extérieur de la prison, un journal à caractère militant intitulé l’Envolée. Il a accepté de retracer pour Mouvements un parcours tout autant do-miné par la conscience sociale que par l’insoumission.

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Refus de visa sanctionné en référé par le Tribunal administratif de Nantes : le MRAP exige que soit appliquée la décision de justice

Le consulat à Dakar refuse de se plier à cette décision !

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Le Comité local du MRAP de Brest a été saisi par Madame Madeleine Kantoussan, ressortissante sénégalaise, mère d’un ressortissant français résidant en France. Elle a déposé une demande de visa court séjour auprès du Consulat général de France à Dakar afin de venir en France et assister au mariage de son fils à Brest, avec une personne de nationalité française et voir son petit-fils de 10 mois.

Le Consulat de France a refusé de lui accorder son visa. Un recours a été formé contre cette décision auprès de la Commission nationale de recours de Nantes qui met habituellement plus d'un an pour se prononcer. Vu l'urgence, madame Madeleine Kantoussan a donc intenté une action en référé auprès du Tribunal Administratif de Nantes qui a rendu sa décision le 20 juillet 2010. Le juge administratif a enjoint au Consulat de France à Dakar de délivrer un visa à l’intéressée. Le Ministère de l’immigration, de l’intégration de l’identité nationale, et du développement solidaire a immédiatement formé un pourvoi en cassation. Celui-ci n’est pas suspensif et la décision du juge administratif est donc exécutoire : le consulat à Dakar refuse cependant de se plier à cette décision !

Le MRAP, qui soutient cette mère et les futurs époux français, considère que cette situation est extrêmement grave car un Ministère refuse d’appliquer une décision de justice alors même que le recours exercé ne revêt pas de caractère suspensif.

La décision du consul porte atteinte à l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui consacre le droit au respect à la vie privée et familiale  : la mère d’un ressortissant français est ainsi empêchée d’assister au mariage de son fils et au baptême de son petit-fils. Le MRAP demande à Monsieur Eric Besson, ministre de l’immigration, ainsi qu’ au consul de France à Dakar, d’attribuer au plus vite un visa de court séjour à Mme Madeleine Kantoussan, conformément à l’article 8 CEDH et aux obligations internationales de la France.

Paris, le 28 juillet 2010.

http://www.mrap.fr/

Les squatteurs de La Courneuve délogés jusque dans la rue

190 adultes et 49 enfants squattaient des appartements d'une tour de La Courneuve vouée à la démolition. Expulsés, ils ont été empêchés par les policiers de camper dans la cité. «C'est la première fois qu'on voit une telle violence avec des femmes et des enfants», s'indigne Droit au logement (DAL).


Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
envoyé par Mediapart. - L'info video en direct.

Concert Rock Sans-Papiers

Paris Bercy  - Samedi 18 septembre 2010

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http://www.rocksanspapiers.org

Barbarie ordinaire au Cameroun à l’encontre des filles

C'est une pratique devenue courante au Cameroun. Les mères des jeunes Africaines mutilent les seins de leurs filles avec des pierres brûlantes et du charbon ardent. Le but? Les protéger des hommes et plus particulièrement des violeurs. C'est ce qui en ressort d'un documentaire impressionnant.

Africannewslive.com

L'incantation sécuritaire cible les « gens du voyages »

« Nous serons intraitables », « Il n'y aura plus d'excuses », « Nous allons éradiquer », « J'ai donné l'ordre de… », « Une nouvelle loi sera votée bientôt », etc.

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(…) Le comble est que cette instrumentalisation intervient alors que la France vient d'être condamnée par le Conseil de l'Europe. Dans une résolution du 30 juin 2010, le Conseil relève notamment les problèmes suivants :

Création d'un nombre insuffisant d'aires d'accueil ;

Mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d'accueil ;

Accès insuffisant au logement des gens du voyage sédentarisés ;

Procédures d'expulsion qui peuvent être mise en œuvre la nuit ou en hiver et comporter des violences injustifiées ;

Discriminations liées à la loi du 3 janvier 1969 notamment concernant le droit de vote ;

Manque de moyens mis en œuvre pour lutter contre l'exclusion sociale ;

Difficultés d'accès au logement des Roms migrants en situation régulière. “ (…)

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La garde à vue superflue, une spécialité française critiquée

Face à l'explosion du nombre de gardes à vue, plusieurs avocats ont saisi ce mardi les Sages du Conseil constitutionnel.

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“Le nombre de garde à vue (GAV) ayant beaucoup augmenté en France ces dernières années avec près d'un million de personnes gardées à vue en 2009, le régime fait polémique.

Nombre d'avocats déplorent d'avoir à « tenir lieu d'assistante sociale » : ils peuvent en effet assister leur client que pendant les trente premières minutes de la procédure, mais sans avoir accès au dossier, et une fois ce temps écoulé, ils ne les revoient pas avant vingt heures. Ils dénoncent également l'inflation de gardes à vue injustifiées et réclament un alignement de la France sur le régime
des pays voisins.

Une présence plus soutenue de l'avocat est à l'étude place Vendôme. Mais les avocats jugent la réforme insuffisante. Deux cent requêtes ont été déposées devant le Conseil constitutionnel (qui peut depuis le 1er mars être saisi par de simples particuliers). Vous pouvez consulter les vidéos de l'audience devant le Conseil sur le site de la juridiction.

Très mobilisé sur la question, l'ancien bâtonnier du barreau de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, dénonce l'inflation des gardes à vue superflues. Notamment en matière de délits routiers.” (…)

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Le centre de rétention de Lyon, nouveau camp de vacances d’été pour enfants et adolescents

Communiqué de presse Réseau Education sans frontières

“ (…) Le 7 juillet dernier, le préfet d’Isère fait arrêter Zinaida et David à leur domicile ainsi que le petit Georgi, 8 mois, leur fils né en France. L’enfant est souffrant ? Peu importe. Le père est atteint d’hépatite C (contractée lors de transfusions consécutives aux représailles de sa famille) ? Il devait subir une intervention chirurgicale dans les prochains jours ? On s’en moque. La mère est enceinte ? Et alors ?

Comme c’est de plus en plus fréquemment le cas, l’expulsion est prévue pour le lendemain même. Elle est heureusement bloquée par un avocat qui dépose un recours en urgence mais le Juge des libertés et de la détention et le tribunal administratif de Lyon ne voit rien à redire à la position de la préfecture

Depuis lors, la famille, le bébé pleurant sans cesse, croupit en prison administrative. Dans les conditions de confort matériel et moral qui font le charme des lieux de privation de liberté en France. Tant et si bien que le 16 juillet, Zinaida est prise de douleurs. Elle est transportée à l’hôpital qui diagnostique une fausse couche en cours. Aucun problème : elle est ramenée au centre de rétention où elle peut, dans les meilleurs conditions matérielles et morales, conduire sa fausse couche à terme entre son fils souffrant et son mari malade ! “ (…)

RESF appelle tous les citoyens que cette situation révolte à réagir auprès de la préfecture de l’Isère et du gouvernement.

http://www.educationsansfrontieres.org/article30837.html

"Médiapart": une marque, la consécration du journalisme d'investigation numérique

par Capucine Cousin

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“La consécration. Depuis quelques semaines, dans le cadre de l'affaire Bettancourt, dont il a fait une affaire Woerth-Bettancourt, en publiant le 16 juin des enregistrements de conversations très perso de Liliane Bettancourt,Mediapart marque un nouveau tournant pour la presse en ligne. Et, en égrenant les scoops au fil des jours, se distingue de ses petits camarades "pure players du web", Rue89, Bakchich...

Journaliste d'investigation en ligne

Car au fil des jours, il a vu ses abonnements en ligne augmenter, chaque jour, grappillant jusque 300 nouveaux abonnés par jour. Aux dernières nouvelles, il compterait près de 30 000 abonnés à la version payante de son site (5 000 nouveaux abonnés depuis le début de l'affaire), contre 2 500 début mai, comme me le précisait alors son rédac' en chef Bruno Bonnet.

Du coup, le site d'infos créé par Edwy Plenel s'est d'autant plus légitimé comme site de journalisme d'investigation à l'ère du numérique. Et s'est même imposé comme marque média (comme le soulignait Alain Joannes), étant relayé par les médias classiques (radios, télés, presse écrite). Avec des valeurs telles que l'indépendance vis-à-vis du pouvoir, l'enquête. Et du coup, est devenu connu du grand public.” (…)

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Les personnels de la recherche publique mis en situation de conflit d’intérêts par leur ministre

Communiqué des syndicats des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche de Solidaires, Sud Éducation et Sud Recherche EPST

“ Vous voulez gagner plus ? Servez-vous dans la caisse de vos labos ! C’est en substance le message que vient d’adresser la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche à ses agents...

Le 7 juin 2010 est paru au JO le décret 2010-619 instaurant la Prime d’Intéressement Collectif (PIC). Dorénavant, les universités, les organismes de recherche « peuvent faire bénéficier leurs personnels d’un intéressement à la préparation, à la réalisation et à la gestion d’opérations de recherches, d’études, d’analyses, d’essais, d’expertise effectuées aux termes de contrats et de conventions passés par eux ou en contrepartie de dons et legs qu’ils reçoivent. » Jusqu’à 50% du montant restant sur les contrats, après leur exécution, pourront être distribués aux agents...

L’instauration de cette nouvelle prime, après la PES (prime dite « d’excellence scientifique »), confirme qu’en lieu et place des indispensables revalorisations de salaires et de carrières attendues, le gouvernement n’a que des expédients à proposer, allant vers une individualisation croissante de la rémunération, en totale contradiction avec les fondements même du service public : l’égalité de traitement entre les agents et l’indépendance de leurs missions.

Avec cette « Prime d’Incitation aux Contrats », une nouvelle étape est franchie dans la double volonté du gouvernement de faire piloter la recherche publique par la demande externe et de permettre à l’État de se désengager budgétairement, y compris de la rémunération de ses propres fonctionnaires.

Cette PIC est porteuse de nombreuses dérives et d’effets pervers inévitables :
- orientation des recherches vers les sujets susceptibles d’être les plus « rémunérateurs », au détriment de l’intérêt public ;
- incitation des équipes de recherche à rechercher des contrats avec les « meilleurs clients » au détriment du développement de partenariats avec des acteurs publics ou privés moins « intéressants » au plan financier ;
- renforcement des situations de subordination vis-à-vis des directions ou des présidents d’université qui seront les instances décisionnelles d’attribution de cette prime ;
- incitation des équipes de recherche à ne pas dépenser toute l’enveloppe de crédits prévue initialement — sur le dos des moyens de fonctionnement des laboratoires et des personnels en CDD — pour se constituer un reliquat aussi consistant que possible à se partager à la fin du contrat.

Du fait de l’insuffisance des crédits de base des laboratoires, les personnels de la recherche publique sont contraints à trouver des financements externes pour pouvoir travailler. Avec l’instauration de la PIC, ils seront en outre placés dans un permanent « conflit d’intérêt » entre les moyens de fonctionnement de leurs laboratoires et leurs propres portefeuilles. C’est un scandale.

Nous rejetons ces systèmes de primes individualisées et perverses et nous réitérons nos demandes d’ouverture de véritables négociations sur la revalorisation des salaires et des carrières des personnels. Cette revalorisation doit être financée par une augmentation de la subvention de l’État aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche afin de garantir l’indépendance et le bon fonctionnement de la recherche publique. “

> source

Soutien à Kodi

Comité de soutien à Claude-Michel Wilfrid, dit Kodi

Destinataire : Préfet de l'Hérault

Kodi a été grièvement brûlé pendant le tremblement de terre de janvier 2010 en Haïti.
D'abord soigné en Guadeloupe, il a été transféré en métropole dans le centre Ster de Lamalou-les-Bains.
Depuis avril, il a fait de grand progrès.
Il a hâte de pouvoir retrouver les siens, mais, pour l'heure, doit tout faire pour recouvrer la santé.
Si on ne peut donner de date de guérison, on sait que les brûlés ont besoin de soins sur le long terme.
Le départ de Kodi était programmé le 13 juillet.
Grâce à une première action de soutien, il a vu son départ retardé au 3O juillet.
Si cette date correspond à la limite administrative de son autorisation de séjour sur le territoire, elle n'est en aucun cas synonyme d'autonomie retrouvée pour Kodi.
Nous, signataires, demandons par conséquent:
que les critères médicaux prévalent sur les décisions administratives ;
et que Claude Michel Wilfrid, dit Kodi, puisse rester sur le sol français jusqu'à rétablissement.

Reconnaissance de l’homoparentalité par la Cour de Cassation : une avancée pour mieux marquer le retard de la France

Communiqué de SOS homophobie

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“ La Cour de Cassation a publié un arrêt notable le jeudi 8 juillet 2010, reconnaissant le partage de l’autorité parentale à un couple de femmes. Ce jugement n’a pu être possible que parce que les deux femmes, l’une de nationalité française, l’autre de nationalité américaine, étaient déjà reconnues comme les deux parents légaux de l’enfant par la cour suprême du comté de DeKalb, en Géorgie, aux Etats-Unis, où elles résidaient quand leur enfant est né. SOS homophobie se félicite de la publication de cet arrêt.

Cette décision fait suite à une procédure de trois ans au cours de laquelle les deux femmes ont vu leur demande d’exequatur du jugement d’adoption - la reconnaissance du jugement américain en France - rejetée par deux fois : par le tribunal de grande instance de Paris, puis par la cour d’appel de Paris. La Cour de Cassation a, cette fois-ci, ordonné la reconnaissance de la décision du tribunal de DeKalb.

Cette avancée notable est cependant à nuancer sur deux points : d’une part, le fait que l’égalité des droits, par manque de courage et de volonté politique, n’avance quasiment plus depuis dix ans en France, si ce n’est devant les tribunaux. SOS homophobie regrette que la lente reconnaissance des couples homosexuels et des familles homoparentales ne soit pas le fruit de décisions politiques, ce qui a des conséquences désastreuses pour des milliers de couples et familles qui n’ont pas de reconnaissance juridique de leur situation. Faut-il que le droit étranger avance pour que, par des procédures kafkaïennes, certains éléments soient reconnus sur le sol français ? Et au prix de quels efforts ?

D’autre part, ce jugement n’a été possible que parce qu’il s’agissait de reconnaître sur le territoire français une décision juridique étrangère. Le même jour, la Cour de Cassation a publié un autre arrêt... refusant d’accorder le partage de l’autorité parentale à un couple de femmes françaises, estimant qu’il n’est pas dans l’intérêt supérieur de l’enfant d’avoir deux mères ! Nous sommes donc dans une situation contradictoire où une famille homoparentale reconnue à l’étranger peut l’être en France, mais où l’Etat français ne reconnaît toujours pas l’homoparentalité pour ses ressortissant-e-s. Il est des avancées qui font ressortir, en creux, un retard engoncé dans des conservatismes idéologiques. SOS homophobie ne peut que condamner la passivité de l’Etat français en la matière, et demande une nouvelle fois l’égalité des droits totale entre tous les couples, hétérosexuels et homosexuels. “

Pendant ce temps “l’enseignement catholique poursuit ses nouvelles implantations”

Louise Fessard, Mediapart, 7 juillet 2010

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Extrait :

“ Car, dans la dynamique du plan Espoir banlieues de 2008, qui a vu Xavier Darcos encourager l’ouverture de classes privées en banlieue, l’enseignement catholique poursuit ses nouvelles implantations. « Avec l’histoire du plan Espoir banlieues et le coup de pouce permanent de l’Etat qui prend systématiquement en exemple l’école privée catholique, le temps est plutôt aux marchands d’école et cela n’a pas n’échappé à l’enseignement catholique », estime Laurent Escure, secrétaire général du Cnal.

L’enseignement catholique a ainsi récemment ouvert plusieurs établissements destinés à un public plus populaire et notamment le lycée Notre-Dame-de-la-Viste installé en 2008 dans les quartiers nord de Marseille, l’institut Paul-Ricœur, qui ira bientôt de la primaire au lycée, créé en 2006 à Louvres, dans le Val-d’Oise, et le lycée Jean-Paul-II ouvert à la rentrée 2009 à Sartrouville, dans les Yvelines. « Nous sommes très populaires aujourd’hui, se réjouit Fernand Girard. Au dernier congrès de l’Apel (Association des parents de l’enseignement libre), il n’y avait pas beaucoup de parents cadres ! » “

> lire l’article

Italie. «Journée du silence» dans les médias

Pour protester contre «la loi-bâillon», journaux, télés et radios se sont mis en grève hier.

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“ Hier matin dans toute l'Italie, dès 7 h, les agences d'information se sont arrêtées et les sites internet des quotidiens ont cessé d'être actualisés. Le Corriere della Sera, la Repubblica ou la Stampa, ainsi que la quasi-totalité des journaux à grand tirage, étaient absents des kiosques. Les journalistes des chaînes de télévision, des radios et de la presse ont plongé l'Italie dans leur «journée du silence». Le monde des médias transalpins entendait ainsi protester contre le projet de loi du gouvernement de Silvio Berlusconi concernant l'interdiction, sous peine d'amende et de prison, de diffuser des écoutes ou des enregistrements audio et vidéo pendant une enquête judiciaire. Adopté au Sénat le 10juin, ce projet de loi, dite «loi-bâillon» par ses détracteurs, doit encore être approuvée par les députés. Silvio Berlusconi le défend au nom du respect de la vie privée et des droits de la défense.
Une tentativede museler la presse?
L'opposition de gauche et la majorité des grands médias voient dans ce projet une tentative de museler la presse et d'empêcher la divulgation d'informations embarrassantes pour le chef du gouvernement. Selon eux, ce texte aurait permis d'étouffer des affaires comme celle qui touche actuellement le chef de la Protection civile Guido Bertolaso, un protégé de Silvio Berlusconi, soupçonné de corruption dans l'attribution de marchés publics, et qui a déjà coûté son poste au ministre du Développement économique. Ce texte fait également l'objet d'attention hors d'Italie. Selon la commissaire européenne en charge de la Justice, Viviane Reding, l'UE suit «avec attention» son évolution et veillera au respect de «la liberté de la presse».”

Source : le telegramme

Une nuit en cellule parce que sa « tête est pleine de cheveux »

Rue 89 *** Seydou Niang, Sénégalais, est consultant en France pour Tostan, une ONG qui favorise le développement durable en Afrique. Il fait des allers-retours fréquents entre Paris et Londres, où vit sa femme. Dans la nuit du 24 au 25 juin, alors qu'il rejoint la Grande-Bretagne en car, un contrôle d'identité le conduit en prison.

“Jeudi soir dernier, j'avais hâte de retrouver chez elle, à Londres, ma femme Sarah, enceinte de huit mois. Je suis monté avec impatience dans le bus de nuit Eurolines qui quittait Paris en fin de soirée. Nous avons atteint la frontière française à Calais vers 1 heure du matin. Je m'attendais aux questions de routine auxquelles mes allers-retours m'ont habitué ; j'étais loin d'imaginer ce qui allait se passer…

Selon les cinq policiers qui contrôlaient les pièces d'identité, visas et permis de séjour des passagers, le passeport que je leur présentais n'était pas à moi : ils étaient persuadés que les photos figurant sur mes visas n'étaient pas les photos de l'homme qu'ils dévisageaient. J'ai tenté de les convaincre que ces papiers étaient bien les miens. Rien à faire.

« On m'a menotté, on m'a installé dans une voiture de police »

Ils m'ont fait descendre du bus. Ils ont voulu me faire signer un procès-verbal selon lequel je reconnaissais être en possession de documents illégaux. Je suis resté le plus calme possible mais dans ma tête, ça tournait de plus en plus vite. J'ai lu avec attention le papier qu'on me fourrait dans la main : quand j'ai compris ce que ça signifiait, j'ai refusé avec force.

« Tu vas partir en garde à vue pour 24 heures, le temps qu'on vérifie tes mensonges ! »

On était passé au tutoiement.

« Je n'ai pas le choix, faites ce que vous voulez, mais ce passeport est le mien. »

- « Tu as le droit d'appeler une personne de ta famille en France pour la prévenir. »

- « Ma femme est en Angleterre, en France j'ai mes collègues… »

- « Non, non, juste quelqu'un de ta famille. Si tu n'as pas quelqu'un de ta famille en France, signe là. »

On m'a tendu un papier où il était écrit que je ne souhaitais contacter ni mes parents ni mes employeurs. J'ai encore refusé. Je serrais les dents, mon estomac était une boule dure écrasée au fond de mon ventre. Mon cerveau tapait à toute force contre les parois de mon crâne. J'ai pensé très fort à tous ceux qui échouent ici sans connaître un mot de français.

On m'a fait passer les mains derrière le dos, on m'a menotté, on m'a installé dans une voiture de police. Dans la nuit humide de Calais, je suis allé en prison pour la première fois de ma vie.

« Je me suis accroché à ma dignité comme à une bouée »

Du fond de la cellule, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Entre des murs insalubres, une chambre de 3 mètres sur 4 : un banc en ciment, des couvertures à l'odeur fétide. Les toilettes, au centre de la pièce, protégées de la vue par une barrière de 50 centimètres de haut, étaient nauséabondes. Dans ce monde-là, les caméras de surveillance traquent le moindre centimètre carré ; depuis le poste de contrôle, la sentinelle peut observer jusqu'aux hommes qui défèquent.

Pendant les heures qui ont suivi, je me suis accroché à ma dignité comme à une bouée. J'ai pensé à ma famille, à mes amis, aux gens que j'aime. A mon travail avec Tostan, aux droits humains. A ma venue en Europe. Aux miens au Sénégal, à ma terre du Fouta, à mon village : mais j'ai tout vu, j'ai tout entendu, j'ai tout senti, du fond de la cellule.

Les matins ordinaires, je me réveille à l'odeur chaude du café que fait couler mon colocataire, j'envoie un message à ma femme. Je prépare mon sac pour la journée, je monte dans le RER qui m'amène au centre de Paris.

Mais ce matin-là n'était pas un matin ordinaire ; j'étais en prison. Une main s'est glissée furtivement derrière la porte de ma cage ; on m'a jeté ma nourriture comme on jette sa pitance à un chien.

Ensuite, ce fut l'audition. Cinq policiers, quatre hommes et une femme, ont voulu m'intimider. Perchés sur leurs certitudes, ils éructaient en me toisant ; mais c'étaient eux qui étaient enragés. En vain, j'ai juré sur tous les saints que je leur disais la vérité. Ils ont fait venir un physionomiste qui m'a reconnu sur les photos de mon passeport ; ils n'étaient toujours pas convaincus.

En direction des policiers, j'ai articulé :

« Si vous étiez des professionnels comme lui, vous auriez reconnu que je suis l'homme qui est en photo sur mon passeport.

- Nous sommes des professionnels, c'est pour ça qu'on sait que ce n'est pas toi. »

On m'a traîné dans une pièce adjacente et on m'a photographié sous tous les angles, comme un criminel. J'avais juste envie que ça s'arrête. Au point de leur donner raison, de les laisser m'envoyer au Sénégal, pour que cet enfer se termine. J'étais à bout.

« Ta tête est pleine de cheveux, il faut te raser »

Ils ont fini par appeler un procureur, qui a examiné mon dossier et m'a fait relâcher.

« Ok, on voit que c'est bien toi », m'a lancé la policière. « Mais tes photos ne sont pas claires, nous on t'a vu différemment. Ta tête est pleine de cheveux, il faut te raser. »

A 11h30, j'étais officiellement libre. J'ai dû repartir dans la pièce infecte où j'avais passé la nuit, le temps qu'arrive la patrouille pour me ramener à la gare. J'ai insisté pour qu'on ne ferme pas la porte derrière moi : j'étais un homme libre. A midi, on m'a déposé à la gare routière de Calais. Je n'avais pas un papier, rien pour prouver ma détention.

« Débrouille-toi pour continuer sur Londres, maintenant. »

Londres, j'y suis arrivé tard dans la soirée. J'avais été déclaré disparu par ma femme, folle d'inquiétude : mes collègues à Paris avaient tenté toutes les démarches possibles pour avoir de mes nouvelles. Les policiers anglais, que Sarah avait contactés après plusieurs heures d'attente, avaient appelé leur homologues français de Calais au moment où j'étais en garde à vue, pour leur demander s'ils me détenaient : on leur a répondu non.

J'ai été blessé : j'étais révolté. Aujourd'hui, j'ai puisé dans ma colère pour vous raconter cette histoire, une histoire toute simple de dignité bafouée, pour que vous sachiez ce qui peut arriver quand on prend le bus de Paris à Londres et qu'on a la tête pleine de cheveux.

Source : Rue 89

Les enseignants-chercheurs refusent de candidater à la Prime d’Excellence Scientifique

Lettre-type à l’initiative de Sauvons La Recherche

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La campagne d’attribution de la Prime d’Excellence Scientifique a démarré ou va démarrer dans les universités. Voici une lettre-type que les enseignants-chercheurs peuvent adresser à leur président d’université, au président de la CP-CNU et au président de la section CNU concernée (tous les renseignements sur les noms et adresses sur le site : http://www.cpcnu.fr/accueil.htm).

"Monsieur le Président,

La prime d’excellence scientifique instituée depuis Juillet 2009 sous le prétexte de rendre plus attractive la carrière et la rémunération des enseignants-chercheurs et des chercheurs va à l’encontre de ce qui fait l’essence de notre métier d’enseignant-chercheur.

Notre travail à l’université, qu’il s’agisse de la recherche ou de l’enseignement, est avant tout un travail collectif. Chacun bénéficie du travail de tous et tous bénéficient du travail de chacun. Le système de primes prétendument « au mérite » que met en place progressivement le gouvernement ne peut que casser, à terme, cette dynamique, en instaurant un climat délétère de concurrence et de clientélisme malsains. En fin de compte, cela aboutira à la lassitude de ceux, même discrets, dont la conscience professionnelle et l’investissement permettent le fonctionnement de nos institutions.

L’ancienne Prime d’encadrement doctoral et de recherche (PEDR) pouvait se justifier parce qu’elle était attribuée avant tout pour des activités d’encadrement doctoral et que les personnels concernés devaient « souscrire l’engagement d’effectuer, en plus de leurs obligations statutaires, une activité spécifique en matière de formation à la recherche et par la recherche pendant quatre ans ». Elle n’en était pas moins très contestable dans son attribution.

La mise en place de la PES ne répond de plus en rien aux demandes de revalorisation des salaires de l’ensemble des personnels de l’enseignement supérieur, et ses critères et modalités d’attribution, différents d’une université à l’autre, ne pourront prendre en compte toutes les situations, excluant, de fait, des enseignants-chercheurs tout aussi méritants que les bénéficiaires désignés. Sans parler du jugement de valeur sous-entendu par la référence à l’excellence : si vous n’avez pas la PES, vous êtes forcément nuls.

C’est pourquoi j’ai décidé de refuser de déposer une demande de PES.

J’appelle également tous mes collègues à refuser de s’engager dans un tel processus d’individualisation des rémunérations dont on ne peut que prévoir qu’il génère des effets délétères sur l’organisation collective de la recherche et de l’enseignement.

Veuillez agréer etc.."

Violence gouvernementale contre les mouvements pédagogiques

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques et du GFEN - Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants détachés dont nous disposons.

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La pédagogie serait-elle devenue à moitié inutile ? Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants employés dans nos deux associations dès la rentrée de septembre.
Depuis des dizaines d’années, nos deux mouvements pédagogiques ont produit un travail considérable en contribuant à la réflexion sur les apprentissages, à la formation des enseignants, à la promotion d’innovations en faveur d’une meilleure école. Une part importante de ce travail repose sur l’action militante de bénévoles, des adhérents de nos associations, de tous les acteurs du monde éducatif qui nous soutiennent, mais il dépend également de quelques enseignants mis à disposition par le ministère, quatre pour nos deux associations.
Ces moyens humains sont essentiels pour assurer la pérennité de nos activités. Il en va de la survie même de nos associations. Mais ils sont dérisoires à l’échelle d’un ministère employant des centaines de milliers de personnes. La décision de supprimer la moitié de ces postes ne peut qu’être interprétée que comme un acte d’hostilité à l’égard des mouvements pédagogiques. L’annonce de cette décision le vendredi 2 juillet avec effet au mois de septembre ne peut que nous contraindre à une réduction brutale de nos activités.
L’école a besoin de pédagogie, a besoin des mouvements pédagogiques. Nous demandons instamment au ministère de l’Éducation nationale d’au moins suspendre cette décision.

Philippe Watrelot, CRAP-Cahiers pédagogiques
Jacques Bernardin, GFEN

Pour tout contact :
philippe.watrelot@cahiers-pedagogiques.com

http://www.cahiers-pedagogiques.com/

Augmenter policeDiminuer policeTexte seulement

Rue du Chevaleret à Paris, mobilisation d’une centaine de policiers pour… un flagrant délit de vente de Tours Eiffel miniatures !!

Par Pascal Riché 

“Mardi 29 juin, sous les protestations des riverains, une opération de police mouvementée s'est déroulée dans un foyer Sonacotra de la rue du Chevaleret, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Le prétexte de l'opération ? Un flagrant délit de vente de Tours Eiffel miniatures.

Pendant six heures, selon des témoignages recueillis par le PCF, la police empêche les résidents d'entrer ou de sortir. Plusieurs résidents auraient été arrêtés, et quatre portes auraient été fracturées.” (…)

> suite sur Rue89

Un détenu se suicide trois jours après un refus d'hospitalisation

Par Laure Heinich-Luijer | Avocate | 04/07/2010

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Pinel délivrant les aliénés à la Salpêtrière en 1795 par Tony Robert-Fleury.

“L'effet de vases communicants est flagrant : les hôpitaux psychiatriques se vident de leurs lits et les prisons se remplissent de personnes atteintes de troubles mentaux. Les psychiatres défroquent-ils leur blouse blanche ?

Ils semblent en tous cas s'accorder avec les politiques sur le fait que les pathologies mentales ne doivent pas permettre l'immunité judiciaire. A peine 1% des expertises psychiatriques concluent à l'abolition du discernement des mis en cause et donc à leur irresponsabilité pénale.

Les experts deviennent ainsi la caution « scientifique » des décisions d'emprisonnement comme les avocats sont l'alibi de la procédure pénale.

La société, informée par quelques faits divers sur-médiatisés et utilisés à des fins sécuritaires, porte le fantasme du tout carcéral contre le rien psychiatrique que représenterait l'hospitalisation d'office. Cela arrange nécessairement quelques praticiens qui ont, et on les comprend, peur des agressions et des évasions à l'hôpital.

Le centre pénitentiaire de Liancourt serait-il le reflet de ce tout carcéral, de ses dérives et de ses drames ? La prison est en tout cas à l'image de la statuette des trois singes que l'on voit dans le bureau de la DRH de l'hôpital de Clermont-de-l'Oise, dont dépend la centre pénitentiaire, avec les mains sur les yeux, la bouche et les oreilles. Pour les psychologues qui y travaillent, cette statuette symboliserait-elle le seul moyen de conserver leur emploi ?” (…)

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Essais nucléaires français dans le Sahara : “Des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux”

Par Arab Chih (liberte-argerie.com)

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“ “Ce crime impuni que sont les essais nucléaires français dans le Sahara algérien sera un jour puni.” Cette phrase pleine de détermination est de l’avocate Fatma Benbraham, membre du Comité reconnaissance, indemnisation et mémoire des essais nucléaires français au Sahara algérien (Crimes) qui s’emploie à amener, un jour, la France à assumer son passé colonial en Algérie. Lors d’une rencontre organisée hier au forum d’El Moudjahid, Mme Benbraham dit détenir l’arme fatale pour traîner la France devant la cour pénale internationale : le traité de Rome et l’article 8 du droit international. “Le temps est venu de dresser des tribunaux internationaux pour juger les crimes coloniaux”, s’écrie-t-elle. Elle dit détenir plusieurs documents battant en brèche tous “les mensonges” entretenus par la France à propos de ce dossier. Elle cite un document secret de 256 pages démentant les assertions françaises quant à l’inexistence d’essais pour une bombe H. “Les militaires français ont menti à leurs troupes et à la population française”, s’est-elle offusquée.” (…)

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C’est un flic qui le dit

“L’histoire contemporaine de la délinquance est amnésique, elle se raconte sur les pages rédigées d’avance d’un futur sécuritaire, avec un maigre argumentaire constitué d’une indigestion de faits divers.” (Bénédicte Desforges)


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Extrait de “Violence : info et intox (3/3)” :

“(…) Les policiers n’ont pas une vision macroscopique de la délinquance, mais une observation très précise de ses formes et ses modalités là où ils exercent.
Ils peuvent témoigner de certaines formes de radicalisation de la violence, notamment à leur encontre. La preuve la plus infecte que cette option prise sur la gestion de la sécurité et de la paix publiques est une impasse.
Plus que jamais, la police de proximité fait défaut. Contrairement à ce qui est plaidé, préconisé, annoncé, vidéosurveillance, drones (!), etc, plus la situation s’envenime et plus une police de proximité serait nécessaire. Ou plus exactement l’état d’esprit qui animait cette orientation. La police, c’est par définition de la proximité. Dès lors qu’on fait une partition des missions policières, c’est de la politique.
Et c’est en partie pour cela que les relations police/population n’ont cessé de se dégrader.
La police se trouve au cœur de la réalité des effets de la férocité sociale, économique, et la délinquance. Même s’il se trouve aujourd’hui des idéologues pour affirmer qu’il n’y a pas de lien entre la délinquance et la précarité…
La police doit absorber toutes les conséquences de la politique sécuritaire.
Intrinsèquement par l’application de la culture du résultat qui va constituer la matière première d’une statistique dopée, et les effets pervers qu’elle génère en interne (esprit de compétition, course au bâton, à la prime au mérite, etc). Mais aussi - le désengagement de l'État en matière de sécurité est limpide - par la baisse de ses effectifs, par un recrutement anémique qui souffre de trop de jeunesse, un encadrement qui prend ses distances avec la base, par une déprime qui se généralise moins à cause du contexte professionnel que de son malaise interne.
Et face à une population de plus en plus hostile, dans une sorte d’engrenage réciproquement haineux, avec qui la communication n’est pratiquement plus possible. (…)”
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Grande-Bretagne : « La prison, ça ne marche pas »

Le ministre de la Justice britannique, Ken Clarke, veut vider les prisons et encourager les peines alternatives. Un revirement de politique pour les conservateurs.

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“Le gouvernement britannique de centre droit va-il mener une politique pénale de gauche ? Les projets du ministre britannique de la Justice, Kenneth Clarke, pour réduire la surpopulation carcérale et lutter contre la récidive provoquent déjà une petite révolution.

Avec 85 000 détenus, l'Angleterre et le pays de Galles ont l'un des taux d'incarcération les plus élevés d'Europe. C'est deux fois plus qu'en 1992, lorsque Ken Clarke était ministre de l'Intérieur. Ce doublement est « sidérant », a estimé le vieux routier conservateur, mercredi 30 juin, devant le Centre d'études sur la criminalité et la justice, à Londres :

« Cette approche coûteuse et inefficace a échoué à transformer des criminels en citoyens respectueux de la loi. Ma priorité est la sécurité des Britanniques. Mais se contenter d'enfermer de plus en plus de gens plus longtemps sans chercher activement à les changer est digne de l'Angleterre victorienne. »

Ken Clarke veut en finir avec la politique du chiffre. Il s'apprête à annuler la construction de cinq nouvelles prisons approuvée par le précédent gouvernement travailliste. Il veut aussi revoir la politique pénale pour les courtes peines, en privilégiant la réinsertion à travers des peines alternatives, du style travaux d'intérêt général.” (…)

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