par Luc Douillard
“ Le saviez-vous ? Après l’ouragan Katrina, tous les enseignants de la Nouvelle-Orléans ont été collectivement licenciés ! C’est l’une des informations issues d’un reportage très intéressant de Lorraine Millot, paru samedi dernier 28 août 2010 dans le supplément magazine de Libération.On découvre ainsi comment des autorités publiques ultra-capitalistes peuvent utiliser une calamité naturelle (dont elles d’ailleurs sont en grande partie responsable, par non entretien des digues) pour démolir cyniquement les services publics, à commencer par cet hôpital qui soignait les pauvres dépourvus de protection sociale, dont Le Monde avait parlé si fortement il y a cinq ans. http://lucky.blog.lemonde.fr/2005/09/19/2005_09_exemplaire_hist/
En ce qui concerne l’éducation publique à La Nouvelle-Orléans, comment a-t-on pu licencier tous les personnels ?
Il serait bon de se poser la question, ici même en France, où le personnel enseignant est en voie de grande précarisation morale et matérielle.
D’abord, il a fallu stigmatiser les résultats de l’éducation publique, et pour cela, il suffit de brandir le baromètre des “évaluations standardisées”, celles qu’on introduit actuellement en France, afin officiellement de mesurer la réussite des élèves (mais par quels biais rudimentaires et anti-culturels !), c’est-dire, ne le répétons jamais assez, afin d’évaluer et donc de dévaluer les équipes éducatives.
Ce qui donne à la Nouvelle Orléans ce tableau clinique - un exemple pour Chatel ? - qui n’est pas sans évoquer les prétentions ultimes du sarkozysme :
- Des locaux scolaires vendus servant à la spéculation privée pour attirer des habitants moins pauvres,
- Des enseignants tous virés, tous humiliés, et de nouveaux embauchés, taillables et corvéables, recrutés très jeunes, qui ont l’air d’avoir “à peine 20 ans”,
- Des écoles privées (”charter schools” !) fonctionnant avec des fonds publics,
- Des objectifs chiffrés de réussite scolaire, irréalistes et démagogiques,
- Des dotations en matériel informatique flambant neuf (et vite périmé), mais des effectifs de classes très fortement augmentés…
Cela ne vous évoque rien ? "
Bonne rentrée ! “
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