Des députés UMP veulent obliger les maires à vidéosurveiller leurs habitants

Guillaume Champeau

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“Une proposition de loi signée notamment par Christian Vanneste (UMP) prévoit d'imposer aux communes l'obligation d'installer des caméras de vidéosurveillance dès qu'elles dépassent 3500 habitants. Sinon, elles devront payer des amendes.

Au début de l'année, nous avions vu comment un amendement à la loi Loppsi proposé par Brice Hortefeux visait à imposer aux communes l'installation de solutions de vidéosurveillance. Il donnait aux préfets le pouvoir de faire réaliser des études de sécurité sur les besoins en matière de "vidéoprotection", et de faire installer de force les caméras lorsque ces études concluaient qu'elles étaient nécessaires. Devant l'hostilité parlementaire, l'amendement avait été retiré par le gouvernement.

Pour mieux sauter ? Une proposition de loi déposée discrètement le 16 septembre remet le couvert, de manière encore plus directe. Elle est signée des députés UMP Christian Vanneste, Olivier Dassault, Jean-Marc Mesne, Bruno Sandras et André Wojciechowski. Le texte dit en son article 3 que les communes de plus de 3500 habitants sont "dans l'obligation d'installer des systèmes de vidéoprotection", sous peine de payer une amende dont le montant sera "fonction de leur taille et du taux de délinquance sur leur territoire". “ (…)

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La fin des recteurs? Bernard Toulemonde s'inquiète d'une mise sous tutelle de l'Education nationale

Ref  :JO des 29 et 30 juillet

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Bernard Toulemonde, ancien recteur, ancien directeur au ministère de l’éducation nationale, s'inquiète de voir, à terme, les recteurs remplacés par des "directeurs régionaux de l’enseignement" placés sous l’autorité des préfets. Il réagit à la publication d'un décret (voir ToutEduc) qui modifie les conditions de recrutement des recteurs d’académie et qui "constitue une rupture avec une tradition forte de deux siècles". Les recteurs étaient, jusqu'à présent, "dotés d’une double légitimité", celle que leur confère leur nomination, en conseil des ministres et "leur position au sommet de la hiérarchie des savoirs" puisqu'ils doivent "posséder le plus haut grade universitaire", soit une HDR (habilitation à diriger des recherches).  Cette tradition était fondée par le "principe d’indépendance des universités", même si le vivier a été élargi en 2001, dans la limite de 10%, à "des personnalités qualifiées en matière d’enseignement ou de recherche, de niveau analogue". Les emplois sont désormais ouverts à raison de 20 % aux "secrétaires généraux de ministère et directeurs d’administration centrale". 

Bernard Toulemonde conteste la validité des deux arguments avancés: le vivier des professeurs d'université est important, "près de 20 000 personnes", et "les exigences de compétence professionnelle des fonctions rectorales" sont certes croissantes, mais "le transfert récent de tâches matérielles aux collectivités territoriales (...) a permis de recentrer la fonction sur l’essentiel, l’enseignement".

Il constate que "le lien traditionnel du recteur avec l’université est rompu" et estime que "la brèche ne peut que s’élargir et ouvrir ainsi la voie de la banalisation".

L'article est publié dans le numéro du 13 septembre de l' "Actualité juridique droit administratif". 

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« Un projet de loi unanimement rejeté »

Communiqué du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire

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Lundi 27 septembre 2010,
Le 3ème Meeting national du Collectif des 39 a été un nouveau succès. Près de 1000 personnes ont participé à cette rencontre centrée sur le projet de révision de la loi de 90, « projet relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».
La mise en forme de ce Meeting a fait une large place aux débats, qui ont laissé apparaître dès le matin, l’inanité d’un tel projet de loi liberticide dont le seul but est de  renvoyer  « les schizophrènes en Schizophrénie ».
À noter les nombreuses prises de position de patients témoignant de leur refus de cette loi et du climat qui déferait les liens d'amitié et de confiance.
Des jeunes infirmiers ont aussi témoigné des lacunes de leur formation en psychiatrie et exprimé que parfois même des collègues vivaient, du fait de cette formation insuffisante "dans la terreur" des patients! Il y a là un effort très important à faire comme nous n'avons de cesse de le revendiquer.
Devant la nécessité de constituer un large front de refus de cette loi, dont il est totalement inconsidéré d’envisager quelques amendements que ce soit, nous avons invité les représentants des partis politiques et des syndicats à s’exprimer. Celles et ceux qui ont accepté notre invitation à prendre publiquement position vis-à-vis de cette loi, au nom de leurs organisations, ont été à la hauteur de nos espérances en refusant toute compromission.
Les partis politiques représentés, partis de gauche, PS, PCF, Europe Écologie -LesVerts, Parti de Gauche, NPA, ont affirmé leur rejet total de ce projet de loi, en se déclarant favorables à son retrait.  La CGT au nom de la Fédération de la Santé et de l'Action Sociale ainsi que le syndicat Sud Santé sociaux se sont aussi prononcés pour le retrait du projet de loi.
Nous sommes très préoccupés de la position ambiguë de certains  syndicats de psychiatres. Nous notons que le Syndicat National des Psychiatres Privés (SNPP) a partagé les critiques du Collectif des 39 sur le projet de réforme de la loi, ainsi que l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) qui s'est aussi exprimée contre la loi en centrant sa position sur la proposition de la judiciarisation.

Le Collectif des 39 considère que la judiciarisation demande réflexion
et nécessite des débats afin que les questions qu'elle soulève puissent être discutées. Cette discussion ne saurait représenter une divergence, et n'entame en rien notre détermination à faire front contre cette loi.

La position du SPH continue de nous étonner, critiquant comme nous l’essentiel de la loi et sa dérive sécuritaire, mais en acceptant les soins ambulatoires sous contrainte que nous considérons comme une régression des pratiques de soin, qui prétendrait répondre au déni psychotique par une contrainte prolongée au-delà de la crise. Lors des débats, nous avons rappelé que pour nous, le soin sous contrainte ne peut s'envisager que pour les périodes de crise, et que rien ne justifie d'étendre la privation de liberté au-delà de ce temps. L'exception que constitue les sorties d'essai n'a pas à devenir la règle.

Finalement, lors du débat, le président du CASP s’est exprimé d’une façon claire, pour le rejet de cette loi, ouvrant le chemin a une position plus radicalement affirmée des autres syndicats. La lutte doit continuer pour emporter toutes les conviction.

Au delà de la psychiatrie c’est la conception même du lien social qui est en jeu : la folie en tant que part indissociable de l’humain est un fait de culture. Ainsi, le collectif des 39 a-t-il lancé un « appel à la culture » qui s’adresse au monde de l’art et de la culture, le combat d’une hospitalité pour la folie n’étant pas qu’une affaire de spécialistes.
Selon l’écrivain Leslie Kaplan  : « Ces mesures proposées par le gouvernement actuel révèlent une tendance profonde qui s’aggrave tous les jours : promouvoir avant tout et toujours la simplification, instaurer une civilisation simplifiée, dans laquelle je refuse de me reconnaître et que j’appelle ‘ une civilisation du cliché’ ».
Le passage à l’acte de la circulaire officielle du mois d’Août, désignant nommément un groupe de population à exclure marque un point de bascule  de cet « Etat limite », décrit par Serge Portelli, magistrat, vers un Etat policier où la Norme devient loi.
Après les Roms, serait-ce au tour des fous ?
L’exécution en Virginie de Teresa Lewis ne peut que renforcer notre inquiétude sur la dérive de nos démocraties quand la norme fait Loi et que le sécuritaire allié au gestionnaire exclut de plus en plus de citoyens, poussant chaque sujet vers l’incarnation d’un « contrôleur de la norme ». Il est possible de dire « Non ! », et nous devons l’affirmer avec force devant toutes ces dérives.
Le débat ouvert par ce projet de réforme va au-delà de la seule question de la contrainte : Quelle est la nature de la norme incluse dans la notion de « santé mentale » ? Cette notion floue englobe des impératifs économiques de rentabilité du sujet. Madame Montchamp, présidente de la fondation FondaMental, député UMP, le dit de façon explicite dans le documentaire de Philippe Borrel, « Un monde sans fous » : « la maladie chronique, ou la santé mentale, changent la manière d’être compétent dans une entreprise, aller dans ce sens-là, c’est se donner les chances de plus d’efficacité, de plus de performance ».
Dans le climat ambiant, toute pensée est attaquée par un volontarisme simplificateur. Comme l’a remarqué Pierre Dardot, philosophe, nous vivons sous un régime de la norme. Les lois produites par le gouvernement ont une fonction : faire prévaloir des normes.
Ce 25 septembre 2010, nous avons encore une fois montré notre détermination. Il nous faut continuer à porter le refus de certaines pratiques, continuer à lutter sur ce terrain. Nos métiers sont touchés au quotidien par l’intégration de normes. Contre cela, il nous faut toujours plus travailler à la mise en commun, de nos savoir-faire et d’une conception humaniste de la psychiatrie et du bien commun.
La force et la dynamique du collectif des 39 a emporté durant cette journée l’adhésion de syndicats et des partis politiques. Notre refus du projet de loi sur les soins en ambulatoire sans consentement est désormais suivi par beaucoup qui appelaient initialement à "raison garder". Ce n’est pas suffisant mais c’est un début.
Dès lors, les psychiatres, les professionnels qui acceptent ce projet de loi, font rentrer la haine et la défiance envers les patients dans des pratiques qui vont se centrer sur le contrôle.

Le collectif des 39 est né en réaction au discours de Nicolas Sarkozy le 2 décembre 2008 à Antony. Nous avions alors dis « Non » à la stigmatisation, à la banalisation de la violence institutionnelle sur les patients et les professionnels niés dans leur savoir faire. Il s’agit aujourd’hui encore de dire « Non » à cette loi liberticide et sans aucune dimension sanitaire. Cette journée de débat et de rencontre s’est clôturé par « l’appel des 1000 ».
Cette revendication sera répétée et confirmée lors de la journée de grève du mardi 28 septembre 2010 à l’appel des syndicats de psychiatres. Puis lors du colloque à l’Assemblée Nationale organisé par le collectif des 39 le lundi 4 octobre 2010.

Il ne peut y avoir de proposition d’amendement ou de volonté d’adapter ce texte. Tous ensemble, nous demandons le retrait pur et simple de ce projet de réforme.

Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire
www.collectifpsychiatrie.fr

Une majorité de chercheurs refusent les primes

Par Yannick Comenge

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“ Une idée saugrenue a traversé récemment l’esprit d’une ministre. Donner des « primes d’excellence scientifique » aux chercheurs « les plus méritants » les ayant demandées dans des conditions d’attribution opaques. Ceci a provoqué une véritable bronca dans le monde universitaire.

Plus de 500 chercheurs ont refusé les primes officiellement. D’emblée les scientifiques les plus gradés comme les plus précaires ont eu un moment de révulsion intense à l’idée qu’on pourrait avoir une forme de prime à la découverte laissée égoïstement à un seul et à sa demande. Sans vouloir refuser tout mérite personnel dans le cadre de recherche, le monde de la recherche s’est ému de cette nouvelle mesure « infantilisante ». Ils sont désormais plusieurs centaines à avoir laissé leur nom sur le site de Sauvons la recherche (INRA, CNRS, CEMAGREF), soutenant une lettre de refus explicative de leur geste écœuré. Avec un certain humour, ils proposent d’ailleurs le retrait de cette prime qui ne concernerait que 2000 personnes sur 11000 salariés pour le CNRS et préfèrent au lieu d’un culte individualiste voir des grilles de salaires être revues à la hausse ainsi que les modes de recrutement.” (…)

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La police : « On cherche des Roms, vous en avez combien ? »

Par Augustin Scalbert | Rue89

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“ Mercredi à Besançon, des agents de la police aux frontières (PAF) se sont présentés dans deux structures d'accueil d'urgence de la ville, avec la même demande : « On veut savoir combien vous avez de Roms. » Révélée dans l'édition locale de L'Est Républicain jeudi, cette affaire provoque une controverse avec le maire socialiste de la ville.

« Faire de la place pour les sans-abris »

Les deux policiers ayant explicitement réclamé des personnes selon leur origine, cette controverse ne devrait pas en rester là. Selon l'article de L'Est Républicain, les agents se sont présentés dans les deux centres (l'un voué à la réinsertion des personnes en difficulté, l'autre à l'accueil d'urgence des SDF) pour savoir s'ils hébergeaient des Roms, et combien, afin de « faire de la place pour les sans-abris » à l'approche de l'hiver.

Interrogé par le quotidien régional, le commissaire Comte a confirmé ce motif, ajoutant avoir été « mandaté » pour cela par le maire de Besançon. Ce que ce dernier, le socialiste Jean-Louis Fousseret, dément formellement.

Joint par Rue89, Jean-Louis Fousseret affirme n'avoir « pas demandé à la PAF de venir faire des contrôles » :

« J'ai vérifié auprès de nos services, personne n'a demandé une intervention de la PAF. Je ne sais absolument pas ce qu'ils sont venus faire dans ces centres. »

Besançon, ville de 120 000 habitants environ (dans une aire urbaine de 230 000 personnes) accueillerait, selon des sources associatives locales, entre 30 et 35 Roms “

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Manifeste des économistes atterrés

CRISE ET DETTE EN EUROPE : 10 FAUSSES EVIDENCES, 22 MESURES EN DEBAT POUR SORTIR DE L’IMPASSE

“ La reprise économique mondiale, permise par une injection colossale de dépenses publiques dans le circuit économique (des États-Unis à la Chine), est fragile mais réelle. Un seul continent reste en retrait, l’Europe. Retrouver le chemin de la croissance n’est plus sa priorité politique. Elle s’est engagée dans une autre voie : celle de la lutte contre les déficits publics.
Dans l’Union Européenne, ces déficits sont certes élevés – 7% en moyenne en 2010 – mais bien moins que les 11% affichés par les États-Unis . Alors que des États nord-américains au poids économique plus important que la Grèce, la Californie par exemple, sont en quasi-faillite, les marchés financiers ont décidé de spéculer sur les dettes souveraines de pays européens, tout particulièrement ceux du Sud. L’Europe est de fait prise dans son propre piège institutionnel : les États doivent emprunter auprès d’institutions financières privées qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque Centrale Européenne. Les marchés ont donc la clé du financement des États. Dans ce cadre, l’absence de solidarité européenne suscite la spéculation, d’autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.
Il a fallu la dégradation, le 15 juin, de la note de la Grèce par l’agence Moody’s, pour que les dirigeants européens retrouvent le terme d’ « irrationalité » qu’ils avaient tant employé au début de la crise des subprimes. De même, on découvre maintenant que l’Espagne est bien plus menacée par la fragilité de son modèle de croissance et de son système bancaire que par son endettement public.

Pour « rassurer les marchés », un Fonds de stabilisation de l’euro a été improvisé, et des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés à travers l’Europe. Les fonctionnaires sont les premiers touchés, y compris en France, où la hausse des cotisations retraites sera une baisse déguisée de leur salaire. Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant les services publics. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l’actuelle réforme des retraites, sont en voie d’être gravement amputées. Le chômage et la précarité de l’emploi se développeront nécessairement dans les années à venir. Ces mesures sont irresponsables d’un point de vue politique et social, et même au strict plan économique.
Cette politique, qui a très provisoirement calmé la spéculation, a déjà des conséquences sociales très négatives dans de nombreux pays européens, tout particulièrement sur la jeunesse, le monde du travail et les plus fragiles. A terme elle attisera les tensions en Europe et menacera de ce fait la construction européenne elle-même, qui est bien plus qu’un projet économique. L’économie y est censée être au service de la construction d’un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s’impose partout, et particulièrement aujourd’hui au Portugal, en Espagne et en Grèce, trois pays qui étaient encore des dictatures au début des années 1970, il y a à peine quarante ans.
Qu’on l’interprète comme le désir de « rassurer les marchés » de la part de gouvernants effrayés, ou bien comme un prétexte pour imposer des choix dictés par l’idéologie, la soumission à cette dictature n’est pas acceptable, tant elle a fait la preuve de son inefficacité économique et de son potentiel destructif au plan politique et social. Un véritable débat démocratique sur les choix de politique économique doit donc être ouvert en France et en Europe. La plupart des économistes qui interviennent dans le débat public le font pour justifier ou rationaliser la soumission des politiques aux exigences des marchés financiers.
Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens et même parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenthèse. Le logiciel néolibéral est toujours le seul reconnu comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur l’hypothèse d’efficience des marchés financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d’accroître la concurrence en tous temps et en tous lieux...
En tant qu’économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l’ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas remis en cause. Les arguments avancés depuis trente ans pour orienter les choix des politiques économiques européennes sont pourtant mis en défaut par les faits. La crise a mis à nu le caractère dogmatique et infondé de la plupart des prétendues évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Qu’il s’agisse de l’efficience et de la rationalité des marchés financiers, de la nécessité de couper dans les dépenses pour réduire la dette publique, ou de renforcer le « pacte de stabilité », il faut interroger ces fausses évidences et montrer la pluralité des choix possibles en matière de politique économique. D’autres choix sont possibles et souhaitables, à condition d’abord de desserrer l’étau imposé par l’industrie financière aux politiques publiques.
Nous faisons ci-dessous une présentation critique de dix postulats qui continuent à inspirer chaque jour les décisions des pouvoirs publics partout en Europe, malgré les cinglants démentis apportés par la crise financière et ses suites. Il s’agit de fausses évidences qui inspirent des mesures injustes et inefficaces, face auxquelles nous mettons en débat vingt-deux contre-propositions. Chacune d’entre elles ne fait pas nécessairement l’unanimité entre les signataires de ce texte, mais elles devront être prises au sérieux si l’on veut sortir l’Europe de l’impasse. (…) “

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Le cirque tzigane Romanès interdit de travailler

Pétition de soutien

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Le cirque Tzigane ROMANES à Paris, fait aujourd'hui partie du paysage artistique européen.

«Nous les Tziganes,on nous accuse de tout et notamment d'envoyer nos enfants faire la mendicité et voler; il faudrait une bonne fois pour toute savoir ce que l'on veut: je demande aux parlementaires français d'avoir la gentillesse de ne pas jeter mes enfants dans la rue et de leur permettre d'apprendre et d'exercer un métier merveilleux que nous nous transmettons de père en fils depuis plusieurs siècles» Alexandre ROMANES

Afin de permettre au Cirque ROMANES de continuer son activité, nous demandons aux autorités françaises:

De réattribuer aux musiciens du Cirque ROMANES les autorisations de travail qui leur ont été injustement retirées.

D'autoriser le Cirque ROMANES à employer les artistes roumains et bulgares avec qui ils veulent travailler.

De demander au Procureur de la République d'abandonner les poursuites infondées à l'encontre du cirque et de ses dirigeants.

Signez  la pétition : http://www.petitions24.net/cirqueromanes

Rejoignez le groupe facebook Cirque ROMANES:http://www.facebook.com/home.php?#!/group.php?gid=151947704818881&ref=ts

Site officiel: www.cirqueromanes.com

Des enseignants italiens réduits à la famine. Interview de Brunello Arborio

Retrée scolaire agitée en Italie. Des milliers d’enseignants, en situation précaire, depuis des années parfois, se retrouvent sans travail. Des grèves de la faim et manifestations continuent à faire l’actualité dans la péninsule

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Interviewé : Brunello Arborio, professeur de Mathématique et Physique à l’Institut d’Art de Terni en Ombrie (sous contrat à durée indéterminée depuis 2001), vit à Terni. Il a participé à la manifestation qui s’est déroulée devant le Palais de Montecitorio (siège de la Chambre des Députés) les 27, 28 et 31 août en soutien à ses collègues, enseignants précaires  [2] ; il a ouvert il y a trois ans et demi un forum consacré au problème de la précarité du personnel enseignant : http://bru64.altervista.org/forum/

“ Peux-tu nous expliquer en quoi consiste concrètement la réforme Gelmini de l’école italienne?

La réforme Gelmini vise à réaliser une réduction de 130.000 enseignants de l’Education nationale italienne et une coupe budgétaire de 8 milliard d’euros décidés par le Ministre de l’économie Giulio Tremonti. Aucun critère pédagogique ne régit cette réforme ; en réalité, il s’agit d’une diminution généralisée des heures scolaires, d’une augmentation généralisée du nombre d’élèves par classe en dépit des normes de sécurité, d’une baisse des temps consacrées au soutien scolaire des élèves handicapés. (…)

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Le président des riches. Entretien avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot

Ces Pinçon qui font trembler l’Elysée. Entretien de Michel Abescat avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, à l'occasion de la sortie de leur ouvrage "Le président des riches : enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy". Editions Zones, 223 p. In Télérama n° 3166, 18-24 septembre 2010

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Avec les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, l'Elysée peut trembler. “Les Ghettos du gotha” dénonçait l'entre-soi des classes dominantes, “Le Président des riches” pointe une connivence entre pouvoir et monde des affaires… de plus en plus décomplexée.
Vingt-cinq ans déjà qu'ils arpentent les beaux quartiers, fréquentent les châteaux et les hôtels particuliers, s'invitent à la table des grandes familles fortunées. Vingt-cinq ans qu'ils interrogent, auscultent, dissèquent l'organisation et les mœurs de la grande bourgeoisie française. Sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot forment un duo inséparable, dans la vie, depuis quarante ans, comme dans le travail. Le Président des riches est leur seizième livre en commun, plus engagé que les précédents, fort d'une enquête minutieuse –des actes et des faits. Evitant soigneusement tout jargon, il met en cause « l'oligarchie » au pouvoir en France. Discrets, modestes, la voix douce mais déterminée, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent un portrait inquiétant de notre démocratie.
(...) Lire l'entretien sur le site de Télérama.

A Marseille un adjoint UMP démissionne : “"Je renonce à servir la République d'un despote et les idées d'un parti fascisant"

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Maurad Goual, adjoint UMP de la mairie du 5e secteur de Marseille, a écrit vendredi au maire de la ville Jean-Claude Gaudin et à Nicolas Sarkozy pour leur faire part de sa démission de son poste d'adjoint, refusant de servir les idées d'un parti "fascisant", écrit-il.
"Je renonce à servir la République d'un despote et les idées d'un parti fascisant", écrit M. Goual dans une lettre au président.

"Vous avez fait de la France un laboratoire populiste", écrit-il, ajoutant que "l'islam et les musulmans de France ne sont pas tels que vous les décrivez dans votre course effrénée à l'électorat du Front national".

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Nouveaux visages de la guerre urbaine : les murs ont des orteils

Par Lemi (Article XI) - A propos de "A Travers les murs. L’architecture de la nouvelle guerre urbaine", de Eyal Weizman, La Fabrique, 2007

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Mise en bouche mentale : Imagine une salle dans laquelle serait réuni l’état-major d’une armée contemporaine, son gratin stratégique. L’heure est grave, il s’agit de planifier une nouvelle attaque sur un territoire rebelle, de mener une opération de guerre dans un lieu über-hostile. Les huiles sont là, au premier rang, galons en bandoulière, et les intervenants se succèdent à la tribune, brillants et volubiles. Le premier évoque les situationnistes et leur théorie de la dérive urbaine - comment cette approche remodèle la ville, détruit ses hiérarchies, et permet in fine de dépasser les ripostes étatiques aux insurrections. Le deuxième se penche sur un artiste anticonformiste des années 1970, nommé Gordon Matta-Clark, dont le travail (un exemple ci-dessus) consistait à envisager la mort de la ville, le « démurage des murs » et « l’anarchitecture ». Un troisième déblatère longuement sur Deleuze et Guattarri, sur leur approche de des concepts d’espaces "lisses" et "striés" dans Mille Plateaux, avant de conclure en citant Georges Bataille prônant une attaque en règle contre « le carcan de l’architecture ». Étranges interventions. Trois militaires, trois cerveaux à priori étroits donc, et pourtant ils se penchent sur le travail de ceux qui se sont le plus inquiétés du pouvoir répressif de la ville et ont cherché à le subvertir. Même : ils le récupèrent, le mettent à profit dans une optique martiale.

Oui, ça fait bizarre. Des bidasses évoquant les situs ou Deleuze, ça ressemble à de la science-fiction. Et pourtant, à trop sous-estimer l’ennemi, à le penser incapable d’ouvrir son champ d’analyse, on passe à côté d’une vérité fondamentale : l’armée a depuis longtemps envahi le champ théorique et pratique des sciences sociales (notamment leurs composantes dites subversives) pour se placer à la pointe (enfin, à la remorque de la pointe) de la réflexion théorique. Et cette étrange réunion évoquée comme mise en bouche résonne finalement comme possibilité non-négligeable. “ (…)

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Afghanistan : on n'en parle guère, mais la guerre c'est ça...

Régis Soubrouillard - Marianne | Mardi 14 Septembre

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Depuis 2004, pas une semaine qui ne passe sans que les forces occidentales perdent un ou deux soldats en Afghanistan. Une impasse sanglante illustrée de façon terrifiante par une animation de Wikileaks qui montre le nombre d'engins explosifs improvisés employés par les Talibans depuis 2004. Par la même l'intensification des affrontements et l'étendue de la poudrière afghane. (…)

Une animation de Wikileaks montre bien l’étendue des dégâts, au propre comme au figuré et l’impasse sanglante dans laquelle se sont enferrés les puissances occidentales.”

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Expulsions de Roms : les préfets ne vont pas assez vite selon Hortefeux

Annoncées au cœur de l’été, les mesures pour «lutter contre les campements illicites» ont été préparées bien avant. Dans trois circulaires dont Le Canard Social s’est procuré des copies, le gouvernement détaille de manière très précise l’ensemble des consignes données aux préfets pour démanteler ces camps, «en priorité ceux de Roms».

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“ La première circulaire a été diffusée bien avant le discours de Grenoble. Le 24 juin 2010, plus d’un mois avant l’annonce de la politique sécuritaire du gouvernement, les ministères de l’Intérieur et de l’Immigration ordonnaient aux préfets de procéder aux évacuations de campements illicites. En huit pages au contenu inhabituel, les ministres Brice Hortefeux et Eric Besson détaillaient l’ensemble de l’arsenal juridique dont disposent les préfets pour procéder aux évacuations. Ils leur demandaient ainsi «d’exploiter toutes les possibilités offertes par le code pénal». Et dans un souci d’accélérer la procédure, les enjoignaient «à informer le propriétaire (du terrain occupé, ndlr) et à l’inviter à saisir le juge compétent pour obtenir une décision d’expulsion.» Le texte poursuivait : «Une fois la décision de justice rendue, vous devez procéder le plus rapidement possible à l’opération d’évacuation.»” (…)

De son côté le site Rue 89 reprend l’info et détaille la circulaire du 5 août 2010, signée Michel Bart directeur de cabinet de Brice Hortefeux, adressée aux préfets, au directeur général de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Elle débute ainsi :

« Le Président de la République a fixé des objectifs précis, le 28 juillet dernier, pour l'évacuation des campements illicites : 300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms. »

Le ministère souligne les mauvais chiffres en appelant les préfectures à une plus grande mobilisation :

« Les opérations menées depuis le 28 juillet contre les campements illicites de Roms n'ont donné lieu qu'à un nombre trop limité de reconduites à la frontière. […]”

> lire le dossier sur Le Canard Social

Nicolas Sarkozy veut des jurés populaires pour juger (plus sévèrement) les délinquants

Populisme et Régression : les deux mamelles…

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“ En matière de justice, Nicolas Sarkozy ne sait toujours pas sur quel pied danser. Après  avoir émis l’idée de supprimer les jurys populaires des cours d’assises, le président de la République s’embarque dans un virage à 180 degrés en lançant cette fois l’hypothèse d’une présence des jurés dans les tribunaux correctionnels.

Nicolas Sarkozy veut une Justice plus sévère

Ce contre-pied a été annoncé jeudi au cours d’une réunion organisée à l’Elysée avec les députés de la majorité membres du collectif «Droite populaire». Ces parlementaires plutôt droitiers avaient sollicité un entretien avec le chef de l’Etat pour évoquer l’affaire de la joggeuse récemment assassinée par un homme déjà condamné pour viol. Pour ces derniers, ce crime aurait pu être évité si le tribunal correctionnel qui avait jugé le meurtrier avait été plus sévère.

Selon plusieurs participants à cette réunion, dont les députés Lionnel Luca et Chrisitan Vanneste, le président de la République a regretté que la justice soit «rendue au nom du peuple français mais que les sanctions soient en général moins lourdes lorsqu’elles sont rendues par des magistrats professionnels». D’où l’opportunité de réfléchir  à «l’introduction de jurés populaires au niveau des tribunaux correctionnels».” (…)

L’ancien bâtonnier de Paris Christian Charrière-Bournazel estime, lui, que c'est une idée "absurde":
"Les tribunaux correctionnels, ce sont plusieurs milliers d’affaires jugées par an. Il est impossible de mobiliser des Français pour toutes ces affaires." et d'ajouter : "On livrerait à la vindicte populaire le soin de juger les délinquants ? Je suis effaré! Le droit  doit pacifier les rapports humains or, avec les jurys, on prend le risque d’avoir moins de pondération dans les sanctions."

En résumé pour lui "cette sanction est inapplicable, inappropriée et tient d’un populisme parfaitement regrettable".

> article complet sur les Inrocks

Une femme à la retraite ne vaut que la moitié d’un homme

par Ivan du Roy

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“ La réforme des retraites risque bien d’aggraver la situation des femmes. Toutes les inégalités, en matière de salaires, de précarité de l’emploi, de temps consacré aux activités domestiques, vont se cumuler au moment du calcul de l’âge de départ en retraite et du niveau de pension. Plusieurs parlementaires de gauche, soutenus par des associations et des syndicats, viennent de saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). ”

> Explications ici

Chalants et nonchalants

Texte de Georges Perec
paru dans Cause Commune, n°7, octobre 1973.

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Extrait

“  D’un bout à l’autre de la chaîne, le chaland, le chalant, est dépossédé, de son travail comme de son loisir. Ce n’est pas seulement le travail qui est en miettes, mais le repos. Vie rythmée par les cadences, par les horaires, vie pointée. Travail, fatigue, récupération. Onze mois d’attente, un mois de vacance. La vie tout entière est faite de bribes, fragments morcelés d’une expérience à peine entrevue, jamais atteinte; ses rêves se brisent sur une réalité qui ne lui appartient pas; il ne peut que vivre dans cette cassure, dans cette fracture: il peut l’aménager, peut-être, mais la résoudre, non.
Il faudrait en finir avec cette confusion systématiquement entretenue depuis des lustres, sinon depuis des siècles: le travail n’est pas le but de la vie ; vivre est le but de la vie; le travail est, peut-être, sans doute, assurément, une activité vitale, ce n’est pas une valeur, il ne peut fonder aucune éthique. Travailler n’est ni bien ni mal; ne rien faire n’est ni bien ni mal. Ne rien faire n’est pas (ne devrait pas être) le contraire de travailler. Travailler est une des activités humaines, ce n’est pas la seule activité humaine, ce n’est pas ce qui définit l’homme.
Il faudrait donner à ces assertions l’allure de vérités premières, les écrire comme des banalités, les lire comme des évidences. Mais les morales qui nous gouvernent n’ont jamais cessé d’affirmer, d’aggraver ce clivage qui, à de rares et futiles exceptions près, règle le rythme de nos vies: consommer, produire, travail, loisirs ; je travaille, tu consommes, il se repose, nous produisons… Travail calamité ou travail dignité, loisirs édéniques ou oisiveté mère de tous les vices, il n’importe, il ne s’agit ni de sacraliser le travail ni d’idéaliser le loisir, mais de briser ce cycle, de ne plus se définir autour de cette exclusion réciproque.

Le nonchalant n’est pas nécessairement paresseux; il serait, plutôt, paresseusement nécessaire. Il vit dans un monde qui pourvoit à ses besoins pourvu qu’il pourvoie aux besoins de ce monde. Il ne se trouve ni dans cet « état de vacance » – dont le travail, comme la nature, a à ce point horreur, que « je vaque » a cessé de vouloir dire « je suis vacant » pour signifier son exact contraire « je m’affaire », « je m’occupe » – ni dans cet état de dépendance qu’est pour nous le travail. Cela ne veut pas dire que rien ne l’oblige, mais plutôt que rien ne le limite: le travail n’est pas la limite de sa liberté, sa liberté n’est pas comptabilisée par le travail. Travail et loisir sont pour lui des mots vides de sens: ce qu’il est, ce qu’il fait, ce qu’il vit appartient à une même expérience, le renvoie à une connaissance, à une jouissance, à une vérité qui se cherche et se trouve à tous les instants de son existence.
La nonchalance n’est évidemment pas affaire d’individu. Ce n’est pas une vertu psychologique, elle ne renvoie pas à un comportement personnel (« décontractez-vous, mon vieux », « keep cool ») mais à une exigence politique, à une contestation du profit.
Travail attrayant : Nom donné, dans le système de Fourier, au travail librement choisi, alternant, distribué par courtes séances, par séries et par groupes, dans des ateliers sains et agréables (Dictionnaire de Bescherelle).
Picasso: Quand je suis fatigué de peindre, je peins pour me reposer.
En attendant, à titre de simple expérience, comme avant-goût et peut-être comme dérision, on peut s’efforcer d’imaginer ce que déclencherait cet au-delà, cette transgression des vacances que serait la généralisation, parfaitement plausible, réalisable et raisonnable, de l’année sabbatique… “

> texte intégral ici

Les britanniques arrêtent Contact Point : arrêtons Base Elèves !

Publié par http://retraitbaseeleves.wordpress.com le 30 août 2010

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« Et nous allons mettre fin aux pratiques qui risquent de faire de la Grande-Bretagne un pays où nos enfants grandissent en étant tellement habitués à voir violer leurs libertés qu’ils l’acceptent sans question. Il n’y aura pas de base de données Contact Point des enfants. »

Déclaration de Nick Clegg, vice-premier ministre du Royaume-Uni (19 mai 2010). Décision confirmée par la circulaire du 21 juillet 2010 du ministre de l’éducation, avec déconnexion effective depuis le 6 août 2010 et destruction des données sous deux mois.

Aux enseignants et parents d’élèves, aux conseils des maîtres et conseils d’écoles, aux citoyens…

Cet été, les décisions du Conseil d’Etat contre Base élèves et le fichier national BNIE ont été largement relayées par les médias. Ce jugement rétablit notamment le droit d’opposition des parents et confirme l’illégalité de tout rapprochement ou mise en relation des données de Base élèves avec d’autres fichiers. Il vient s’ajouter au « rappel à la loi » déjà adressé par le Parquet de Paris au ministère de l’éducation nationale suite aux 2100 plaintes des parents. Si d’importantes illégalités sont ainsi reconnues, le Conseil d’Etat autorise malgré tout le ministère à poursuivre l’utilisation de ces fichiers, moyennant certains aménagements impératifs à mettre en œuvre dans un délai de 3 mois, soit d’ici le 19 octobre au plus tard.

Ces décisions de justice nous confortent dans nos griefs envers la multiplication des fichiers au sein de l’Education Nationale et révèlent les carences des lois existantes sur ce sujet :

  • Il est inacceptable que de tels fichiers aient pu être mis en place sans concertation, en toute illégalité et sans information, sous la tutelle de quatre ministres successifs, et sans que la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) ait protégé les citoyens !
  • Il est anormal qu’il ait fallu un recours par deux particuliers devant le Conseil d’Etat pour révéler l’existence du fichier national BNIE, double-fond caché de Base élèves, inconnu même des parlementaires !
  • Malgré le soutien de trois Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, le ministère maintient les sanctions (retraits de salaire, retrait du poste de direction, mutation d’office) de plusieurs directeurs d’école qui ont refusé de renseigner le fichier Base élèves.

Rappelons que Base élèves concerne tous les enfants quel que soit leur type de scolarisation, le fichier national BNIE, tous les jeunes et adultes en formation. Ainsi, par le jeu d’un identifiant unique prévu pour 35 ans, ces fichiers constituent d’immenses banques de données sur les jeunes et leur famille.

Des systèmes de « pilotages » automatiques échappant à tout contrôle et utilisant ces fichiers sont créés pour évaluer, classer et orienter les élèves.

Par le biais de la loi sur la prévention de la délinquance, de la loi Perben II, comme prévu par le projet de loi Warsmann, ou encore par le biais de décisions administratives successives et la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités, ces fichiers renseignent déjà et vont renseigner d’autres services que l’Education Nationale.

Ces fichiers remettent en cause le principe de confidentialité, le respect de la vie privée, et le droit à l’éducation, comme dénoncé par le Comité des Droits de l’enfant de l’ONU en juin 2009. Le Comité a recommandé notamment à la France « de ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations. »

Le caractère indispensable de Base élèves pour le bon fonctionnement de l’école n’a jamais été démontré. Les données chiffrées anonymes sont suffisantes pour la gestion des effectifs des écoles, et le travail par échantillons ou panels est une garantie pour la qualité des études statistiques et pour les libertés individuelles.

Enseignants, parents, en toute légalité, vous pouvez neutraliser ce fichage illégal !

• Enseignants

en informant les parents de leur droit d’opposition, droit rétabli aujourd’hui pour Base élèves et qui a toujours existé pour le fichier national BNIE, en refusant d’utiliser les renseignements de Base élèves pour alimenter d’autres fichiers scolaires, souvent illégaux eux aussi (enfants du voyage, évaluations CM2 transmises au collège, renseignements versés dans les ENT, livrets de compétences [cf nos Ressources plus bas]. En effet, comme confirmé par le Conseil d’Etat, tout rapprochement ou mise en relation des données de Base élèves avec d’autres fichiers est illégal.

• Conseils d’écoles

en mettant à l’ordre du jour le sujet des fichiers, en exigeant la liste des fichiers sortant de l’école, leurs contenus et leurs destinataires, en consignant les inquiétudes sur la multiplication des fichiers, en diffusant de l’information, en vérifiant que les fichiers constitués avant le 27 février 2007 sont supprimés…

• Parents

en exerçant votre droit d’opposition en demandant le retrait de votre enfant de Base élèves et du fichier national BNIE, ou en demandant la radiation des informations déjà enregistrées dans ces fichiers, au directeur ou à la directrice de votre école (en utilisant le modèle de lettre d’opposition à télécharger).

  • Les fichiers nominatifs doivent rester dans les écoles !
  • Les sanctions contre les directeurs doivent être levées !
  • Base élèves et le fichier national BNIE doivent être arrêtés !

Le CNRBE, 31 août 2010

La Grande Régression.1, par Jacques Généreux

Premières lignes de son prochain livre à paraître en octobre

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“ Durant les vingt premières années de ma vie, j’ai grandi dans un monde où le destin des enfants semblait naturellement devoir être plus heureux que celui de leurs parents ; au cours des trente suivantes, j’ai vu mourir la promesse d’un monde meilleur. En une génération, la quasi-certitude d’un progrès s’est peu à peu effacée devant l’évidence d’une régression sociale, écologique, morale et politique, la « Grande Régression » qu’il est temps de nommer et de se représenter pour pouvoir la combattre.

Car la première force des malades et des prédateurs qui orchestrent cette tragédie est leur capacité à présenter celle-ci comme le nouveau visage du progrès. Et leur première alliée, c’est la perméabilité des esprits stressés, trop heureux de s’accrocher à n’importe quelle fable qui fasse baisser d’un cran la pression et l’angoisse. À l’âge de la démocratie d’opinion, les réactionnaires ne peuvent se contenter de démolir l’acquis des luttes passées en faveur d’une vie meilleure pour tous ; il leur faut aussi anesthésier les résistances, susciter l’adhésion ou la résignation de leurs victimes ; ils doivent remporter une bataille culturelle dont l’enjeu est de nous faire aimer la décadence…” (…)

> suite

“L'hymne au mérite, à l'autonomie et à l'autorité a ses limites”

Daniel Bloch, ancien recteur d'académie

Les deux dernières années du quinquennat sont entamées. Comment caractérisez-vous le bilan de Nicolas Sarkozy en éducation ?

Daniel Bloch : Je vois d'abord l'écart entre les objectifs annoncés, souvent raisonnables, et la réalité du terrain, où n'est perceptible que la seule réduction du nombre d'enseignants. Prenons deux exemples. Le baccalauréat professionnel était préparé en quatre ans. Au nom de l'"égale dignité", il a été décidé qu'il se passerait désormais en trois ans, comme les autres baccalauréats, quitte à envoyer en apprentissage, pour une formation courte financée en dehors du budget de l'éducation nationale, ceux qui seraient incapables de supporter ce rythme. D'où, par cette double entrée, une considérable économie de moyens.

Même observation s'agissant de la formation des maîtres : le principe – louable – de la rendre"davantage universitaire" se traduit en fait par la suppression d'une année de salaire par élève-professeur, diminuant le nombre d'enseignants à rétribuer, et par une régression plutôt qu'une amélioration de la qualité de la formation. “ (…)

> lire la suite dans Le Monde

Il faut que l’acharnement cesse ! Jean-Marc Rouillan doit sortir !

Collectif “Ne laissons pas faire

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Plus de 23 ans de prison pour Jean-Marc Rouillan, si ce n’est l’intermède de 10 mois de semi-liberté révoquée il y a près de deux ans. La loi est différemment appliquée selon que les justiciables sont désignés à la vindicte populaire, comme « terroristes » ou qu’il s’agit de décideurs politiques ou économiques, c’est-à-dire ceux qui de près ou de loin participent à l’élaboration des lois qui seront appliquées à d’autres mais surtout pas à eux-mêmes. C’est ce que l’on nomme la justice de classe !

Depuis près de 5 ans, Jean-Marc Rouillan a fini de purger la peine de sûreté de 18 ans à laquelle les membres de son organisation ont été condamnés. Comme les autres militants d’Action directe, Nathalie Ménigon et Georges Cipriani, qui sont aujourd’hui en semi-liberté ou en liberté conditionnelle. Mais pour Jean-Marc Rouillan, la justice semble surtout ne rien faire pour que le dossier avance. Cet été, les "vacances judiciaires" auront signifié pour lui de longues semaines enfermé dans une cellule de Muret où il savait que nulle information n’arriverait.

En février dernier, comme tous les condamnés à une longue peine, il a subi le transfert au CNO (Centre national d’observation) pour être soumis à nombre d’évaluations de sa "dangerosité". L’avis de la commission pluridisciplinaire aurait dû lui être notifié quelques semaines plus tard. À ce jour Jean-Marc Rouillan ne connaît toujours pas le résultat de ces multiples expertises. Dehors, un travail l’attend, commencé il y aura bientôt trois ans lors de l’obtention de sa semi-liberté. Combien de mois encore à attendre une audience pour sa demande de libération, mois qui s’ajoutent aux années et aux années de résistance à l’enfermement ?

Ce n’est pas Jean-Marc Rouillan qui est dangereux, mais les lois liberticides et xénophobes dictées par un gouvernement aux ordres de la bourgeoisie et approuvées par la chambre d’enregistrement qu’est le Parlement, lois qui touchent en premier lieu les travailleurs, la jeunesse populaire, les sans-papiers, la population nomade…, tous ceux que l’Etat pourchasse, exploite et opprime.

Jean-Marc Rouillan doit sortir, retrouver le régime de semi-liberté pour les quelques mois restants, puis obtenir la liberté conditionnelle !

Venons le dire une fois de plus, comme chaque mois, à l’occasion du

RASSEMBLEMENT
jeudi 2 septembre de 18 h à 19 h
en face de la direction de l’Administration pénitentiaire
carrefour rue de la Verrerie - rue du Renard
(Paris 4e - Métro L1/L11 : Hôtel-de-Ville)

Le Collectif "Ne laissons pas faire !" nlpf@samizdat.net -
http://nlpf.samizdat.net/