Quand l’Islande réinvente la démocratie

par Jean Tosti

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Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.  

> lire sur le site du CADTM

Glucksmann : début de retour à la raison ?

"Cessons de diaboliser roulottes et mosquées !"

Article publié dans Le Monde – 27/12

“Au sortir de la guerre froide, un officiel soviétique fit mine de plaindre ses vainqueurs : "Vous venez de perdre votre Adversaire Absolu, vous voilà bien embarrassés !" Comme si gouvernants et diplomates ne couraient depuis toujours plusieurs lièvres à la fois. Certes, pour être totales, les mobilisations totalitaires s'assignent une cible exclusive – l'impérialisme américain, le judéo-bolchévisme, le sionisme, les infidèles ou tout autre "Ennemi" supposé héréditaire.

En revanche, les mouvements démocratiques échappent à la contrainte de l'idée unique. Entre 1945 et 1989, un Occidental s'autorisait à contester simultanément les dictateurs communistes, les guerres coloniales, la corruption des privilégiés, le machisme des conservateurs, et cætera. Vingt ans après, il semble que le diagnostic soviétique l'emporte et que nous partions en quête du bouc émissaire un et indivisible.

La campagne présidentielle commence mal. En été 2010, l'Elysée ouvrit le ban par une offensive anti-Roms, expédiant gendarmes et bulldozers démolir les cahutes des bidonvilles improvisés, tandis que les caméras des télévisions s'attardaient sur les poupées écrasées, les frigidaires éventrés, la résignation triste et digne des plus démunis d'entre les démunis. Quinze mille Tziganes, nomadisant sur le sol français, mettaient la République en danger ! S'engouffrant dans la brèche morale, l'ultradroite plébiscite un enjeu décisif pour la nation :"l'occupation" de deux tronçons de rue à Paris à l'heure des prières coraniques du vendredi. Les musulmans arguent d'un manque (avéré) de lieux de culte clos.

En bon laïque, peu porté à l'angélisme, je suis choqué par ce spectacle hebdomadaire – à chacun ses goûts. Mais nul n'a le droit d'imposer ses rites et ses manies à qui ne les partage pas. Que l'on construise donc les mosquées indispensables et qu'on dégage dans la foulée les chaussées indûment encombrées ! Récuser les lieux ouverts et refuser les lieux couverts à la seconde religion de France, c'est raisonner en pompiers pyromanes. Ceux qui vitupèrent l'occupation religieuse du pavé s'opposent paradoxalement à la construction d'espaces appropriés avec ou sans minaret (au gré des arrêtés municipaux).” (…)

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Atteinte à la liberté : les dérives de l'obsession sécuritaire

Un  livre de Juli Zeh et Ilija Trojanow, Acte Sud, septembre 2010

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La romancière et juriste Juli Zeh et l'écrivain Ilija Trojanow nous mettent en garde : depuis le 11 septembre 2001, aux Etats-Unis mais aussi en Europe, les droits fondamentaux pour lesquels nos ancêtres se sont battus ont souvent été bafoués, et l'arbitraire s'installe. Intrusions dans nos vies privées, contrôle de nos opinions, de nos correspondances, de nos déplacements... Les auteurs tirent la sonnette d'alarme et posent les questions cruciales : Pourquoi laissons-nous faire ? Et comment devons-nous nous défendre ? Dans cet essai richement documenté, Juli Zeh et Ilija Trojanow dressent un tableau stupéfiant des conséquences désastreuses d'une obsession sécuritaire dont les Français aussi font les frais.

Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) refuse de rencontrer M. Hortefeux. Lettre publique.

Lettre au Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux

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"Monsieur le Ministre, vous avez souhaité rencontrer le Réseau Education Sans Frontières, RESF.
Le Réseau dans sa diversité aussi bien géographique que philosophique, politique, spirituelle, refuse de désigner en son sein quels que représentants que ce soit pour venir au ministère."

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L'insurrection qui vient en Italie

par Jacqueline Risset

“  Il arrive qu'un pays depuis longtemps immobilisé et anesthésié par un pouvoir établi sur des piliers redoutables (médias déviés, mafias et autres pouvoirs occultes) se réveille et s'exprime dans ses composantes les plus directement opprimées: ouvriers chassés de leurs usines, émigrés privés des droits élémentaires, victimes d'un tremblement de terre particulièrement destructeur exploitées et trompées par les institutions qui devaient les protéger et les aider, Sud empoisonné par les déchets toxiques subrepticement enfouis dans ses sols, étudiants ayant connu pour seul horizon depuis l'enfance un monde d'illusions et de mensonges qui, de fait, les privait de l'idée même d'un futur qui leur appartienne.

Depuis quelque temps, le pouvoir du gouvernement de ce pays s'affaiblissait. Ceux qui étaient jusqu'alors les plus silencieux –les plus résignés même, semblait-il– organisaient des défilés pleins de vie, d'imagination et d'impatience, occupant les toits des usines, les tours et, dans dix-huit villes, les monuments (avec le respect qu'auraient mérité aussi Pompéi ou le Colisée). “ (…)

> lire la suite dans Le Monde

Industrie chimique et cancers, le cercle infernal

Par Christelle Destombes

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“ Dow Chemical, BASF, Bayer, Monsanto, Dupont … Ces géants de l'industrie chimique, à l'origine de nombreux cancers, fabriquent aussi les traitements pour ces mêmes maladies. Le documentaire « The Idiot Cycle » décortique ces liens. Rencontre avec la réalisatrice franco-hispano-canadienne Emmanuelle Schick-Garcia.

Le pire est à venir, craint la réalisatrice, alors que ces compagnies partent désormais à l'assaut des biotechnologies, nous rejouant le mythe du progrès déjà vendu avec le plastique… (Voir la bande-annonce)

Projeté dans de nombreux festivals, ce film autoproduit -et le site dédié- propose des actions en vue de limiter l'exposition aux produits cancérigènes. Rencontre avec une femme qui sait que chacun d'entre nous peut refuser de prendre part à ce cercle absurde.” (…)

> lire la suite sur Rue89

Education : le Sénat retire 4 millions d'euros au public pour financer 250 postes de profs dans le privé

Merci à Jean-Claude Carle, sénateur UMP de Haute-Savoie !

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“Tandis que le ministère de l’Éducation nationale compte faire des économies en 2011, en supprimant 16 000 postes, le sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, a trouvé un moyen de faire un beau cadeau à l’enseignement privé sous contrat catholique. Le 17 décembre dernier, lors du vote du budget de la mission enseignement scolaire, il est parvenu à faire adopter un amendement assurant l’ouverture de 250 nouveaux postes pour l’année à venir, correspondant à 4 millions d’euros.

Et d'où viennent ces fonds ? Du budget de l'école publique.” (…)

> suite sur politique.net

A Tours, diffusion d’un tract contre l’extrême droite

La tenue du congrès historique du Front National à Tours est dénoncé par un collectif regroupant associations, syndicats et partis politiques.

“ Dans un contexte marqué par l’attaque de la droite au pouvoir contre les libertés, la criminalisation du mouvement social, la banalisation de la xénophobie et des propos anti-immigrés, la casse des acquis sociaux,… , le Front National organise son congrès national au Vinci à Tours le 15 et 16 janvier prochain.
Les organisations associatives, syndicales et politiques ont décidé de ne pas laisser passer le congrès du FN sans exprimer leur refus de la xénophobie, du tout-sécuritaire et de la stigmatisation de l’immigration comme origine des maux dont souffre la France.
Nous affirmons que le Front National propose des non-réponses aux problèmes sociaux de la majorité de la population. Plusieurs raisons de s'opposer à ses idées (…) : > lire le tract

Loppsi 2 : appels à mobilisation

Le 21 décembre à Paris devant l'Assemblée nationale

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Contre la Loi LOPPSI 2 : 

L'Assemblée nationale vient d’achever l’examen “article par article”, de la LOPPSI en 2 e lecture, et a durcit le texte. Il s’agit d’une des lois les plus répressives  de ces dernières décennies.  L’adoption par les députés de l’ensemble de la loi sera effectuée mardi 21 décembre en deuxième partie de l’après midi, puis elle sera rediscutée au Sénat courant janvier.

Certains amendements très liberticides  ont été retirés  ou rejetés en séance, ( reconnaissance automatique des individus à partir de la généralisation de la vidéo surveillance, ’instauration d’une peine plancher d’un an ferme pour les personnes accusée de violence à agent, ou pénalisation de certains sous locataires ou squatters  ...)

L'article 32 ter A, procédure expéditive d'expulsion des habitants d'habitations hors norme, complété d'une amende de 3750 euros d'amende lorsque le propriétaire s'oppose à l'expulsion, a été adopté avec le soutien du Gouvernement, dans sa version du Sénat. Trois députés de l’opposition Mr Patrick BRAOUZEC (PCF), Mr François PUPONI et Mr Jean Jacques URVOAS (PS), ont défendu le retrait de cet article de loi très rétrograde. L’article pénalisant la vente à la sauvette, a été adopté ainsi que de nombreux autres qui remettent en cause les libertés individuelles, accablent les populations les plus précarisées et stigmatisées, répriment les militants et les jeunes, menacent la liberté d’expression ...

La mobilisation se poursuit et s'étend :
Les associations, organisations et syndicats réunis mercredi soir (DAL, Jeudi noir, FSU, Intersquat, LDH,  RESEL, SM, SAF, Solidaire, NPA ...) , appellent à un grand rassemblement mardi 21 décembre à 17h, à l'Assemblée nationale, lors de l’adoption générale de la loi, et appellent à une journée nationale de manifestations en janvier avant la lecture au Sénat .

D'ici là de nombreuses manifestations et initiatives sont organisées dans toute la France :
Samedi 18 décembre à  :
Angers, Besançon, Clermont Ferrand, Figeac, Grenoble, Montpellier, Nantes, Paris, Périgueux, Perpignan, Rennes, Saintes, Strasbourg, Toulouse, Tours, Valence ...

> Source

Entraves aux directives des juges d’instruction pour le respect des droits des gardés à vue

Par le Syndicat de la Magistrature : courriers au procureur général et aux présidents de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Lyon

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Le procureur général près la Cour d’appel de Lyon ainsi que les présidents de la chambre de l’instruction de la même Cour ont décidé de militer activement contre les initiatives des magistrats de ce ressort qui entendent faire respecter les dispositions de la Convention européenne des droits de l’Homme en garde à vue.

Le Syndicat de la magistrature leur écrit.

Ci-joint :

WikiLeaks : Bradley Manning en isolement

par Jean Marc Manach

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Bradley Manning, le soldat américain de 22 ans soupçonné d’être la “gorge profonde” de WikiLeaks, n’a pas été condamné pour cela, ni pour aucun autre crime. Il n’est est pas moins incarcéré depuis cinq mois en Virginie (après être resté deux mois dans une prison militaire au Koweit), et soumis à des “traitements cruels et inhumains considérés dans de nombreux pays comme relevant de la torture, susceptibles d’entraîner des séquelles psychologiques à long terme“.

C’est ce que révèle Glenn Greenwald, juriste et chroniqueur au magazine Salon, dans un long article basé sur les témoignages de plusieurs personnes en contact direct avec lui. “ (…)

> lire la suite sur OWNI

Howard Zinn : Une histoire populaire des États-Unis De 1492 à nos jours

Publié aux éditions Agone en 2002

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Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d’histoire parlent habituellement peu. L’auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu’aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l’histoire officielle.
Une histoire populaire des États-Unis a reçu le prix des « Amis du Monde diplomatique » en 2003.

Howard Zinn (1922–2010) a enseigné l’histoire et les sciences politiques à la Boston University, où il était professeur émérite. Son œuvre (une vingtaine d’ouvrages) est essentiellement consacrée à l’incidence des mouvements populaires sur la société américaine.

> Tous les livres d’Howard Zinn aux éditions Agone

Des murs entre les hommes

Un livre d’Alexandra Novosseloff et Frank Neisse

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Presque vingt ans après la chute du mur de Berlin, de nombreux murs subsistent et séparent encore les peuples, tandis que d'autres se construisent. Ces murs " en activité " sont le signe tangible de la permanence de tensions et de conflits inextricables gelés par l'histoire. Au gré d'un périple autour du monde de deux ans qui les a menés de Tijuana à Belfast en passant par le Cachemire, les auteurs sont allés à la rencontre des peuples vivant auprès de ces murs pour mieux comprendre de quoi était faite leur existence. Ils en ont rapporté un récit, riche en anecdotes et observations, qui allie le ton alerte du carnet de voyage au recul d'un essai de géopolitique. Ils ont réalisé en même temps un reportage photographique inédit et insolite. De cette belle aventure est né cet ouvrage particulier qui permettra au lecteur de mieux saisir la réalité brute des huit murs choisis. Les blocs de béton et autres barbelés révèlent ainsi au détour d'une page, la beauté particulière d'une fresque ou d'un dessin pleins d'espoir et d'humour.
Cet ouvrage est préfacé par Serge Sur, rédacteur en chef de la revue : " Questions internationales ", professeur à l'Université Panthéon-Assas (Paris II) et directeur du Centre Thucydide. Jean-Christophe Rufin, prix Goncourt 2001 et actuel ambassadeur de France au Sénégal en a rédigé l'avant-propos.
Alexandra Novosseloff est docteur en science politique, chercheur associé au Centre Thucydide de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), spécialiste des Nations Unies et du maintien de la paix.
Frank Neisse est conseiller politique au Kosovo. Il a participé à plusieurs opérations de maintien de la paix.

Sommaire

La zone démilitarisée entre les deux Corées
- Un mur-frontière hors du temps
La ligne verte à Chypre
- Une division en Europe
Les "Peacelines" de Belfast
- Des murs dans la ville
Le " Berm " du Sahara occidental
- Les murs de sable du désert sahraoui
Le mur-frontière entre les États-Unis et le Mexique
- Le mur anti-immigration de la " Tercera Nacion "
Les barbelés de Melilla à Ceuta
- Les enclaves espagnoles emmurées au Maroc
La barrière électrifiée au Cachemire
- La ligne de contrôle de l'Inde au Pakistan
Le mur en Palestine
- De la protection à la séparation
Lexique
Bibliographie et filmographie

> on trouve des photos du livre (et d’autres) sur le site accord-philo (où j’ai trouvé l’info : merci)

Malaisie : la torture est pratiquée de manière systématique, sous la forme de peines de bastonnade

Amnesty international

Le gouvernement malaisien doit immédiatement mettre fin à la pratique de la bastonnade, sanction qui se traduit chaque année par des actes de torture et des mauvais traitements systématiques infligés à des milliers de personnes, qui en gardent des séquelles physiques et psychologiques permanentes, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public lundi 6 décembre.

Intitulé Malaysia : A Blow to Humanity : Torture by judicial caning in Malaysia, ce document propose une étude approfondie de la peine de bastonnade en Malaisie qui ne laisse guère de recours, de soutien ni d’espoir aux victimes, parmi lesquelles de nombreux étrangers sollicitant l’asile. Beaucoup ne comprennent pas les charges retenues contre eux ni le sort qui les attend.

« La bastonnade a atteint des proportions épidémiques en Malaisie, a déclaré Sam Zarifi, directeur d’Amnesty International pour la région Asie-Océanie. Dans chaque affaire que nous avons examinée, la sanction s’apparentait à un acte de torture, ce qui est absolument interdit en toutes circonstances. »

Ces dernières années, la Malaisie a accru le nombre d’infractions pénales passibles de la bastonnade. On en dénombre désormais plus de 60. Depuis 2002, date à laquelle le Parlement a ajouté à cette liste les infractions à la législation sur l’immigration, telles que l’entrée illégale sur le territoire, des dizaines de milliers de réfugiés et de travailleurs migrants ont subi ce châtiment. “ (…)

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Les profs stagiaires du Lot-et-Garonne en colère

Source SNES 47 – A propos d’une réunion dite “de formation” le 3 décembre à Bordeaux

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Témoignage (parmi d’autres) :

« Cher collègue,

Je me permets de vous envoyer ce mail car je voudrais témoigner directement de ce que vivent les professeurs stagiaires lors de leurs formations organisées par le corps d’inspection.

Lors de la réunion de « formation » du vendredi 3 décembre, qui s’est tenue au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, les professeurs stagiaires ont été conviés à suivre un cours magistral de 9h30 à 12h30. Les interventions successives n’ont répondu en rien à nos demandes les plus pressantes et à nos inquiétudes. La première traitait de l’organisation interne d’un rectorat, avec toutes ses strates de responsabilités, la seconde expliquait avec un tableau obsolète comment les IPR décident d’une note pédagogique lors de leurs visites etc… A la fin de la troisième intervention détaillant les droits et devoirs du fonctionnaire, un responsable des ressources humaines nous a rappelé que nous « devions » 35 heures par semaine à l’Etat et que nous n’étions pas une profession libérale et que nous dépendions d’une hiérarchie structurée. Inutile de vous préciser que beaucoup d’entre nous ont très mal apprécié ce « petit rappel » qui, en plus de résulter d’un postulat douteux, prouve encore une fois (et c’est peut être le plus grave) que les autorités sont bien loin de la réalité de ce que vivent les professeurs stagiaires !

D’ailleurs à la fin de l’intervention, un collègue a posé la question suivante : «  tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d’accord qu’en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu’en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n’avons encore eu à ce jour aucune formation ! » A cette invective fortement applaudie par tous, une inspectrice a pris la parole et a répondu : « Il faut savoir qu’il est du devoir de tout enseignant de s’auto former et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… ». 

Pour la matinée de ce vendredi 3 décembre je regrette tout simplement que le contenu de la formation soit non pertinent par rapport à nos nombreuses attentes.

Ce problème de formation des profs stagiaires est un problème maintenant connu et je n’aurais pas pris la peine de vous écrire pour quelque chose que vous connaissez déjà. En fait, je voudrais surtout vous rendre compte de ce qui s’est passé l’après midi de cette « formation ».

A notre grande surprise, à 14h, lorsque la réunion a repris, nous avons vu se succéder à la tribune deux militaires, un major et un colonel (si je me souviens bien) accompagné d’un IPR d’histoire géographie et d’un professeur agrégé d’histoire, commandant de réserve.

Les thèmes abordés ont été alors plus exotiques les uns que les autres, « l’enseignement de la défense », «  la défense aujourd’hui : nouvelles menaces, nouvelles configurations, les enjeux », « un exemple de partenariat Défense/lycée », « le recensement et la JAPD » etc.

Tous ces thèmes ont été servis avec une sauce idéologique particulièrement intéressante : « Grâce à dieu, grâce à dieu, grâce à dieu nous connaissons la paix en Europe depuis plus de 60 ans ». «  La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire », etc… Nous avons aussi été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires !! Tout ça avec en arrière plan des images de jeunes militaires avec des armes à la main en exercice de tirs, etc…

Nous avons été plusieurs à nous demander si ce n’était pas une mauvaise blague avec une caméra cachée…

Evidemment beaucoup de nos collègues furieux que l’on se moque de leurs préoccupations quotidiennes (apprendre à construire des séquences de cours ou évaluer les élèves par exemple) ont déjà commencé à quitter massivement les lieux… l’IPR, irrité, alors lâche quelques remarques injurieuses allant jusqu’à remettre en doute notre posture professionnelle. Peut être aurait-il dû se féliciter d’avoir devant lui des enseignants avec un esprit critique ! 

La fin de la séance a été épique, l’IPR nous a interpelés en nous interpellant : « Bon… nous sommes en retard mais … A qui la faute ? » … Il a ensuite apostrophé une professeur stagiaire qui était en train de se diriger vers la sortie et lui a dit « Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations »… A la professeur stagiaire de lui rétorquer courageusement  «  j’ai un train à prendre, il est 16h 31 et je ne suis payée que jusqu’à 16h30 ». 

Face à l’hostilité généralisée et réciproque, beaucoup ont quitté la salle. Le commandant de réserve, visiblement en colère se  permet une comparaison hasardeuse : «En salle des profs, on entend des conversations d’intellectuels qui ne servent à rien alors que nous dans l’armée on est dans l’action pour la nation » et enfin, un autre gradé de l’armée prend la suite en affirmant de manière décomplexée qu’il n’y a pas de déontologie dans l’éducation nationale !

Pour conclure, nous nous sommes tous sentis insultés tant par le choix des thèmes abordés qui témoignent d’une ignorance totale de nos problèmes quotidiens que par des propos inacceptables à notre égard et sur l’ensemble de la profession que, quelque part nous représentions ce jour là. »

> source

Etat d'émeutes, Etat d'exception : retour à la question centrale des périphéries

Par Laurent Mucchielli

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Cinq ans ont passé depuis les émeutes de 2005. On a vu depuis diverses répliques qui ont marqué les esprits (comme à Villiers-le-Bel) ou bien sont passées inaperçues. Puis sont apparues quantité de publications réactives. Enfin, un certain nombre de lois et de décisions publiques ont découlé de ces émeutes. On peut dresser un bilan critique des politiques publiques menées en réponse à ces protestations collectives, c'est-à-dire s'interroger sur leur inefficacité tant il est clair que les problèmes n'ont pas fondamentalement changé, quand ils ne se sont pas aggravés. Nous avons tenu colloque en octobre 2006, un an et demi après les événements de Perpignan (fin mai 2005), un an après les émeutes de la région parisienne (fin octobre 2005), afin de croiser les regards et de mettre à distance les faits. Un groupe de chercheurs, de professionnels et d’étudiants, sociologues et géographes, s’est alors interrogé sur les violences émeutières, les révoltes périphériques et les processus de centralité, de légitimité et de conflictualité auxquels elles renvoient. Nous n’en avons pas fini avec ce problème, qui n’a de solution monocausale ni de résolution uniquement institutionnelle, surtout quand l’état d’exception ou d’urgence se banalise et ne fait qu’accentuer la relégation, l’exclusion voire la ghettoïsation des plus jeunes et des plus démunis.

  • Ce livre est publié sous la direction de Jean-Louis Olive, Laurent Mucchielli & David Giband, avec des contributions de Véronique Le Goaziou, Roxane Got, Georges Bartoli, Lucie Musso, Guillaume Plantard, Nadine Bouzarou, Marie Chartier, Laurent Novoa, Yannick Cahuzac, Sophie Avarguez, Brigitte Mortier, Jean-Luc Chapey, Didier Vidal, Jean-Louis Olive, Laurent Mucchielli et David Giband.
  • Voir la table des matières de ce livre.
  • Commander ce livre sur le site des Presses de l'Université de Perpignan.

Du rififi à Londres. Le carosse du Prince Charles attaqué

La voiture qui transportait le prince Charles et son épouse Camilla a été attaquée jeudi soir à Londres par des manifestants qui protestaient contre l’augmentation des droits universitaires.

Entretien avec Grégoire Chamayou, auteur d’une histoire des “chasses à l’homme”

Grégoire Chamayou est philosophe, spécialisé en histoire des sciences autour des expériences sur les humains, auteur de « Les chasses à l’homme », La Fabrique éditions, 13 €.

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“ Basta ! : Grégoire Chamayou, pourquoi retracer l’histoire de la chasse à l’homme depuis l’Antiquité ?

En raison de ce qui se passe aujourd’hui, sous nos yeux, et pas au cinéma. Lorsque Bush lance la guerre en Afghanistan, il invite les « nations qui aiment la liberté à se joindre à nous dans une chasse à l’homme internationale » [1]. Nous avons là un discours de guerre présentée comme une guerre-chasse, menée contre des ennemis de l’humanité réduits au rang de proies universelles. La réduction rhétorique de l’ennemi à une bête nuisible autorise la plus extrême violence, et ce en dehors des cadres classiques du droit de la guerre. Les opérations militaires ont, elles-mêmes, été théorisées par le Pentagone comme une traque plutôt qu’un duel. On a largué, par avion, des milliers d’affichettes « wanted » avec le montant des récompenses. Il s’agit d’une guerre cynégétique, où les civils sont tirés comme des lapins, depuis des hélicoptères.

Autre exemple, celui de la chasse aux travailleurs sans-papiers. Une traque étatique, organisée sur fond d’illégalisation des personnes et d’hyper exploitation salariale. On se souvient de cette femme chinoise qui se jette de sa fenêtre à Belleville pour fuir une descente de police ou de cet enfant qui fait une chute à Amiens, depuis un balcon, pour échapper à une arrestation. J’étais en train de finir ce livre quand les événements de Rosarno, en Italie, se sont produits : une partie de la population s’est munie de carabines et de barres de fer pour poursuivre les travailleurs saisonniers d’origine africaine. Moment inquiétant où, sur fond de crise sociale, la xénophobie d’État se trouvait relayée, dans la pratique, par des phénomènes de « chasse de meute », comme les appelait l’écrivain Elias Canetti. Ces exemples mettent en relief un genre de violence qu’il faut d’urgence essayer de penser, d’inscrire de manière critique dans l’histoire. “ (…)

> lire la suite sur Basta!

WikiLeaks et la censure politique d'Internet : nous voila prévenus !

Par : la Quadrature du net

“ Paris, le 4 décembre 2010 - Le secrétaire d'État chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, Éric Besson, a annoncé hier son intention de faire en sorte que le site Internet WikiLeaks « ne soit plus hébergé en France ». Outre le caractère folklorique de cette tentative de « reconduite à la frontière numérique », cette déclaration révèle une volonté profonde du gouvernement de contrôler Internet, quitte à bafouer pour cela les règles de droit. Le vote prochain de la LOPPSI et de son article 4 instaurant la censure du Net, au prétexte de la protection de l'enfance, en sera l'instrument idéal.

En tant qu'organisation œuvrant pour la liberté d'expression et de communication sur Internet, La Quadrature du Net soutient WikiLeaks et ses actions. Elle rappelle que WikiLeaks se contente de faire ce qu'aurait fait n'importe quel journaliste ayant reçu d'une tierce personne des informations relevant de l'intérêt général : les communiquer au public.

Pourtant, dans la lettre1 envoyée au Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET), le secrétaire d'État à l'Économie numérique estime que la France « ne peut héberger les sites Internet qualifiés de criminels et rejetés par d'autres États en raison des atteintes qu'ils portent à  leurs droits fondamentaux ». Pris de panique par les révélations des câbles diplomatiques américains, le gouvernement prend donc des largesses avec l'État de droit et décide unilatéralement, sans saisir l'autorité judiciaire et sans même prendre la peine de qualifier en droit le « crime » dont WikiLeaks serait coupable, de tenter de faire disparaître un site. Outre le débat sur la légalité, la pertinence et l'utilité de la publication de ces documents par WikiLeaks, l'initiative d'Éric Besson fournit une nouvelle illustration de la détermination obsessionnelle d'un gouvernement souhaitant à tout prix contrôler Internet et l'information qui y circule.

« Ces déclarations d'Éric Besson visant à contrôler Internet coïncident avec l'examen prochain à l'Assemblée nationale de la LOPPSI, dont l'article 4 impose une censure administrative du Net, contournant l'autorité judiciaire, au prétexte fallacieux de la protection de l'enfance2. Une fois l'infrastructure de filtrage mise en place en violation des principes élémentaires de l'État de droit3, les politiciens allergiques à la liberté pourront censurer le Net en toute impunité. » déclare Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net.”

Les utopiques villages-universités de Thoreau : résister par la culture

Ren­contre/débat organisée par le CEDRATS le samedi 11 décem­bre à 15 heures à Lyon

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« Il est temps que les vil­la­ges soient des uni­ver­si­tés… » exhorte Henry D. Thoreau dans Waldenen 1854. Dans son célè­bre livre de résis­tance à l’emprise des ins­ti­tu­tions alié­nan­tes, de rejet des tra­di­tions et des sté­réo­ty­pes qui altè­rent la pensée, Thoreau se lance dans un plai­doyer véhé­ment en faveur de la lec­ture des grands livres qui ont enre­gis­tré « les plus nobles pen­sées humai­nes ». Il s’agit pour lui de pro­vo­quer l’Amérique inculte, fas­ci­née par le « pro­grès » tech­no­lo­gi­que et la recher­che effré­née de l’enri­chis­se­ment, afin de l’inci­ter à se choi­sir des objec­tifs plus élevés.

Un siècle et demi après, alors qu’il est devenu plutôt de bon ton de ne pas lire des livres sérieux et que l’avenir des Humanités est gran­de­ment menacé parce qu’elles ne sont désor­mais pas jugées ren­ta­bles à court terme, la pro­po­si­tion de Thoreau appa­raît comme un utile rappel de la fonc­tion émancipatrice de la culture écrite. La réflexion de ce dis­si­dent peut nous aider à ne pas tomber dans les pièges de la « révo­lu­tion numé­ri­que » et de la « société de la connais­sance », à pré­fé­rer l’exer­cice de l’inter­pré­ta­tion qui pro­tège des séduc­tions anes­thé­sian­tes de la culture de diver­tis­se­ment et des sim­pli­fi­ca­tions de « l’infor­ma­tion » fabri­quée par les médias. À une époque où de plus en plus d’indi­vi­dus se sen­tent dépos­sé­dés de leur capa­cité à conduire digne­ment leur vie et de mener à bien leur mis­sion pro­fes­sion­nelle, la pensée de Thoreau, avec son exi­gence d’un effort sou­tenu de lec­ture, pré­pare à une plus grande vigi­lance face aux dis­cours mani­pu­la­teurs.

Pour en dis­cu­ter nous avons invité Michel Granger, pro­fes­seur de lit­té­ra­ture amé­ri­caine du XIXe siècle à l’uni­ver­sité de Lyon, spé­cia­liste des écrivains de la « Renaissance amé­ri­caine », en par­ti­cu­lier Hawthorne, Melville et Thoreau. Sur ce der­nier écrivain, il a notam­ment dirigé le Cahier de l’Herne, Henry D. Thoreau (L’Herne, 1994), publié une mono­gra­phie, Henry D. Thoreau. Paradoxes d’excen­tri­que (Belin, 1999). Il se consa­cre actuel­le­ment à l’édition fran­çaise des œuvres de Thoreau, Essais (tra­duc­tion de Nicole Mallet ; Le Mot et le Reste, 2007) et Walden(tra­duc­tion de Brice Matthieussent ; Le Mot et le Reste, 2010).

CEDRATS Centre de docu­men­ta­tion et de recher­ches sur les alter­na­ti­ves socia­les

27 montée Saint-Sébastien, métro Croix-Paquet, 69001 Lyon Croix-Rousse.

Tél 04 78 29 90 67 cour­riel : cedrats.actions@laposte.net

L’excellence, ce faux ami de la science

par PHILIPPE BUTTGEN Chercheur au CNRS, BARBARA CASSIN Chercheur au CNRS

“ L’ «excellence» est en train de tuer la science. Primes d’excellence, chaires d’excellence, équipements d’excellence, laboratoires d’excellence, initiatives d’excellence, périmètres d’excellence, pôles d’excellence. Attention, un «laboratoire d’excellence» n’est pas un laboratoire, c’est un monceau de laboratoires qui obéit à une logique de pouvoir maquillée en logique scientifique : la logique d’excellence. La manière forte a échoué ; ce dont le pouvoir ne voulait plus est toujours là. La manière douce va peut-être réussir. On finance, on arrose, en perpendiculaire aux anciennes structures, et on empile.

Prenons l’appel à projets qui promet des «initiatives d’excellence» pour les universités françaises. C’est à l’occasion d’un emprunt d’Etat, le «grand emprunt», à peu près aussi grand que notre président. Nous lisons des phrases insensées en novlangue, comme celle-ci : «Une Initiative d’excellence assure la promotion et le développement d’un périmètre d’excellence et impulse autour de lui une dynamique de structuration du site par la mise en œuvre d’actions de recherche et de formation innovantes dans le cadre d’une gouvernance rénovée et performante.» Le bégaiement revient dans la célébration infantile du «niveau» : «Les candidatures, qui seront évaluées par un jury international de très haut niveau, devront faire la démonstration de leurs forces actuelles, mais également de leur niveau d’ambition pour l’avenir et de leur capacité à mettre en œuvre leur stratégie.»” (…)

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