Haro sur les sciences sociales

par Baudouin Jurdant, rofesseur à l’Université Denis Diderot

Ce bon La Fontaine déborde son siècle par la justesse et la pertinence de ses propos dans des domaines qu’il n’aurait sans doute pas imaginés lui-même. Il s’agit ici de l’avenir, bien compromis, des sciences sociales et des humanités en Europe, dans cette Europe hellénisée, berceau des humanités et de la démocratie justement, comme l’attestait encore récemment Jacqueline de Romilly. Le 8e PCRD (Programme Cadre de Recherche et Développement) en préparation à Bruxelles, nous l’annonce : réduction des financements en sciences sociales et humaines, encadrement de leurs demandes par les sciences dures, ajustement aux projets d’applications industrielles, etc. Mais qu’ont-ils donc à vouloir à tout prix affaiblir les sciences humaines ? Pourquoi cet acharnement contre la pensée ?

Le problème avec les sciences sociales, c’est qu’elles ne sont pas suffisamment compétitives. Et si elles ne sont pas assez compétitives, c’est surtout parce qu’elles échappent aux critères d’évaluation qui nous permettraient de garantir leur « excellence ». Les sciences sociales n’apportent rien à ce moteur de la croissance dont on entend de plus en plus souvent les ratés. On pourrait même les suspecter d’être à l’origine de ces ratés. Avec leurs analyses maniaquement critiques, leurs questions intempestives, leurs obsessions méthodologiques, leur laxisme supposé. “ (…)

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