La misère politique a certes toujours existé, mais notre époque a inventé une forme générale d'exploitation et de domination radicalement inédite et incroyablement vicieuse (car en apparence indolore) : le HARCELEMENT. Le harcèlement à tous les étages, générateur de stress et d'auto-culpabilisation… Or on ne répondra pas au harcèlement par la seule indignation ni par les appels incessants à la révolte, mais plutôt depuis une posture (force-) de RESISTANCE INTERNE elle-même universelle et susceptible de harceler à son tour le pouvoir, ne lui laissant aucun répit. On se révolte à juste titre contre un maître, un tyran, une oligarchie, on ne se révolte pas contre le SURMAITRE harceleur et "bienveillant" que d'aucuns persistent à nommer (à tort ou à raison) le Capital. C'est pourquoi l'Etat ne supporte pas les actes de DESOBEISSANCE CIVILE alors qu'il finit par s'accommoder des grèves et des manifs, sans parler des attentats qui le confortent dans la répression. Les désobéisseurs sont les nouveaux résistants, le vrai cauchemar des autorités, les seuls à prendre réellement en défaut le pouvoir. Réalistes, ils ne prétendent pas abattre le Système depuis un "ailleurs" imaginaire, idéologique. Leur action, ils la veulent à la fois efficace et limitée, déterminée et concertée, individuelle et collective, précise et homéopathique, non-violente et cependant paralysante. Juste la force du NON.