Loppsi 2 : outils et méthode pour performer la guerre aux pauvres

Source : Cévennes en lutte

“ (…)  Les forces de maintien de l’ordre se réorganisent et se multiplient. La police nationale et la gendarmerie (intégrée au ministère de l’intérieur depuis la Lopsi) se coordonnent davantage et partagent leurs compétences. Les nationaux seront désormais susceptibles d’intervenir sur le territoire de la gendarmerie et inversement. Les pouvoirs des polices municipales et rurales s’accroissent, certains deviendront des agents de police judiciaire, ils pourront constater crimes et délits, procéder à des actes d’enquête, effectuer contrôles d’identité et fouilles. Les agents de sécurité privée, actuellement 170 000, auront également de nouveaux droits et seront encadrés par un « conseil national des activités privées de sécurité » qui leur permettra de collaborer plus activement avec le reste des forces de police. La LOPPSI multiplie le nombre de personnes dépositaires de l’autorité publique et alourdit les condamnations des faits allant de l’outrage à l’homicide à l’encontre de ceux-ci. Les agents de renseignement pourront légalement utiliser une identité ou une qualité d’emprunt, témoigner anonymement... et dévoiler leur identité sera puni de 3 à 10 ans d’emprisonnement (y compris si la révélation est commise involontairement, par négligence ou imprudence). Des pratiques policières, jusqu’ici extra-légales, sont reconnues par cette loi, tel que l’infiltration, le démarchage d’indics, etc.

La collaboration avec la police est un credo vivement encouragé. Une « réserve civile de la police nationale » est créée, élargie à d’autres personnes que les policiers retraités. Elle est chargée d’appuyer les fonctionnaires dans leurs missions. De plus, un « service volontaire citoyen » est mis en place pour des missions de « médiation sociale » et « d’éducation à la loi », en somme une sorte de milice citoyenne. Sous prétexte « d’aide aux victimes », le texte de loi prévoit la création d’outils de dénonciation en ligne (téléphone ou internet). Le vieux paternalisme de l’Etat se déplace sur le seul champ de la sécurité. Il garantit la réparation des préjudices subis et encadre les victimes. C’est une réponse individuelle et psychologique, pour empêcher le questionnement sur les causes réelles de la violence sociale. Cette méthode a aussi comme objectif l’adhésion de tous au processus disciplinaire.” (…)

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