Les leçons politiques de la lutte au Wisconsin

Par Jerry White

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“ Aujourd’hui il y a exactement deux semaines que les Républicain du Wisconsin ont recouru à une manouvre de légalité douteuse pour souscrire au projet de loi de « réparation budgétaire » du gouverneur Scott Walker et pour priver près de 375.000 enseignants, infirmiers, travailleurs des collectivités territoriales et autres employés du public de leurs droits de négociation collective tout en imposant des coupes drastiques dans les salaires nets.”

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Quand la justice se met à scruter le cerveau des criminels

Par Catherine Vidal

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“ Aux Etats-Unis, l'imagerie cérébrale est utilisée par le système judiciaire pour mieux connaître l'état mental des accusés et des témoins. En France, où l'expertise psychique s'appuie sur des entretiens, cette technologie séduit autant qu'elle inquiète.

On dénombre aux Etats-Unis 130 procès au cours desquels des spécialistes de l'imagerie cérébrale ont été convoqués pour éclairer les juges et les jurés sur l'état du cerveau des accusés et des témoins. Le sujet des applications juridiques des neurosciences est devenu une thématique de recherche à part entière dénommée « neurolaw » (le « neurodroit »).

Ce n'est pas le cas en France, où psychiatres et psychologues s'appuient avant tout sur des entretiens. Mais pour combien de temps encore ? Le modèle américain tend à s'imposer avec la perspective de voir les neurosciences suppléer le médecin clinicien dans l'évaluation de la responsabilité et de la dangerosité d'un prévenu. “ (…)

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Enquêter sur la violence légitime

par Cédric Moreau de Bellaing

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Le sociologue prenant pour objet l’usage de la force par la police se trouve face à un obstacle de taille : comment traiter d’un objet qui se laisse tout à la fois rarement et difficilement observer ? Cédric Moreau de Bellaing présente les enjeux théoriques de l’enquête qu’il a consacrée aux plaintes pour violences policières adressées à l’Inspection générale des services.

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Une claque qui en appelle d’autres...

Communiqué du Syndicat de la Magistrature

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“ Le Conseil constitutionnel a infligé un véritable camouflet au gouvernement en censurant treize dispositions de la « LOPPSI 2 », véritable monstre législatif devenu la pierre angulaire des orientations politiques les plus répressives promues par l’UMP.

Au-delà, c’est le président de la République lui-même qui est sévèrement tancé. En effet, ce texte – comme la « loi Besson » – avait été considérablement durci à la suite du « discours de Grenoble ». Or, les « Sages » sont venus rappeler les principes constitutionnels que Nicolas Sarkozy, dans sa hargne sécuritaire exprimée cet été contre les récidivistes, les mineurs, les étrangers et les Roms s’était permis d’évacuer d’un coup de menton :

  • non, la surveillance de la voie publique ne peut être déléguée à des personnes privées via l’exploitation de systèmes de vidéosurveillance ;
  • non, des prérogatives de police judiciaire ne peuvent être attribuées aux agents de police municipale qui ne sont pas soumis au contrôle de l’autorité judiciaire ;
  • non, les mineurs primo-délinquants ne peuvent se voir appliquer des peines-planchers ni être convoqués directement devant le tribunal pour enfants par le procureur ; de même, leurs parents ne peuvent être sanctionnés pénalement pour une infraction commise par leurs enfants ;
  • non, les mal-logés et les gens du voyage installés sur des terrains pour y vivre ne peuvent être évacués de force sur simple décision préfectorale ;
  • non, les audiences relatives aux étrangers ne peuvent être tenues, au secret, dans les centres de rétention administrative.” (…)

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Persée en péril. Pétition

http://9491.lapetition.be

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PERSÉE – le programme national de numérisation, de traitement documentaire, de diffusion et de valorisation scientifique – est aujourd'hui menacé par une décision de la direction de l'université Lumière Lyon 2.
Sans concertation préalable (personnels et direction de PERSÉE non sollicités, comité de suivi de PERSÉE, ministère de tutelle, organes institutionnels de l'Université (CTP, CS, CA) non avertis), la direction de Lyon 2 a décidé le 7 février 2011 de mettre fin à la convention-cadre soutenant l'existence du programme. Cette décision prend effet le 10 mai 2011.
L'ensemble des personnels du programme PERSÉE ne comprend pas la précipitation de la direction de Lyon 2. Aucune information n’a précédé cette décision. Aucune discussion n’est proposée par la direction de l’université. Aucune solution ne garantit la continuité des activités du programme et la préservation de l'équipe PERSÉE en raison du trop court calendrier imposé par Lyon 2.
Nous ne savons pas ce qu’il adviendra de PERSÉE au-delà du 10 mai 2011.

QUELLES SERONT LES CONSÉQUENCES ?
• La fermeture du portail www.persee.fr et la disparition d’un outil utilisé par des millions de chercheurs et d’étudiants.
• Un formidable gâchis d’argent public : le ministère - avec Lyon 2 - a initié le programme PERSÉE et le finance depuis 8 ans. Ce soutien a permis de constituer un fort capital technique et de développer des savoir-faire spécifiques.
• L’éclatement de l’équipe PERSÉE et la dispersion de compétences vitales pour le programme. Les vacataires et les contractuels (85% de l'effectif) sont les premiers touchés. La direction de l’université Lyon 2 a d’ores et déjà refusé de renouveler les contrats de vacations au-delà du 10 mai 2011.

QU'EST CE QUE PERSÉE ?
• PERSÉE est un programme du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche qui numérise, archive, valorise et diffuse gratuitement des millions de pages d'articles et de monographies à haute valeur scientifique.
• PERSÉE c’est une des plus grandes bibliothèques numériques scientifiques francophones avec plus de 350 000 documents scientifiques en texte intégral, en ligne, en accès gratuit.
• PERSÉE c'est un outil de valorisation internationale du patrimoine scientifique au service de la communauté académique, depuis 2005.
• PERSÉE c'est 3,6 millions de documents téléchargés et 19,5 millions de consultations en 2010, au niveau national et international.
• PERSÉE c’est 125 conventions avec des éditeurs scientifiques et des partenariats avec des universités françaises et étrangères (La Sorbonne, Louvain etc.), et des instituts de recherche (Maison de l'Orient et de la Méditerranée, les cinq Écoles Françaises à l’étranger, les IFRE, M.I.T. etc.).
• PERSÉE c'est une technologie solide et reconnue, développée en open source.
• PERSÉE c'est aussi une équipe de 21 BIATOS qualifiés qui travaillent à rendre des centaines de milliers de documents accessibles et gratuits pour tous.
Dans son rapport d’évaluation du 28/12/2010, l'AERES (Agence d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur) souligne que « PERSÉE est un exemple parfaitement réussi de rassemblement d’un corpus documentaire permettant le développement de services à haute valeur (...). Que l’on envisage le portail sous l’angle des options technologiques, de la structuration de l’information et des outils de consultation conçus des choix innovants qui fondent sa reconnaissance dans le paysage complexe de l’édition scientifique numérisée. » L'AERES souligne également « la façon exemplaire dont a été conduit le projet [PERSÉE] avec des moyens relativement modestes. »
PERSÉE est une réussite scientifique, documentaire et technologique.
Et pourtant, la direction de l’université Lumière Lyon 2 prend le risque de détruire cette initiative.

SOUTENEZ PERSÉE !
Nous demandons du TEMPS pour organiser, dans de bonnes conditions pour les partenaires de PERSÉE et dans le respect des personnels, le désengagement de Lyon 2 et le transfert à une autre structure publique.
• Nous appelons les utilisateurs de PERSÉE, chercheurs, enseignants, étudiants, citoyens, documentalistes et bibliothécaires à nous apporter leur soutien.
• Localement et nationalement, nous appelons les syndicats à soutenir les personnels vacataires, contractuels et titulaires de PERSÉE.
Signez la pétition !
Faites part de vos commentaires !
http://twitter.com/PerseeFr
http://www.facebook.com/persee.fr
Les personnels BIATOS titulaires, contractuels mensualisés et vacataires solidairement.

http://www.lapetition.be/en-ligne/Persee-en-peril-9491.html

http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=9491

http://www.persee.fr/web/guest/home

Tomás Ibañez : Réflexions, approximativement philosophiques, sur l’anarchie, l’anarchisme et le néo-anarchisme

Notes et vidéo de l’intervention de Tomás Ibañez le 28 janvier 2011 au Cedrats.

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“ Ayant par­ti­cipé au Mouvement du 22 mars en mai-juin 1968, mais aussi parmi les inven­teurs du A cerclé qui sym­bo­lise depuis l’anar­chisme, Tomás Ibañez, après plu­sieurs années d’acti­visme dans la com­po­sante liber­taire de l’oppo­si­tion au fran­quisme, déve­loppe une réflexion sur l’his­toire et l’actua­lité de l’anar­chisme qui se veut à l’écart de tous les dog­ma­tis­mes mili­tants. Vient d’être tra­duit en fran­çais son recueil de textes s’étalant sur plus de 40 ans, Fragments épars pour un anar­chisme sans dogme.

Texte dif­fusé intro­dui­sant l’inter­ven­tion

Après quel­ques consi­dé­ra­tions pré­li­mi­nai­res sur les rap­ports entre Anarchisme et Philosophie, nous nous appuie­rons sur Foucault pour inter­ro­ger le statut onto­lo­gi­que de l’anar­chie et de l’anar­chisme dans l’accep­tion par­ti­cu­lière que nous don­nons à ces termes. Ensuite, compte tenu du carac­tère néces­sai­re­ment situé, socia­le­ment et his­to­ri­que­ment, de l’anar­chisme, nous nous arrê­te­rons sur l’uti­lité que pré­sente la cri­ti­que post­struc­tu­ra­liste de la moder­nité pour ana­ly­ser la pensée et les pra­ti­ques anar­chis­tes. Enfin, nous argu­men­te­rons la conve­nance pour la pensée anar­chiste de s’ouvrir lar­ge­ment à cer­tai­nes contri­bu­tions en pro­ve­nance d’une pensée contem­po­raine située en dehors de sa propre tra­di­tion. Nous essaie­rons de mon­trer com­ment cer­tains aspects de la pensée de Foucault, de Castoriadis, ou de Rorty, peu­vent fer­ti­li­ser la pensée anar­chiste, et l’inté­rêt qu’aurait celle-ci à s’appuyer plus direc­te­ment sur cer­tains aspects du rela­ti­visme. Pour conclure, nous ten­te­rons de for­mu­ler quel­ques impli­ca­tions géné­ra­les concer­nant les pra­ti­ques actuel­les de l’anar­chisme. L’exposé sera suivi d’une dis­cus­sion avec les orga­ni­sa­teurs et les par­ti­ci­pants” (…)

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Lille : Une expo sur l’homosexualité taguée par un collectif « Hétérophobie Stop »

par Christophe Martet dans Yagg

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“ À Lille, c’est la consternation après l’opération de vandalisme d’une expo photos de l’association Silence H! consacrée à l’homosexualité. Dans la soirée de mardi, tous les cadres et certaines photos ont été tagués de bombe rouge (photo) et un message a été ajouté dans le livre d’or, évoquant « la pornographie » et « l’attentat à la pudeur ».

L’action est le fait d’un collectif au nom évocateur: Hétérophobie Stop. Contacté par Nord Éclair, un des tagueurs, Hugo Coste, a expliqué que ces clichés étaient « la goutte d’eau de trop ». L’étudiant a souligné à la journaliste de Nord Éclair qu’ils étaient six à avoir tagué les photos de l’exposition, profitant de l’absence du vigile. Pour lui, « l’homophobie a totalement disparu aujourd’hui ». Et si problème il y a, ça ne concerne pas l’homosexualité « mais l’homosexualisation. En nous matraquant comme ça, on veut changer les consciences ». Ah, toujours et encore cette accusation de prosélytisme lorsqu’on évoque l’homosexualité…

DES AFFIRMATIONS DANGEREUSES
De son côté, le collectif L’Egide n’a pas manqué de réagir à ces propos. « Ces affirmations sont dangereuses car l’homophobie est bien une réalité qu’on ne peut pas nier, insiste son communiqué. « L’homosexualisation », ce néologisme laisserait à penser que dans notre société l’homosexualité serait en passe de devenir la norme et que l’hétérosexualité serait en danger. Quelle bêtise! L’hétérosexualité n’est pas en danger, il n’y a pas à parler d’hétérophobie et l’homosexualité est loin de s’ériger en norme ».

Silence H!, créée en 2010 pour sensibiliser à l’homophobie dans les milieux médical et estudiantin, prévoit de maintenir l’exposition, réalisée dans le cadre d’une série d’actions. Elle a l’intention de porter plainte. “

source : yagg.com

L'EXPERIENCE PITESTI

Dimanche 6 mars, 23h-24h, France-culture. - L'Atelier de création radiophonique (ACR) - une émission proposée par Frank Smith et Philippe Langlois.

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Un documentaire de Guillaume Herbaut & Dia Radu

Réalisation Anne-Pascale Desvignes

Entre 1949 et 1952, presque 2 000 jeunes, choisis parmi les élites intellectuelles des étudiants roumains, ont été arrêtés et condamnés à de dures années de prison pour leur orientation politique anti-communiste. Emprisonnés à Pitesti, dans l'une des quelques prisons situées en dehors des villes, dans des zones très isolées, ces étudiants ont été soumis à une expérimentation soviétique de lavage de cerveau.

A travers les témoignages d'anciennes victimes de Pitesti, on tache ici de comprendre comment, à partir du 6 décembre 49 et dans la chambre numéro 4, se déroulait ce « laboratoire concentrationnaire » - qui fut comparé au roman 1984 de George Orwell.

Il est encore difficile pour les victimes de témoigner de ce qui s'est passé à Pitesti, certaines d'entre elles étant par la suite devenues, elles-mêmes, des bourreaux...

Guillaume Herbaut, né en 1970, est membre fondateur de L'Oeil Public. Lauréat de la Fondation de France en 1999, il se rend depuis quelques années sur des lieux chargés d'Histoire, de symboles, de mémoire. Son travail Tchernobylsty, prix Kodak de la Critique 2001, paraît aux éditions le Petit Camarguais en octobre 2003, et remporte le prix Fuji du livre l'année suivante. Après Oswiecim, un travail documentaire sur Auschwitz de nos jours - exposé au festival Transphotographiques de Lille au printemps 2005 -, il s'intéresse à Skhodra, petite ville en Albanie du nord où des familles cloîtrées subissent encore la tradition de vendetta. Visa pour l'Image expose ce reportage en septembre 2004. Il obtient la Bourse 3P pour réaliser un travail sur Nagasaki. Prix Lucien Hervé en 2004, il continue à révéler les drames invisibles. Ses travaux ont été exposés au Jeu de paume en octobre 2005.

Dia Radu est entrée dans la presse à 16 ans. Elle est rédactrice pour la revue Formula As et collaboratrice permanente de Esquire magazine, dans lequel elle publie des interviews, des chroniques et des reportages sur des thèmes culturels et sociaux, en essayant de tracer un portrait fidèle de la Roumanie d'aujourd'hui, profonde et contradictoire. Elle s'intéresse également à la photographie et se propose de traduire en images les réalités contemporaines.

> les podcasts de lӎmission

Le Pakistan sombre dans l'extrémisme religieux

par Françoise Chipaux 

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“ L’assassinat à Islamabad de Shahbaz Bhatti, ministre des minorités religieuses et le seul chrétien membre du cabinet, souligne une fois de plus l’état d’anarchie dans lequel s’enfonce le Pakistan. Cet assassinat en plein jour intervient deux mois après celui du gouverneur du Pendjab, tué par l’un de ses gardes du corps et pour la même cause: les critiques proférées par le ministre contre la loi sur le blasphème. La loi sur le blasphème qui punit de mort toute personne accusée de profaner  le prophète Muhammad est souvent utilisé contre les minorités pour tenter de régler des conflits personnels. Toutes les tentatives faites depuis plusieurs années ne serait-ce que pour amender cette loi en durcissant son application ont été infructueuses, le pouvoir politique reculant devant les menaces des partis religieux.” (…)

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Royaume Uni : Stoppons Rupert Murdoch

Source : Avaaz

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Dans 48 heures, presque la moitié des médias de masse britanniques pourrait être rachetée par l'un des pires barons des médias dans le monde.

Rupert Murdoch a exploité son vaste empire médiatiques pour encourager la guerre en Irak, faire élire George W Bush, propager le ressentiment envers les musulmans et les immigrés, et bloquer un plan d'action mondial sur le changement climatique. Il ébranle la démocratie dans le monde en menaçant les dirigeants élus de campagnes médiatiques ouvertement hostiles s'ils refusent de faire ce qu'il demande.

Le Royaume-Uni joue un rôle central en Europe et dans le monde. Si Murdoch parvient à verrouiller son emprise sur les médias britanniques, il utilisera ce pouvoir pour saper les efforts du Royaume-Uni, de l'UE et de l'ONU en faveur des droits humains et de la démocratie. Le Royaume-Uni est vent debout contre l'offre de rachat de Murdoch et même le gouvernement, élu avec l'aide de Murdoch, est divisé en deux alors qu'il doit prendre une décision cette semaine. La solidarité mondiale a soutenu les manifestants pro-démocratie en Egypte -- elle peut aujourd'hui aider la mobilisation des citoyens britanniques. A nous de faire résonner de toute urgence un tollé mondial pour contrer Rupert Murdoch.

Signez la pétition adressée au Premier ministre Cameron et au vice-Premier ministre Clegg!

Wisconsin : la révolte des fonctionnaires qui secoue les Etats-Unis

Depuis deux semaines, les fonctionnaires de l’Etat du Wisconsin sont en guerre ouverte contre le nouveau gouverneur républicain et une loi qui supprimerait 70 ans d’acquis sociaux et syndicaux. Un conflit qui passionne l’Amérique toute entière.

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“ Ce n’est pas exactement la place Tahrir, mais on n’est pas loin. A Madison, la capitale du Wisconsin, les manifestants brandissent depuis deux semaines des pancartes exigeant le départ d’ "Hosni Walker". A l’origine de ce que la presse américaine a baptisé la "bataille du Wisconsin" : la volonté du nouveau gouverneur républicain, Scott Walker, de supprimer les conventions collectives dans la fonction publique, soit d’effacer d’un coup de balai 70 ans d’acquis sociaux. L’affaire partage souvent la une de l’actualité avec les révoltes arabes. “ (…)

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Création de l’organisation “Chercheurs Sans Frontières - Free Science”

 http://www.csf-free-science.org/fr:start

Il est de plus en plus évident que la liberté de pensée, de recherche et d’expression n’est plus garantie nulle part. On conçoit pourtant mal une recherche qui ne ferait que complaire aux puissances de l’économie et de la politique. Par quelle providence les découvertes les serviraient-elles spontanément ? Les scientifiques ont donc dû conquérir leurs droits contre l’autorité en une histoire héroïque qui a conforté la croyance dans les progrès indéfinis de la raison et l’intérêt universel pour la connaissance. L’optimisme n’est plus de saison et sans doute était-il en partie illusoire. Aujourd’hui, les menaces s’accumulent à l’endroit des scientifiques, dont l’autonomie est moins bien garantie. Quant à leur intervention motivée dans la sphère publique, elle est devenue dangereuse. Si les chercheurs ne tombent plus sous le coup des rigueurs des tribunaux de l’Inquisition, de nouveaux moyens de faire taire existent, plus en accord avec les mœurs et l’esprit du temps.

Depuis longtemps, les sanctions menacent les scientifiques opérant sur des secteurs sensibles : la privation des crédits, la calomnie, la dissuasion des étudiants, le refus des promotions et la censure. Comme un lâche soulagement devant les collègues soumis à des sanctions plus dramatiques dans les pays les plus obscurs, on s’en accommodait plus ou moins. On s’en accommodait aussi comme d’exceptions forcément provisoires. La menace est aujourd’hui plus pernicieuse : l’assignation en justice est à la fois un nouveau moyen et un symptôme plus général de l’introduction du cynisme pour réduire les scientifiques au silence. On parle volontiers de « guerre des idées », c’est en fait une guerre des intérêts contre les idées. Les boîtes à idées et autres think tanks essaiment plutôt dans la sphère des groupes économiques les plus riches. La judiciarisation est un moyen coercitif de mener cette guerre où les règles sont biaisées par l’argent, puisque les riches initiateurs gagnent à tous les coups. Comment un chercheur peut-il faire face à un groupe économique ? Sa fragilité est criante. Il ne bénéficie ni des moyens financiers de cette lutte ni de la protection de son employeur, l’université et ici l’État, souvent le conseil d’administration de ce qui est devenu une entreprise comme les autres. Dans ce combat inégal, le puissant peut même se permettre le luxe de perdre judiciairement, car ses coûts sont négligeables et ceux de l’adversaire prohibitifs. Au moins peut-il compter que l’avertissement aura été utile et qu’il aura fait peur aux éventuels imitateurs. Quant aux coûts humains de la résistance individuelle, ils sont substantiellement plus élevés que ceux des organisations bureaucratiques.

Si des pressions extérieures plus ou moins légitimes s’efforcent d’orienter les recherches vers des résultats profitables, il est un point - difficile à situer - où la possibilité même de la recherche est en danger. Malgré sa détérioration, cette situation paraît encore éloignée de celle des pays où la liberté de chercher n’a jamais fait bon ménage avec le régime politique et les intérêts économiques. Plutôt que de se satisfaire d’un privilège, c’est une raison de plus pour résister. En l’occurrence, les intérêts des chercheurs sont ceux de la démocratie, parce qu’elle offre des conditions de liberté nécessaires à la recherche. Après avoir été trop confiants dans les progrès de la raison et de la science, en partie épargnés par les conflits extérieurs, nous ne pouvons plus ignorer les menaces montantes. La liberté se gagne en un combat sans fin. Les chercheurs y regagneront peut-être une dignité mise à mal par des décennies d’utilitarisme vulgaire.

Il faut donc fonder des mécanismes de solidarité entre chercheurs pour ne pas rester démunis face à plus fort que chacun d’entre nous. La structure ainsi créée doit être inséparablement un moyen d’alerte et une organisation financière. Les associations de chaque discipline effectuent ordinairement le travail d’alerte. Si elles ne fonctionnent pas si mal, elles improvisent néanmoins au cas par cas et sans moyens. Ici, la solidarité est annexe et les frontières disciplinaires limitent l’information et l’action. Ainsi, les appels en faveur de collègues étrangers inquiétés ou persécutés sont relayés au sein de leur discipline, mais en sortent rarement. Il est temps que la communauté des chercheurs s’empare de la protection de la recherche quelle que soit la discipline et quel que soit le pays : toutes les disciplines et tous les pays sont concernés, puisque la différence entre pays démocratiques et pays non démocratiques s’efface. Il serait, en outre, indécent que les scientifiques du monde entier ne s’engagent pas au profit des collègues les plus maltraités, dans les pays où la répression utilise encore les vieux outils de la violence policière.

Ce mécanisme de solidarité doit être multidisciplinaire et international. Pour protéger préventivement la liberté de penser, de chercher et d’imaginer, l’existence d’une caisse mutuelle constituera un outil financier et symbolique important. Elle se portera au secours des collègues confrontés à toutes les formes de répression. La solidarité est un dispositif organisationnel d’efficacité a posteriori, mais aussi a priori, par la dissuasion. Elle contribuera, enfin, à renforcer la communauté scientifique. Un métier porté à l’individualisme convertirait ainsi judicieusement les menaces actuelles. La caisse de solidarité sera alimentée par un appel à contributions financières s’adressant aux chercheurs, mais aussi à tous ceux qui veulent manifester leur accord avec une recherche libre : enseignants, journalistes, professions consultantes etc.

Une organisation de chercheurs doit évidemment lutter avec les moyens de n’importe quel groupe menacé, mais aussi avec ses moyens spécifiques. Elle doit donc jouer son rôle d’information et de réflexion. La mise en place d’un site en ligne permettra de centraliser et de diffuser l’information et les travaux, d’amorcer des mobilisations. Si une profession peut prendre au sérieux la guerre des idées et la mener avec compétence et efficacité, les scientifiques ne sont pas les plus mal placés. À eux d’apporter leur contribution intellectuelle à la défense et au progrès de la liberté de penser. Il ne s’agit pas seulement d’une défense corporatiste, ô combien nécessaire, mais d’une entreprise humaniste pour promouvoir la liberté en général.

Une structure associative avec des statuts précisant les règles de représentation sera montée et un appel à contribution rapidement lancé. L’ensemble des associations sera intégré dans une ONG internationale. Un colloque sera bientôt organisé pour définir les objectifs et les moyens de la protection des chercheurs. Une charte y sera adoptée.

http://www.csf-free-science.org/fr:start

Pétition : http://www.csf-free-science.org/petition/